• L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2017
    • Vincent Malassis, La gaule

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/Vincent-MalassisBrochet1-2017_acb.jpg
    • 13.10.17 → 08.12.17
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Vincent Malassis

      Photographe, compositeur et artiste sonore, Vincent Malassis développe un travail à la fois plastique et sociologique où l’expérimentation constitue le socle d’une démarche artistique paradoxalement documentaire.

      Questionnant le réel, il s’approprie un territoire à la fois géographique et intime pour témoigner de la vie d’une communauté humaine.

      Actif dans le domaine de la performance et de l’installation, ses pièces sonores sont généralement en corrélation avec ses photographies.

      « Trémelin, le paradis des pêcheurs », voici le point de départ de la résidence de Vincent Malassis à L’aparté, situé en bordure du lac de Trémelin. Comme une invitation à entrer dans l’espace d’exposition, un néon lumineux turquoise, sur lequel est inscrit « La gaule »*, donne le ton. Pour son exposition intitulée La gaule, l’artiste revisite le thème de la pêche à travers un travail photographique, lumineux et sonore.

      Dans une démarche artistique et documentaire, Vincent Malassis réalise des portraits photographiques de pêcheurs du territoire. La photographie vient figer le temps, à l’image des heures d’attente du pêcheur en quête du poisson qui fera sa fierté. Dans le paysage, ou en studio, les modèles posent, le regard perdu dans leurs pensées, à la recherche d’un souvenir de pêche ou rêvant à leur pêche idéale. La fiction s’invite dans les photographies de Vincent Malassis, se distinguant ainsi d’une pratique purement documentaire.

      Ce jeu de balancement entre réalité et fiction s’affirme dans la pièce sonore A lifetime of fishing memories, présentée sous la forme d’une cassette transparente violette, qui mêle les récits des pêcheurs narrant leur pêche idéale, du field recording** et de la musique électro-acoustique. Vincent Malassis offre une lecture différente de ses photographies sous l’influence du son, mais ne l’impose pas ; c’est au visiteur d’appuyer (ou non) sur la touche « play » du ghetto-blaster***.

      Ainsi, elle présente à L’aparté une bande dessinée dont les dialogues sont exclusivement extraits des exercices de traduction ainsi que des dessins dictés par les titres évocateurs des leçons. Les couleurs jaune et rouge sont à l’honneur, couleurs italiennes par excellence dans l’imagerie de l’artiste.

      * Synonyme de canne à pêche

      ** Paysage sonore

      *** Radiocassette des années 1980

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2017
    • Anna Conzatti, L’amour en x leçons et en x jours

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/AnnaConzatti-serigraphie-acb.jpg
    • 08.09.17 → 29.09.17
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Dessinatrice de BD et illustratrice franco-italienne née en 1990, Anna Conzatti vit et travaille à Nantes à l’atelier Manu Manu, au sein de la Maison Fumetti à Nantes. Elle navigue entre expositions, résidences et publications : sa pratique artistique se transforme au gré des récits. Elle a publié deux bandes dessinées en Italie, présentées lors des festivals italiens Napoli Comicon, Lucca Comics & Games. Elle présente à L’aparté l’exposition L’amour en x leçons et en x jours.

      Née d’une mère française et d’un père italien, la question du double langage intervient forcément dans le parcours artistique d’Anna Conzatti.

      S’inspirant d’un livre de leçons « Méthode 90 » avec lequel sa mère apprenait l’italien, elle prélève dans ce langage très prosaïque des extraits aux sens multiples, et les agence pour créer des histoires de rencontres. Ainsi, elle présente à L’aparté une bande dessinée dont les dialogues sont exclusivement extraits des exercices de traduction ainsi que des dessins dictés par les titres évocateurs des leçons. Les couleurs jaune et rouge sont à l’honneur, couleurs italiennes par excellence dans l’imagerie de l’artiste.

      Anna Conzatti présente également deux éditions réalisées dans la cadre de sa résidence.

