• Galerie Art & Essai
    • 2018
    • Le cristal qui songe

    • Exposition
    • 16.05.18 → 14.06.18
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • François et Bernard Baschet, Cécile Beau, Dominique Blais, Thomas Brun, Julien Discrit et Thomas Dupouy, Guillaume Gouerou, Angélique Lecaille, Julien Nédélec et une sélection de minéraux inspirée du " Poème des pierres précieuses" de Marbode de Rennes

      L’exposition s’inspire et emprunte son titre  au roman de science-fiction de Theodore Sturgeon, paru en 1950 aux Etats-Unis, dans lequel il est question d’étranges cristaux vivants, provenant d’un autre monde, capables de générer en rêve des êtres organiques.
      Le roman puise pour partie dans un imaginaire collectif, un réseau des croyances selon  lesquels certaines pierres, cristaux, météorites seraient dotés de vertus ou pouvoirs magiques.  Un imaginaire diffus, partagé dans le temps et l’espace par de  nombreuses sociétés, kaléidoscopique,  qui offre la possibilité de jouer avec l’intertextualité pour convoquer les figures d’Ernst Chladni, Marbode de Rennes ou encore  Jack London. Une exposition laissant place à l’imaginaire, conçue  un peu à la manière  des « trois petits chats », comme un roman à tiroirs ou chaque tiroir aurait un double-fond.

      *Une première version de cette exposition a été présentée à la Galerie d’art Albert Bourgeois de Fougères du 20 janvier au 17 mars 2018.

    • Galerie Art & Essai
    • 2018
    • Sammy Baloji, Arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse 

    • Exposition
    • 30.03.18 → 30.04.18
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Du 30 mars au 30 avril 2018, la promotion du master 2 Métiers et arts de l’exposition de l’université Rennes 2 présente à la Galerie Art & Essai une exposition consacrée à l’artiste contemporain Sammy Baloji.

       

      Né en 1978 à Lubumbashi en République démocratique du Congo, Sammy Baloji vit et travaille entre sa ville d’origine et Bruxelles. Sa pratique se déploie dans des installations qui confrontent des documents d’archives, des vidéos, des photographies et des objets manufacturés. Via ce procédé de collage, il interroge l’histoire de son pays d’origine et l’inscrit dans le champ des interactions globalisées.

       

      L’exposition commence par la traversée d’une carte du Katanga dont les légendes ont été effacées. Cette œuvre inédite devient, au même titre que la photographie d’un paysage, un espace de projections multiples. Les œuvres ne font plus écho à des lieux identifiés dans les régions minières du Congo, mais à des territoires défigurés. Evoquant l’industrie du cuivre au Katanga, des douilles d’obus ouvragées par les poilus dans les tranchées sont au centre de l’espace. Reprenant une pratique populaire, l’artiste les transforme en pots pour des plantes congolaises acclimatées aux intérieurs européens. Suivant un processus analogique, ces objets hybrides suggèrent un impact sur les paysages qui renvoie à la fois aux marques de l’extraction minière au Katanga et aux champs de bataille ravagés de la Première guerre mondiale. De la même manière, des plaques de cuivres, martelées de motifs de scarifications, enregistrent la violence du geste sur la matière comme sur la peau. Or ces blessures visibles induisent une cicatrisation – la peau se répare, l’eau recouvre les mines et les plantes poussent. Elles témoignent ainsi d’une volonté de dépasser une situation économique, sociale, politique et écologique désastreuse causée par les différentes formes d’exploitation qui persistent encore aujourd’hui.

       

       

      Plusieurs événements rythmeront l’exposition. Une rencontre avec l’association mósso, qui propose des résidences d’artistes entre l’Afrique et la Belgique, se tiendra au FRAC Bretagne. Une projection cinématographique sera organisée au Tambour en partenariat avec le Festival de Douarnenez, dont le thème de l’année 2018 est Congo(s). Enfin, une médiation contée permettra de découvrir ou redécouvrir l’exposition en famille.

       

      The Tower, film de Sammy Baloji et de l’anthropologue Filip de Boeck, sera le point de départ d’une journée d’études. Après sa projection, plusieurs intervenants seront invités à questionner les enjeux qu’il soulève selon différentes perspectives (cinéma, philosophie, architecture, histoire de l’art, économie), avec, pour points de convergence, des problématiques relevant de l’urbanisme et de l’émancipation dans le champ postcolonial.