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2017
    • Paul Duncombe

    • Exposition
    • 08.07.17 → 25.08.17
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Invité en résidence à L’aparté, Paul Duncombe s’est attaché à l’observation de l’écosystème forestier à proximité de l’étang de Trémelin et propose un projet artistique qui allie les richesses botaniques locales et les outils de développement numérique utilisés en art contemporain. À l’aide de ces technologies, il s’est intéressé aux microcosmes singuliers du domaine, nous donnant à voir et à entendre les organismes qui nous entourent, mais qui nous sont invisibles et inaudibles parce que trop petits, trop rapides ou trop lents.

       

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2017
    • Pierre Galopin, Franchir le Rubicon

    • Exposition
    • 05.05.17 → 23.06.17
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Pierre Galopin se pose en premier spectateur de sa propre pratique artistique. Son regard valide le résultat de gestes, souvent simples, effectués dans une temporalité réduite.

      Un jeu subtil entre hasard et maîtrise, urgence et prise de recul, crée alors des œuvres qui sont la visualisation d’une pensée autant que d’une méthode. Des dessins concrets qui portent les marques paradoxales d’une réalisation mécanique et manuelle, aléatoire et contrôlée.

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2017
    • Maël Le Golvan

    • Exposition
    • 03.03.17 → 21.04.17
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • L’ensemble de la pratique artistique de Mael Le Golvan est basé sur la mise en place d’oppositions. Au travers de photographies, d’installations et de vidéos, il vient contredire le réel. Il semble se placer dans une posture de libre lecture / réécriture des éléments et signes de notre réalité, qu’elle soit naturelle, technique, sociale ou culturelle sans distinction, mais sa réécriture comme pour mieux activer la pensée va à contre-sens. Ces contradictions ont pour effet de produire des dynamiques créatrices de pensées et de formes esthétisées.

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2017
    • Cédric Martigny – histoires

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/actu_photo1.jpg
    • 06.01.17 → 17.02.17
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Histoires… des histoires, celles qui se créées, celles qui se vivent et celles qui s’imposent, autant d’instants partagés captés à travers l’appareil du photographe Cédric Martigny ou retranscris sous la plume de l’auteur et metteur en scène Loïc Choneau.

       

      Loïc Choneau s’immerge au sein du service vie sociale de l’Agence départementale du pays de Brocéliande, s’imprègne de ses actions. Il met en avant le travail social de façon implicite, au-delà du travail d’analyse et d’évaluation objective. Il collecte la parole des personnels et des personnes qui y sont accompagnées. De ce travail de collectage, il retranscrit des témoignages à la fois sensibles et forts sur ces métiers, sur les relations humaines qui se construisent au jour le jour. Ces textes nous offrent une image sensible et personnelle de ces métiers dans leur diversité, des ressentis au quotidien.

       

      Le photographe Cédric Martigny nous offre un regard sur la profession parfois loin de l’image attendue ou vécue. Sa démarche se caractérise par sa neutralité. La distance souhaitée par l’artiste, les gestes et les postures saisies nous invitent à nous interroger sur les liens qui peuvent se tisser entre les professionnels et les personnes qu’ils accompagnent.

      L’artiste choisit une situation précise où le corps s’engage dans une communication avec l’autre. Cette situation peut avoir eu une fonction précise dans la relation d’accompagnement entre le travailleur social et l’usager. Elle peut aussi être caractéristique ou symboliser le type de relation qu’ils ont su créer. Le travail de Cédric Martigny va au-delà du travail artistique il est à sa manière un « travail social », provoquant les rencontres et les échanges pendant les séances de prises de vue, engageant un travail sur l’estime de soi pour les modèles grâce à la valorisation de leur image et leur parcours de vie.

       

      L’exposition se présente comme une trace d’une année d’immersion et d’échanges au sein du service vie sociale de l’Agence départementale du pays de Brocéliande. Ce projet artistique, réalisé entre le mois de mai 2015 et le mois de mai 2016, a été accompagné par le Département d’Ille-et-Vilaine au titre des dispositifs d’action culturelle, la résidence mission et le Fonds d’Accompagnement  Artistique et Territorial et coproduit avec le service Action Culturelle de Montfort Communauté.

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2016
    • Carlos Bernal, Souvenir de l’impermanence

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/Carlos_Bernal150dpi.jpg
    • 14.10.16 → 02.12.16
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Originaire de Colombie, Carlos Bernal a débuté une formation en art et design à Bogotá, avant de poursuivre son cursus en Argentine, puis en France, à Rennes où il s’est installé il y a trois ans. Au fil de ses voyages, de ses rencontres et de ses lectures, il développe une recherche axée sur le temps et l’attente qui rythment nos vies, et s’interroge sur les capacités de l’homme à être présent au réel, dans la frénésie généralisée qui caractérise l’époque contemporaine. Appliquant cette notion de disponibilité au champ artistique, il l’associe tant à sa production personnelle qu’à une réflexion plus globale sur les termes de l’exposition et de sa réception par le regardeur.

      Le caractère introspectif et immersif que constitue la période de résidence de travail à Trémelin a permis à Carlos Bernal une concentration accrue sur un quotidien au rythme singulier. C’est sur cette appréciation temporelle et spatiale qu’il s’appuie pour nourrir la proposition formulée pour L’aparté, où implication et attention sont de rigueur, où les métaphores sur le monde et ses contradictions se distillent.

      Plongée dans une certaine pénombre, la salle offre une expérience assez spécifique, en cherchant à mettre à l’épreuve les limites du concept du « White Cube » (murs blancs, éclairage puissant, œuvres isolées) fréquemment associé à l’exposition d’œuvres contemporaines. La mise en scène retenue par l’artiste requiert une présence accrue du spectateur, dont l’acuité est ainsi sollicitée et aiguisée.

      La sculpture Vers l’ombre accueille le visiteur au centre de l’espace. Un éclairage directionnel révèle un réseau strictement organisé de lignes adroitement entrecroisées. Gravé à la surface d’une demi-sphère transparente, le dessin se projette sur la table grâce à l’action de la lumière, sans laquelle l’ombre portée ne serait pas perceptible. En écho à la subtilité du tracé, presque invisible sur son support, l’artiste souligne l’importance de la part de l’ombre dans toutes choses. Cette dimension cachée qui en dit parfois plus long que la réalité apparente.

      Une vidéo présente deux courtes séquences en boucle : la surface agitée d’un cours d’eau suivie d’un jeu de reflets aquatiques. Diffusé sur une surface sombre qui renforce sa matérialité et sa texture, Le noir se fait attendre tente de percer les mystères de la profondeur, accompagné en cela d’une bande son au timbre sourd et enveloppant. La proximité immédiate de l’étang de Trémelin se fait résonance.

      Disponible est une sérigraphie réalisée spécifiquement pour l’exposition. Composée par deux couches successives de pigment noir, elle laisse apparaître par jeu de matières les contours et anfractuosités de l’astre lunaire, tandis que cherche à s’imposer, à la marge, la blancheur des traits de coupe et autres symboles typographiques, habituellement tenus hors champ. Le visible et l’invisible se disputent ici le terrain de la feuille de papier.

      L’ensemble de dessins noirs, Demeurer à, organisé aux murs de la salle d’exposition participe d’une démarche similaire de tentative de court-circuiter le réel. D’apparente monochromie, ces surfaces recèlent des formes figuratives, à qui prend le temps de les apprécier. Sur un fond velouté et profond, s’inscrit sobrement la silhouette cristalline d’une pie en mouvement. Dévoilé par l’entremise d’une lueur rasante, l’animal furtif, toujours à l’affût, trouvera-t-il le repos, sur cette base que l’artiste lui a composé in situ, comme une sorte de refuge à l’intranquillité ?