      Un ouvrage consacré à la pratique artistique de Sammy Baloji prolongera l’exposition. Cette édition sera constituée de textes originaux de spécialistes issus de différentes disciplines.

    • Galerie Art & Essai
    • 2018
    • Valentin Carron, Gioia e Polvere

    • Exposition
    • 15.02.18 → 22.03.18
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • L’exposition « Gioia e Polvere » présente un ensemble d’œuvres récentes de l’artiste Valentin Carron (né en 1977 à Martigny – Suisse). Elle est organisée en partenariat avec le Musée des beaux-arts de Rennes, qui présente à cette occasion un polder dans ses collections permanentes.

      John Cornu : De prime abord, il se dégage de ta pratique une forme d’incertitude ou de décalage, une sorte de surprise et d’irrévérence comme le souligne Olivier Mosset(1). Cette approche hautement improbable est-elle de l’ordre du calcul ou de l’intuition ? En règle générale, cherches-tu à actualiser une idée préalable — le fait de déléguer une grande partie de ta production à des professionnels va dans ce sens — ou est-ce d’avantage l’expérimentation qui dirige ton œuvre ? Les deux peut-être ?

      Valentin Carron : Pour moi, il est difficile de séparer le calcul de l’intuition ou vice et versa, ce que je trouve déjà triste en soit. Je délègue surtout ma production pour garder mes mains douces. Je pense que je travaille avec un type de « sentiments », un accent ou encore un arrière-goût si tu veux, et que celui-ci se camoufle derrière différentes formes.

      Il n’empêche que certains artistes comme Blinky Palermo ou Helmut Federle s’inscrivent plus dans un registre sensible ou intuitif, dans une tonalité « sentimentale »… D’autres en revanche, comme Sherrie Levine, Joseph Kosuth ou encore François Curlet, opèrent de façon disons plus didactique. Bien que très différents, ces derniers procèdent avec des logiques de compréhension identifiables. Il ne s’agit ni d’un jugement de valeur, ni d’imposer une vision manichéenne des choses, mais juste de comprendre comment tu conjugues des éléments déterminés et d’autres plus aléatoires ou relevant d’une sorte de feeling, d’un « arrière-goût ».

      Je pense avoir une attirance presque naturelle mais entretenue pour le désuet, le morbide et l’échec. Je pourrais te dire que les événements les plus glamour dans la région où je vis sont les enterrements, ou encore que ma mère avait toujours une pile de Nouveau Détective à côté de son lit. En parlant de Blinky Palermo, sais-tu que je suis né juste un jour avant sa mort sur l’île de Kurumba le 18 février 1977 ? Alphonse de Lamartine disait que le pathétique seul est infaillible dans l’art(2). Je m’accroche à cette sentence. Pour revenir à ta question je procède comme un architecte qui travaille avec des contraintes (situation du terrain, règlement communaux, contexte environnemental, volonté du maître d’ouvrage, ingénierie, histoire de l’architecture), et qui a finalement très peu de liberté. C’est après avoir sculpté, donc éliminé, une par une ces données cadres et déterminé le peu de liberté qu’il lui reste, qu’il peut y mettre de « l’expression ». Je pense qu’en art le processus est similaire mais que les paramètres sont beaucoup plus nombreux, et pire encore que c’est nous-mêmes qui nous nous les imposons. Je me dois donc de trouver les interstices. Tu connais la chanson de Vasco Rossi La Nostra Relazione(3) ?

      Non… ma culture dans ce domaine n’a pas dépassé Umberto Tozzi. Je suis plus connaisseur de chansons françaises à texte (Jean Ferrat, Edith Piaf, Charles Dumont, Léo Ferré, Danielle Darieux, Boris Vian, ou encore Alain Bashung, Renaud Papillon Paravel, Daniel Darc, Brigitte Fontaine, etc.). La liste pourrait être longue. Une question ici : opères-tu des passages entre ton univers culturel musical et ta production artistique ?

      Oui absolument. À douze ans, j’ai commencé à faire du skate et tout un univers (le rêve californien) s’est ouvert à moi. Musicalement je suis passé de Mylène Farmer et de Jacques Higelin à ce que l’on appelait du skate punk. Je me souviens avoir mis sur pause les génériques de fin des vidéos de skate pour recopier le nom des groupes que j’entendais sur les runs. C’est de cette façon que j’ai découvert Dinosaur Jr, Black Flag ou Bad Religion. Deux mois après ma rentrée aux Beaux-Arts de Sion, je me souviens avoir vu une couverture d’artpress avec une photo d’une poupée en laine rouge de Mike Kelley. Cette poupée rouge était aussi la couverture de l’album Dirty(4) de Sonic Youth. Depuis, je vois la vallée dans laquelle je vis comme un half-pipe géant.