      Au fond, composition murale au fusain élaborée consciencieusement par petites zones successives contigües et préparée selon une dynamique centrifuge, a nécessité un temps long de réalisation. La durée, associée à la répétition du geste, ne représentent cependant pas un caractère aliénant pour l’artiste. Bien davantage, elles expriment toute la nature de la résidence et la nécessité de prendre le temps pour accéder au monde et parvenir à une tentative d’équilibre.

      Morgane Estève, octobre 2016

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2016
    • Karine Bernadou et Noël Rasendrason – D’esprits et de cris

    • Exposition
    • 02.09.16 → 30.09.16
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • L’une est auteure-illustratrice, l’autre est artiste plasticien et tous deux auront été en résidence durant l’été à L’aparté pour travailler ensemble sur le thème de la musique. Ils présentent le fruit de leur travail : dessin, peinture, création sonore… Tout un univers rempli de personnages fantastiques est au programme de la 3ème  édition de la résidence croisée BD et art contemporain.

      Cette exposition est présentée dans le cadre du PAZAPA BD organisé en partenariat avec le réseau des médiathèques de Montfort Communauté et l’association organisatrice du festival Pré en Bulles.

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2016
    • Cédric Guillermo – Alors ça mord ?

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/carton-150dpi.jpg
    • 01.07.16 → 26.08.16
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, Cédric Guillermo développe un travail artistique où le monde rural tient une place centrale. Issu du milieu agricole, il joue de ses origines et s’approprie les codes de la ruralité pour construire une œuvre témoignage empreinte d’humour et d’ironie.

      Trois structures artistiques, L’aparté, 2angles (Flers) et le PHAKT, Centre Culturel Colombier (Rennes) ont invité Cédric Guillermo à présenter un travail inédit. Trois lieux, un thème : l’outil. A L’aparté, situé au bord du Lac de Trémelin, la pêche est à l’honneur. L’artiste réalise des dessins et des sculptures – objets tantôt fragiles et décoratifs, tantôt drôles et absurdes, ou encore robustes et solides.

      Trois figures de pêcheurs, juchées sur le toit de la salle d’exposition, donnent le ton. A l’intérieur, Cédric Guillermo nous livre sa vision, sculptée et dessinée, de l’univers de la pêche : hameçons, flotteurs, appâts, portraits de pêcheurs et leurs trophées, bottes, float tube. Rien ne manque.

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2016
    • Nikolas Fouré – 19° au dessous de l’horizon

    • Exposition
    • 29.04.16 → 17.06.16
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Quimper, Nikolas Fouré se promène entre sculpture et performance, dessin et installation ; ses recherches formelles sont multiples.

      La répétition d’un geste, la multiplication d’un objet-matériau sont présents dans la plupart de ses productions. Ses actes sont avant tout guidés par le désir d’un renversement des repères, aussi bien dans une conception arithmétique que dans la notion du travail, du faire œuvre.

      Tel un véritable « fabricant », il accumule, dédouble, compresse, reproduit des éléments de base, jouant de la porosité entre leurs caractéristiques physiques et leur potentiel imaginaire.

      Comment représenter l’infiniment grand ou l’infiniment petit, des questions récurrentes dans le travail de l’artiste. Intéressé par les relations entre les phénomènes naturels et nos artefacts, Nikolas Fouré s’attarde une fois de plus à disséquer nos systèmes de représentation.

      A côté de deux œuvres plus anciennes, Nikolas Fouré présente trois nouvelles productions issues de ses expérimentations mises en œuvre lors de sa résidence à L’aparté. Ces dernières sont nées de son envie de dessiner avec la lumière du soleil ou de sculpter la distance d’une milliseconde de la vitesse de la lumière.

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2016
    • Marine Bouilloud, Fragments d’aura

    • Exposition
    • 19.02.16 → 15.04.16
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Entre la glace et le feu, le ciel et la terre, le yin et le yang, entre science et poésie, le travail de Marine Bouilloud trouve son équilibre dans la géométrie de figures élémentaires, complètes et complémentaires. Très épurées, réduites à leur plus simple écriture, elles se tiennent au service de la peinture et s’accordent au choix d’une palette chromatique précisément définie. Considérant la querelle esthétique qui opposa en son temps les partisans du coloris à ceux de la ligne, Marine Bouilloud affiche la couleur, et tient la forme pour composante additionnelle. Son univers est assurément celui d’une coloriste et sa maîtrise avérée du sujet est alimentée par de nombreuses sources théoriques, parmi lesquelles les travaux de l’historien Michel Pastoureau, de l’historien d’art John Gage ou encore des peintres Johannes Itten et Josef Albers.


      Dans le cadre de sa résidence à L’aparté, sur le domaine de Trémelin, l’artiste a produit deux grandes peintures sur papier inspirées par l’évocation des lieux. Se répondant l’une à l’autre, Narcose et Corps subtil évoquent la dualité et la complémentarité des éléments.  Après avoir fait ses gammes – chromatiques – en fonction de la sensation colorée du paysage hivernal, Marine Bouilloud définit la silhouette du plan d’eau comme signe opérant du site.

      Intrigante, à la fois tranquille et cependant mystérieuse, l’étendue du lac suggère à l’artiste un traitement de nature introspectif. Pour Narcose, une gamme de couleurs froides, du bleu profond au vert turquoise, scande de ses cercles concentriques la couche superficielle de l’eau, comme l’émission d’une onde irisant et réveillant sa surface. La musicalité de ce rythme résonne comme un écho retentissant et pénétrant. Le titre, en référence à l’ivresse des profondeurs – ce syndrome affectant les plongeurs en apnée, à l’origine de troubles de la conscience – baigne la peinture dans un espace en suspension. Au centre, la vacuité du cercle demeuré blanc, tel l’œil du cyclone, aspire vers un abîme et ouvre sur un imaginaire lacustre.

      Ceinturé d’un chemin de promenade à la lisière de la forêt, le lac rayonne au-delà de son strict périmètre, en dehors des sentiers battus. Corps subtil, composée d’une palette de teintes à dominante chaude, se construit comme un enchaînement de lignes peintes à main levée, ondoyantes et vibrantes, presque impénétrables, en écho à la végétation qui borde le site. Appliquant la loi du contraste simultané des couleurs, énoncé au 19è siècle par le chimiste Jean-Baptiste Chevreul, Marine Bouilloud joue de la proximité immédiate de certaines nuances entre elles pour provoquer un mélange optique, une perception par assimilation. Telle une tranche d’agate découverte dans le sol rocheux du territoire, telle la souche d’un arbre centenaire ou le relevé topographique du relief, l’artiste suggère une coupe transversale, faite de rubans successifs colorés, irradiée par la luminosité volcanique de la peinture elle-même. Les lacets sinueux, témoignage de flâneries en bordure du lac, évoquent le cheminement de pensée à l’origine de l’émergence de la composition.

      L’exposition se poursuit par la présentation d’un ensemble de peintures de taille plus réduite, réalisées sur papier entre 2013 et 2015. Les formes simples y sont représentées : le cercle bien-sûr, contenant le carré, le losange, le triangle, figures symboliques par excellence, mais aussi la ligne courbe, l’ondulation, un tracé qui se libère. Par un savant jeu optique de formes et de couleurs associées, l’artiste mise sur la force de la subjectivité et la relativité de la perception chromatique pour permettre une lecture personnalisée, propre à chaque regard. D’une œuvre à l’autre, un puzzle se construit sur chaque rétine vigilante et active. L’usage de pigments fins et saturés, jouant de l’effet lumière du blanc savamment dosé, induit une vibration sensible et personnelle.