      C’est drôle de voir comment notre génération (celle des quadras actuels) a été marquée par ces formes culturelles. Thrasher, Sonic Youth ou encore The Gun Club sont pour moi des références… J’aimerais ici tenter également un rapprochement entre ton travail et des œuvres littéraires : je repense notamment à cette nouvelle de Jorge Luis Borges, Pierre Ménard, auteur du « Quichotte »(5), car je trouve là une forme d’écho à ta pratique artistique. Certes, il serait simple de rapprocher tes recherches et tes productions de celles d’artistes « citationnistes » ou « appropriationnistes » (Louise Lawler, Elaine Sturtevant, etc), toutefois il me semble que, par le truchement des matériaux et des situations d’expositions, tu opères une forme de geste critique. La notion de critique n’est, ici, pas péjorative. Peux-tu nous décrire un peu les cheminements qui t‘ont amenés à cette attitude de création ?

      Je pense avoir une approche naturaliste de ce que l’on pourrait appeler des « appropriations ». Ces formes (bassins, sculptures modernistes etc.) sont là, elles se présentent à moi ou parfois je les cherche. J’essaye à travers elles, en me les appropriant, de rejouer les motivations de leurs auteurs ou de leurs commanditaires, comme le ferait un anthropologue, mais bien sûr cela reste très approximatif. Je ne connaissais pas cette nouvelle de Jorge Luis Borges, mais à la différence de celui-ci je n’utilise pas de prête-nom. À mon propos, je préfère transformer la citation que Tomasi di Lampedusa fait dire à Tancredi dans le film Le Guépard : « il faut que tout change pour que rien ne change », et dire — de façon un peu plus progressiste — « il ne faut rien changer pour que tout change ».

      C’est digne de Lao-Tseu ! Cela dit lorsque tu reproduis à l’ « identique » ces bassins, comme c’est le cas de ceux présentés à Art & Essai, il y a bien une sorte d’intérêt ou d’affect de départ. Penses-tu pouvoir expliquer ces attirances ou s’agit-il juste d’une pulsion sans logiques apparentes ?

      Je sens une pointe d’ironie dans ta référence à Lao-Tseu, non ? Il y a effectivement un affect au départ : la déception du mensonge liée aux constructions artificielles des identités à travers ces objets soi-disant authentiques, et la perpétuation sans fin de celles-ci. Tout cela pour finir en préjugés ou au mieux en clichés. Le groupe folklorique et patoisant de mon village a, lui aussi, été fondé en 1977. Les costumes ont été créés à ce moment-là, puis les membres du groupe ont commencé à orthographier et à figer une langue qui n’était jusqu’alors que transmise par la parole.

      Il me semble qu’une pointe d’ironie socratique ne fait pas de mal si elle est investie de bienveillance… mais dans le fond si on lit la chose suivante :

      « Celui qui s’adonne à l’étude

      Augmente de jour en jour.

      Celui qui se consacre au Tao

      Diminue de jour en jour.

      Diminue et diminue encore

      Pour arriver à ne plus agir.

      Par le non-agir

      Il n’y a rien qui ne se fasse.

      C’est par le non-faire

      Que l’on gagne l’univers.

      Celui qui veut faire

      Ne peut gagner l’univers. »(6)

      Il me semble qu’on peut voir là une sorte d’écho… J’ai lu aussi que ta pratique relève de la « sculpture documentaire », et je me souviens t’avoir entendu parler de « take caring » lorsque que tu travailles à partir d’éléments architecturaux du Valais ou de sculptures préexistantes dans l’espace public notamment. Peux-tu nous éclairer sur l’idée de sculpture documentaire, sur l’idée de prendre soin d’un patrimoine ?

      La première fois que j’ai entendu l’expression de « take caring » c’était à la télévision, et de la bouche de Martine Aubry pendant les primaires du parti socialiste pour l’élection de 2012. Ce concept — tellement paternaliste finalement — était en soit déjà une appropriation, l’expression étant reprise du domaine médical anglophone. Ce qui me touche dans ces éléments (bassins, éléments architecturaux, sculptures modernes médiocres), à part leurs qualités plastiques, c’est cette manière qu’ont les régions périphériques de se raccrocher désespérément à cette typologie. Ces éléments ne deviennent plus que des « meeting points ». On se retrouve à la fontaine près du cimetière, ou en dessous de la Nana de Niki de Saint Phalle à la gare de Zurich.  Dans un sens je me dis qu’en exfiltrant ou en déplaçant ces objets de leur contexte, en les montrant sèchement nus dans des espaces d’exposition, en prenant le temps et le luxe de les reproduire, que c’est une manière pour moi de leur rendre leurs vérités intrinsèques. Grâce à leurs changements de matérialité, ces derniers ne redeviennent plus que l’image de celle-ci.

      Je remarque aussi que tu portes un intérêt et un soin particulier au format « exposition » alors que ta production relève généralement de l’objet. Tu sembles avoir mis en place une boîte à outils ou un vocabulaire plastique capable de s’adapter — au cas par cas — aux situations de mise en vue. Comment cela se passe-t-il lorsque tu abordes un nouveau lieu ? Quelle est ta méthode de travail ?

      Je m’efforce d’appliquer le principe KISS (Keep It Simple, Stupid) ou plutôt le principe KISSS (Keep It Simple, Stupid, Sensitive).

      Pourtant le choix des pièces et des couleurs apposées sur les murs de l’espace Art & Essai, tout comme les propositions de peintures faites au Musée des Beaux-Arts de Rennes, ne me semblent pas être opérés à la légère… Il en est de même pour Gioia e Polvere, titre que tu as donné à ton exposition, pourrais-tu m’éclairer sur ce dernier ?

      Oui bien sûr, je peux t’éclairer : la traque ; Untergeschoss, Erdgeschoss, Obergeschoss, Dachgeschoss ; la mort la nuit novi nihil ; Icaria Speranza ; il nostro rifugio ; il tuo rifugio ; il tuo rifugio, la notte — ton refuge, la nuit ; il tuo rifugio, la tua notte ; ton refuge, ta nuit ; la mort la nuit ; il tuo rifugio e la morte — ton refuge la mort ; la nuit la mort ; le jour la mort ; PROSSIMO COMA ; cane sporco cane randagio ; cane sporco e polvere-chien sale et poussière ; cane e polvere sporchi ; il cane sporco e la polvere — le chien sale et la poussière ; cane sporco polvere — chien sale poussière ; cane sporco e polvere — chien sale et poussière — ALLEGRAMENTE POLVEROSO ; la poussière et la joie ; la polvere e la gioia ; POLVERE E GIOIA ; GIOIA E POLVERE. Je voulais te montrer ici, de manière brute, le développement de la recherche du titre. Mais pour finir GIOIA est le synonyme en italien du titre d’une pièce qui est dans l’exposition Bottle Man (Blithely), et POLVERE est le nom de la couleur RAL 7037 gris poussière que j’ai choisie pour peindre les colonnes de l’espace. Et toi peux-tu me dire pourquoi les plus belles chansons d’amour parlent de rupture ?

      Je n’ai pas de réponse… C’est parfois le cas, et là je pense précisément à cette reprise très cathartique de Led Zeppelin, Babe I’m Gonna Leave You(7), qui est un classique. On pourrait aussi évoquer Where The Wild Roses Grow(8) de Nick Cave & The Bad Seeds / Kylie Minogue. Mais il existe aussi des intermédiaires anarchiques avec Hey(9) des Pixies ou l’exact opposé Je t’aime… moi non plus(10) interprétée par Jane Birkin et Serge Gainsbourg. Bref, cela navigue entre dysphorie et euphorie… Quand je lis le développement de ta recherche pour le titre, qui pourrait d’ailleurs passer pour le fragment d’un morceau, je ne peux m’empêcher de me demander si l’écriture poétique est chevillée avec ta pratique. Existe-t-il une vapeur de Lautréamont dans l’ADN de tes productions?

      De Lautréamont non, mais de Hubert-Félix Thiéfaine sûrement… Depuis quelques temps je suis fasciné par des groupes français comme Scorpion Violente, Noir Boys George, Ventre De Biche.