      Cette résidence de six semaines dans l’atelier de L’aparté, véritable observatoire sur le territoire, partagée entre moments de solitude et temps de rencontres, a été l’occasion pour l’artiste de donner naissance à une nouvelle dynamique picturale. La construction géométrique normée, déjà familière, s’appuyant sur les outils de tracé comme le compas, la règle ou l’équerre, s’accompagne ici d’une dimension créative plus spontanée et libérée, une évolution en marche, à la mesure du paysage naturel environnant.

      Plaidant l’éloge de la lenteur, le temps nécessairement étiré de la création, celui de la peinture ligne à ligne, trait à trait, celui qui mûrit le travail, Marine Bouilloud convie le spectateur à la même disposition de perception attentive, contemplative, tantôt hypnotique ou onirique. A l’échelle du corps entier ou du regard en particulier, ses œuvres perturbent les certitudes, comme une subtile invitation à la réflexion.

      Morgane Estève, février 2016. Texte écrit dans le cadre des résidences d’artistes de Montfort Communauté et de son lieu d’art contemporain, L’aparté.
    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2016
    • Cécile White, Empreinte carbone

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/C.WHITE_Empreinte-GENERATIONS-72dpi.jpg
    • 22.01.16 → 05.02.16
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Dans ses différentes créations picturales, Cécile White recherche la trace, l’impression, le verbe dans une image. Si ce ne sont des lettres à proprement parlé, ce seront des impressions mécaniques (tampons batik en bois, monotype…) ou des influences des arts ethniques tel que l’art aborigène ou de la région du Mithila en Inde (série de peintures Bestiaire imaginaire, 2013). Ou bien encore la trace du pinceau chinois qui rappelle la calligraphie ponctuée d’aquarelles vives en 2014 avec Histoire d’adjectifs, qui s’est mue en une Histoire de verbes pour un projet éditorial. Ces grandes encres l’amenant une nouvelle fois aux mots, au livre.


      A L’aparté au sein du domaine de Trémelin, elle continue à explorer ce travail autour de la trace en le cristallisant sur l’empreinte de l’arbre. La trace déposée sur le papier de riz par l’encre ou l’acrylique évoque le squelette du vivant : arbre et homme. Dans une actualité toujours de plus en plus pressante autour des sujets liés à la préservation de la planète, l’arbre en est un symbole fort.

      En exerçant une pression physique sur une souche d’arbre Cécile White symbolise la pression humaine sur les ressources naturelles, d’autant plus quand on y peut voir les traces de tronçonneuse. Aucune des souches qu’elle utilise n’est retravaillée, poncée. L’empreinte réalisée est brute, elle traduit l’état dans lequel elle a trouvé l’arbre. L’artiste nous livre ces empreintes brutes telles quelles ou les assemble pour créer une nouvelle empreinte matérialisant le lien créateur qui réside entre l’arbre et elle, entre la nature et les hommes.

      « L’empreinte carbone » traduit la marque laissée par les activités humaines dans l’atmosphère ; l’arbre épongeant cette marque.

      Le travail présenté à L’aparté remet en scène les mêmes acteurs : arbres et hommes, pour souligner leur interaction à effet également créateur et soulever un questionnement : Et vous-même, quelle est votre empreinte, quelle trace souhaitez-vous laisser ?
    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2016
    • Appel à projets Résidences de création 2016-2017

    • Résidence
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/residence.jpg
    • 08.01.16 → 20.02.16
      Résidence
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Lieu de résidence et d’exposition, L’aparté permet aux artistes d’y poursuivre leurs recherches et d’y proposer des projets d’exposition originaux qui peuvent donner lieu à une édition. L’aparté propose quatre temps de résidence de six à huit semaines. Un programme de médiation est développé autour de chaque exposition.

      Résidences proposées pour la saison artistique 2016-2017 :

      • septembre – octobre 2016
      • janvier – février 2017
      • mars – avril 2017
      • avril – juin 2017

       

      CRITÈRES DE SÉLECTION

      Résidence ouverte à un(e) artiste plasticien(ne) professionnel(le) ou collectif d’artistes pouvant témoigner d’une expérience artistique solide.

      La création d’une œuvre ou plusieurs œuvres originales est le point d’orgue des résidences de L’aparté.

      L’artiste sera sollicité pour des temps de rencontre (public scolaire, tout public).

      Pour la résidence d’été, une création extérieure sera exigée. Cette œuvre présentée dans un espace en accès libre ne sera pas assurée.

       

      HÉBERGEMENT ET CONDITIONS FINANCIÈRES

      L’artiste résidera à L’aparté sur le domaine de Trémelin à 36km de Rennes. L’artiste doit être autonome dans ses déplacements et posséder un véhicule. Pas de transport en commun.

      Montfort Communauté met gratuitement à disposition de l’artiste un appartement ainsi qu’un atelier.

       

      L’artiste bénéficie d’une bourse artistique de 1500 euros (TTC et toutes charges sociales comprises).

       

      La bourse artistique de 1500 euros comprend :

      • les honoraires pour la création et de monstration de l’œuvre
      • le règlement par l’artiste des cotisations sociales et fiscales relatives à ces honoraires
      • la participation à l’accrochage, au démontage et prise en charge du retour des œuvres
      • la présence obligatoire de l’artiste au vernissage

       

      Montfort Communauté prend en charge les frais de production à hauteur de 1500 euros maximum selon les modalités suivantes : achat et fourniture de matériaux, commande de prestation de service par le ou la résidente. La somme de 500 euros pourra être ajoutée aux frais de production si l’artiste présente une œuvre en extérieur (uniquement pour la résidence d’été).

       

      Les frais restant à la charge de l’artiste :

      • la restauration
      • les déplacements personnels

       

       

      CONTENU DU DOSSIER DE CANDIDATURE

       

      Pour être recevable, le dossier de candidature doit comprendre :

      • un curriculum vitae
      • un dossier illustré représentatif du travail général (sur papier uniquement). Les œuvres qui sortent du cadre des techniques traditionnelles (performances, vidéos, etc.) sont évidemment prises en considération. Un DVD doit alors être joint au dossier
      • une garantie professionnelle (MDA, AGESSA, numéro de SIRET…). L’artiste devra spécifier s’il est affilié ou assujetti auprès de la MDA ou l’AGESSA et s’il est dispensé ou non de précompte (joindre les pièces justificatives)
      • une note relative aux motivations et aux intentions de l’artiste sur ce projet
      • la description précise du projet où figureront la démarche artistique, les moyens mis en œuvre pour sa réalisation et sa présentation au public, une fiche technique et un budget prévisionnel. Une note sur les propositions de médiation serait un plus.

       

      Dossier à envoyer (uniquement par courrier) pour le 20 février 2016.

      Les dossiers envoyés par e-mail ne seront pas étudiés.

       

      Montfort Communauté

      A l’attention d’Eloïse Krause

      Hôtel de Montfort Communauté

      4 place du Tribunal – CS 30150

      35162 Montfort-sur-Meu

       

      Contact : Eloïse Krause

      Renseignements : culture@montfortcommunaute.bzh ou 02 99 09 77 29

       

      La sélection se fera au mois d’avril 2016. La décision du comité de sélection est sans appel et sera communiquée par courrier aux candidats au mois de mai 2016 (prévoir une enveloppe affranchie pour le retour du dossier artistique).