      J’ai un faible pour Ventre De Biche et cela confirme finalement un peu cette idée d’une alter-culture assez déterminante. Je pense ici au film YP de Karina Bisch et de Nicolas Chardon, présenté dans une des project rooms d’Art & Essai en 2014, dont la bande son n’était autre que le titre Exposition(11) de Charles de Goal. Bref, Il existe pour sûr une certaine porosité entre des références et des apports culturels, même populaires, et l’élaboration d’une approche plastique. Dans ton cas, pourrait-on dire que ta production procède d’une logique autobiographique ? Cette dernière est-elle importante dans la lecture de ton travail ?

      Je pense que chaque artiste procède ainsi, je ne vois pas comment cela serait possible autrement. Je me sens parfois plus dans le rôle d’un interprète, d’un traducteur ou d’un chef d’orchestre qui jouerait et/ou ferait rejouer pour la énième fois tels ou tels morceaux, en cherchant à se rapprocher au plus près de la partition d’origine du compositeur, ou au contraire à prendre des libertés. Tiens, je suis en train d’écouter Hallelujah(12) de Jeff Buckley…

      Morceau culte et j’entends ton idée d’éternel retour… Pour ma part, je dédie la bande son de Neil Young, pour le film Dead Man(13), en hommage à ton Bottle Man (Blithely).

      ……………………………..

      1. Olivier Mosset, « Notes sur l’art de Valentin Carron d’après Michael Bracewell et Orson Welles » in Valentin Carron, Catalogue monographique – centre d’art contemporain de Genève, Letzigraben, jrp I ringier, 2006, p. 45-47.

      2. Cf. Alphonse de Lamartine, Graziella, Paris, Poche, 1979.

      3. La Nostra Relazione est le premier titre de l’album Ma cosa vuoi che sia una canzone de Vasco Rossi sorti en 1978.

      4. L’album Dirty du groupe Sonic Youth est sorti en 1992 et a été réédité en version de luxe en 2003.

      5. Cf. Jorge Luis Borges, « Pierre Ménard, auteur du “Quichotte”» in Fictions, trad. de l’espagnol par P. Verdevoye, Ibarra et Roger Caillois, nouvelle éd. augmentée, Paris, Gallimard, 1993, Folio 614.

      6. Lao-Tseu, Tao-tö king, Paris, Gallimard, nouvelle éd. 2002, Folio, p. 70.

      7. Écrite à l’origine par Anne Bredon à la fin des années 1950, la chanson Babe I’m Gonna Leave You, réarrangée par Jimmy Page et Robert Plant, est le second titre du premier album du groupe, Led Zeppelin, sorti le 12 janvier 1969.

      8. Where the Wild Roses Grow est le cinquième titre de l’album Murder Ballads de Nick Cave & The Bad Seeds sorti en 1996.

      9. Hey est le treizième titre de l’album Doolittle des Pixies sorti en 1989.

      10. Je t’aime… moi non plus est le premier titre du 33 tours Jane Birkin – Serge Gainsbourg sorti en 1969.

      11. Exposition est le premier titre de l’album Algorythmes de Charles de Goal sorti en 1980.

      12. Hallelujah est le sixième titre de l’album Grace de Jeff Buckley sorti en 1994.

      13. Dead Man est un album de Neil Young sorti en 1996, et la bande originale issue du film éponyme de Jim Jarmusch.
      _
      Une publication intitulée « Valentin Carron, Gioia e Polvere » paraît à l’occasion de l’exposition – co-édition ART & ESSAI & Musée des Beaux-Arts de Rennes & cultureclub-studio.

      Valentin Carron est représenté par kamel mennour, Paris/London et la Galerie Eva Presenhuber, Zurich/New York.

       

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2018
    • Project room : Postpop, avec Aude Anquetil, Hilary Galbreaith, Brieg Huon, Nicolas Pesquier
      Artistes du programme GENERATOR, 40mcube / EESAB / Self Signal

    • Exposition
    • 15.02.18 → 22.03.18
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • « The exhibition is a kind of theatre, where several perceptions successively make their appearance; pass, repass, glide away, and mingle in an infinite variety of postures and situations. »

      David Homme, Traité de la culture humaine

      Il fait noir dans la salle. Quelques heures restent encore avant que le public arrive.

      Entre D.H., par la gauche.

      Il porte une veste taillée dans un tissu d’une couleur blême, par-dessus un jogging noir zébré de chaque côté par deux fins traits blancs. Il marche avec conviction jusqu’au point exact du milieu de la scène, les paupières baissées, à demi, comme Bowie.