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2015
    • Estèla Alliaud, La forêt était encore relativement là

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/estela_alliaud_photo_3.jpg
    • 16.10.15 → 11.12.15
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Le travail d’Estèla Alliaud s’attache en premier lieu à la fréquentation patiente et assidue des espaces dans lesquels elle est invitée à exposer, dans la perspective d’habiter le plus justement un lieu, de percevoir et décrypter les possibilités offertes par ses caractéristiques propres, que ce soit en termes d’architecture, de volume, de panorama ou de luminosité. Ce temps d’immersion coïncide également avec l’observation minutieuse d’un ensemble de phénomènes qu’elle cherche à exploiter, dans une logique souvent expérimentale, à travers des situations en partie déterminées par un geste simple, dépourvu de tout effet d’annonce et de parti pris spectaculaire. Ainsi au Pavillon à Pantin, reporte-t-elle les mouvements de la lumière sur le mur à l’aide d’épingles dont l’ombre portée forme, le temps d’une apparition fugace qui échappera dans la plupart des cas au visiteur, un alignement parfait (Ligne d’horizon, 2013), ou reproduit-elle sur des plaques de verre découpées, superposées et simplement posées au sol, les fragments du ciel aperçus depuis la vitrine de la galerie PapelArt (Le Ciel, même, 2014). Ce jeu sur la transparence et le regard porté vers l’extérieur s’exprime également à travers une œuvre logiquement intitulée Fenêtres dans laquelle l’artiste dépose le carreau d’une fenêtre contre celle, plus grande, d’un autre espace, imposant ainsi un cadre dans le cadre tout en suggérant un déplacement métaphorique de point de vue et de paysage.

      Infimes, presque imperceptibles, de l’ordre de l’inframince cher à Duchamp, ces œuvres réalisées avec une grande économie de moyen et à l’échelle du corps de l’artiste délaissent les bavardages pour mieux se concentrer sur le transitoire, les passages d’un état à un autre, sur ces moments de basculement qui relèvent autant de la disparition que de la trace. A l’image de La Forme empruntée (2014) pour laquelle Estèla Alliaud moule le plafond d’une cave avant d’exposer le résultat sur le sol du niveau supérieur, l’empreinte tient une place essentielle dans son travail. Elle fonctionne à la fois comme négatif d’une forme et comme procédé d’apparition d’un nouvel agencement, comme retournement de situation et de sens*.

      On comprend alors à quel point l’approche sculpturale de l’artiste peut être envisagée en termes photographiques, qu’ils impliquent la lumière, le cadrage, le fragment ou le négatif. Lors de sa résidence à L’aparté à Iffendic, Estèla Alliaud dépose des draps dans l’étang tout proche et intercale des planches de contreplaqué entre l’une des façades ajourées du bâtiment et le mur aveugle de la salle d’exposition pour expérimenter, à l’abri du regard, l’action de l’eau et du soleil sur ces matériaux devenus surfaces potentielles de révélation, marqueurs de son temps de présence sur les lieux. Minutieux et précis, relevant parfois du relevé, les procédés de l’artiste traduisent également un goût prononcé pour le processus, laissant volontiers les formes advenir (ou non) par elles-mêmes. Estèla Alliaud convoque par ailleurs la photographie dans sa pratique de la sculpture, s’inscrivant à sa manière dans la longue histoire qui, de Constantin Brancusi à Gabriel Orozco, lie ces deux médiums. Souvent à la limite du noir et blanc, déployant tout un nuancier de gris, les clichés réalisés par l’artiste fonctionnent comme des outils spéculatifs** venant figer un mouvement, un geste, un équilibre précaire et instable nés de manipulations diverses au sein de l’atelier. A la vidéo, trop narrative et à même de capter l’intégrité d’un processus, l’artiste préfère l’image fixe qui vient saisir l’instant, conserver l’état éphémère d’une forme. Chez elle, le fragment revêt une vertu esthétique qui tour à tour se fait indice et embrayeur de situations qu’il revient à chacun de décrypter et de s’approprier.
      Raphaël Brunel

      * Georges Didi-Huberman, La Ressemblance par contact. Archéologie, anachronisme et modernité de l’empreinte, Paris, Les Éditions de Minuit, 2008.
      ** Voir le texte de Marguerite Pilven sur le travail d’Estèla Alliaud dans le catalogue The Solo Project, Basel, mars 2013.