      On entend le claquement du spot qui allume brusquement un cercle lunaire autour de la figure silhouettée contre le long rideau rigide et sombre.

      Puis, par un mouvement lent de brassage de pieds, le spectacle est annoncé. Il lève la tête, les pupilles dilatées sous la lumière chauffante, fixées sur un point imperceptible au-dessous des sièges vides. Un bruit, presque un ronron, s’échappe de ses lèvres dépliées. Derrière lui, le rideau rouge se froisse, puis s’élève sans un bruit, dévoilant un orchestre symphonique dont les cuivres rutilent et les cordes, soudain, vibrent.

      (D’après une reprise de Lollipop)

      POSTEPOP, POSTPOPE ou POSTPOP,

      Un peu provoque, court, qui sonne bien,

      POSTPOP, c’est ici immédiatement,

      Si LOLLIPOP est une douceur sucrée,

      POSTPOP pique car trop salé,

      POSTPOP dessèche mais brille,

      POSTPOP glisse comme l’anis,

      POSTPOP c’est déjà fini.

      D’une main, le chef d’orchestre esquisse une volute, les lumières s’éteignent, à l’exception du cercle brillant.

      D.H. inspire, une goutte de sueur perle sur son front, tressaille, s’envole :

      “Tant va la croyance à la vie, à ce que la vie a de plus précaire, la vie réelle j’entends, qu’à la fin cette croyance se perd. Nous sommes beaux, jeunes et fiers, et l’art que nous produisons nous rend éternels. Nous ne mâchons pas nos mots, nous avons le même socle, les power rangers et la couleur chez Nicolas Poussin, les volutes d’opium des Orientalistes et les pupilles dilatées des clubs parisiens, l’érotisme de Bataille et les Eloïs asexués de Wells, les kilts des clans écossais et les hooligans du Manchester United, la raison des effets pascalienne et la chaleur suave d’un restaurant familial, l’Art and Craft de W. Morris et la construction du barbecue d’Homer Simpson…”

      Sa paupière tremble, le regard se perd dans la foule, et la poussière brille dans l’atmosphère moite du théâtre lugubre.

      “Nous nous battrons, frères, sœurs, jusqu’à l’avènement du post-pop. Nous n’avons que faire du quotidien monotone, des bassesses du réel, nous ne nous battrons que pour élever la fiction au rang d’absolu, nous basculons dans un monde, affolés, d’où plus jamais nous ne sentirons la poussière âcre du commun. Plus de post-modernisme, plus de post-internet, plus de post-punk, non, nous voilà entrés dans une nouvelle ère, celle du post-pop. Le pop est mort, vive le Postpop !”

      Une porte claque au loin, dans l’immensité sombre du théâtre, par-delà les rangées de sièges vides. D.H. lorgne la foule invisible avec un sourire bienveillant, adresse un clin d’œil à son auditoire prochain et quitte la scène.

      H.G., A.A., N.P., B.H.

    • Galerie Art & Essai
    • 2018
    • Felice Varini, Quatre cercles à cinq mètres 

    • Exposition
    • 23.11.17 → 19.01.18
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • La Galerie Art & Essai est heureuse de présenter l’œuvre Quatre cercles à cinq mètres de Felice Varini. Appartenant aux collections du Frac Bretagne, cette pièce a pour spécificité d’être composée de quatre cercles rouges créés à partir de quatre points de vue différents, visibles depuis les quatre angles de l’espace. Par la multiplicité et la fragmentation des formes qu’elle propose, Quatre cercles à cinq mètres se livre ainsi au travers d’une rencontre singulière de la peinture et de l’architecture.

      John Cornu : Ton travail va à l’encontre d’une peinture objectale, et ce au profit d’une œuvre ouverte, d’une situation esthétique plus large. Est-il toujours aussi important, aujourd’hui, de défendre l’idée d’œuvre comme situation à part entière ?

      Felice Varini : Je ne me place pas comme un artiste militant, comme un artiste qui doit défendre une religion à tout prix contre d’autres attitudes, d’autres démarches. Je suis arrivé à faire ce que je fais par des glissements successifs. À un moment donné, je me suis dit : « C’est dans ce territoire et dans ce sillon que je veux développer mon travail. » Et c’est dans ce sillon là que je pense être juste encore aujourd’hui. Certes, le monde autour de moi évolue à grands pas. Des idées de toutes sortes fleurissent chaque jour et il faut bien se confronter à cette évolution, mais cela ne m’empêche pas de continuer à développer mon travail.

      Ton travail interagit essentiellement avec les traits de l’architecture, mais te laisses-tu porter par d’autres aspects contextuels comme l’aspect fonctionnel du site, son histoire ou encore d’autres critères ?

      Je ne suis jamais dans le symbole, ni dans le récit. Je me concentre sur l’architecture à laquelle je ramène des figures géométriques très simples. Parfois, mon attention se fixe sur les lumières de l’espace et je cherche, par exemple, à utiliser l’évolution de la lumière naturelle pour stabiliser ou mettre en déséquilibre le travail. Ce paramètre « lumière » est d’ailleurs très important pour moi. Je ne me contente jamais de regarder mes pièces qu’une seule fois. Je reviens à différents moments pour observer les variations qui interviennent en fonction de la luminosité ambiante. Selon l’heure ou la saison, la pièce n’est jamais la même. La vraie question est alors de savoir ce qu’est la pièce. De combien de visions et d’expériences cette dernière se constitue ? C’est la même chose avec la musique. Sur cent cinquante écoutes du Requiem de Mozart, je n’ai jamais la même expérience.

      À chaque fois que je vais voir un Monet, c’est toujours une nouvelle relation qui s’établit.

      Lors de la réactualisation d’une de tes pièces – comme aujourd’hui à Rennes – doit-on faire appel à toi systématiquement ou est-ce que le propriétaire peut fabriquer la pièce librement ?

      Tant que je suis vivant et valide, je tiens à ce que cela passe par moi : c’est même une des conditions. Il est important pour moi de voir l’évolution de chaque réalisation et de rester proche de cette aventure. En revanche, avec le certificat, la référence visuelle d’origine et un minimum de savoir-faire, quelqu’un d’autre peut réaliser la pièce. Il suffit juste de respecter les différentes règles.

      J’ai d’ailleurs suffisamment d’assistants pour que ce savoir-faire puisse se perpétuer au-delà de moi. Je forme beaucoup de personnes, car je sais qu’à un moment donné il me faudra déléguer.

      Parmi ces règles, comment définis-tu les qualités propres aux futurs lieux d’actualisation ? Car s’il est question de déplacer ces peintures, il s’agit aussi de trouver des lieux compatibles, non ?

      Je ne sais pas si on peut parler de « lieux compatibles », mais disons que pour chaque pièce il y a une définition, une description pour expliquer comment elle peut être actualisée. Je n’ai jamais encore fait de pièces qui disent que le caractère de l’architecture doit être moderne ou baroque, etc. Je parle plus de volume et d’espace en général, ainsi que du placement des points de vue. Il y a donc des pièces un peu complexes, car nées dans des espaces complexes, qui vont trouver difficilement d’espaces équivalents dans le futur. Je pense par exemple à l’œuvre intitulée Le Tour de 1994, qui appartient à la Collection Billarant et que nous avons fait avec Cécile Bart et Michel Verjux. Nous avions alors divisé l’espace de monstration par plans ou par couches, dans le sens de la hauteur, Cécile Bart intervenait en bas, moi au centre et Michel Verjux en haut. Nous n’avons jamais actualisé cette dernière car elle nécessite un lieu extrêmement spécifique. Elle trouvera peut-être un jour un espace qui lui correspond. Je me rappelle avoir visité un musée en Allemagne et m’être dit qu’il pourrait convenir.

      À la Galerie Art & Essai, il s’agit de l’actualisation d’une œuvre Quatre cercles à cinq mètres déjà montrée auparavant : peux-tu nous en dire plus ?

      Oui, il s’agit de la troisième actualisation. Cette pièce a été présentée pour la première fois à la Galerie Jennifer Flay à Paris en 1992. À l’issue de cette première apparition, le Frac Bretagne a décidé d’acquérir l’œuvre, et Catherine Elkar m’a demandé de l’actualiser une première fois en 1998 au sein de l’Ecole Suzanne Lacore à Saint-Jacques-de-la-Lande. Il y a eu ensuite une deuxième actualisation en 1999 au Centre d’art Passerelle à Brest, et la troisième a lieu ici à la Galerie Art & Essai. On peut donc dire qu’il y a eu en tout quatre présentations, dont trois actualisations. J’aime utiliser le mot actualisation, car pour moi il s’agit de rendre « actuelle » une pièce qui existe quelque part. Je tiens d’ailleurs assez à ce distinguo, car il existe des pièces que j’ai présentées mais qui n’ont jamais été actualisées, qui attendent dans mes réserves d’être un jour actualisées, et d’autres qui n’auront très probablement d’ailleurs jamais d’actualisation.

      Peux-tu nous dire quelques mots sur les intentions qui ont présidé à l’œuvre Quatre cercles à cinq mètres 

      À l’époque où j’ai conçu cette œuvre, c’est-à-dire en 1991, je m’intéressais à la coexistence d’un point de vue unique et de sa fragmentation, et à l’expérimentation par le spectateur de cette double réalité. Jusque-là, toutes mes pièces possédaient généralement un seul point de vue. Je veux dire par là, qu’à un moment donné, la forme se construit et qu’elle devient cohérente. Évidemment, lorsqu’on arrive au point de vue, et que tout se met en place, on considère que c’est magique. Pourtant contrairement à la magie, tout est montré dans mes dispositifs, et tout a une importance égale. Ces formes qui se trouvent dans l’espace, avant ou après le point de vue, comme entités abstraites issues de la rencontre entre le point de vue et l’espace, sont tout aussi importantes que le point de vue. Elles sont toujours en mouvement en raison de notre propre mobilité. Et c’est ce que je recherche vraiment, et cela va au-delà de mon désir, de mes intentions pour générer des formes abstraites ayant leur propre autonomie, leurs propres significations. Ma quête se situe à ce niveau : le point de vue est la perpétuation d’une connaissance, d’un savoir, d’une tradition ; mais si je l’utilise, c’est pour le déconstruire, le triturer et le détruire.

      Ainsi pour en revenir à Quatre cercles à cinq mètres,

      cette œuvre a été imaginée pour la Galerie Jennifer Flay, peu de temps après une pièce intitulée Cercles contre cercles (1990). Cette dernière proposait deux points de vue face à face, l’un d’un cercle composé, l’autre d’un cercle décomposé. Disons plutôt que les deux cercles étaient tous deux composés, mais que lorsque tu faisais l’expérience d’un des deux points de vue, l’autre paraissait décomposé.

      Cette galerie présentait à l’époque un espace presque carré, peu complexe sur le plan architectural, et j’ai eu envie de jouer avec les quatre points de vue qu’offraient les quatre angles de l’espace, et de construire quatre cercles. Depuis chaque angle, j’obtenais alors dans le même temps un point de vue avec un cercle construit, et trois cercles décomposés en éclats. Le cercle construit était complètement en présence des fragmentations des trois autres cercles qui avaient une présence physique tout aussi importante. La projection des quatre cercles me permettait ainsi d’être toujours dans le déséquilibre et l’équilibre. Quatre cercles à cinq mètres est de fait très importante pour moi, car elle m’a permis de pousser à l’extrême la fragilité du point de vue et la non pertinence du point de vue comme seule quête du travail. L’œuvre n’est ici jamais à sa place, elle est toujours en mouvement, elle est toujours en reconstruction, en décomposition, en étirement, et puis à un moment donné, elle prend sa forme. En somme, je pourrais presque dire que le point de vue est mon alphabet, et que la pièce dans l’espace est la poésie.

      Fragments d’entretiens menés entre 2008 et 2017.

      Né en 1952 à Locarno (Suisse), Felice Varini vit à Paris.

    • Galerie Art & Essai
    • 2018
    • Project room : Ivan Liovik Ebel, De temps en temps

    • Exposition
    • 23.11.17 → 19.01.18
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Au sein de la project room de la Galerie Art & Essai, Ivan Liovik Ebel conçoit une double exposition personnelle qui interroge, entre différence et répétition, nos perceptions. L’artiste poursuit ici ses recherches picturales et sculpturales au regard de leur reproductibilité technique. Avec « De temps en temps », les espaces et les temporalités se dédoublent ou se redoublent presque à l’identique : le réel et son double…

       

      John Cornu : Ton travail implique souvent l’idée de répétition, de reconstruction au point de démultiplier le réel et de créer une sorte de jeu fictionnel au sein d’une réalité bien physique. Peux-tu nous dire quelques mots à ce sujet ?

       

      Ivan Liovik Ebel : La répétition d’une image ou d’une situation, en produisant deux espaces identiques et parallèles, parasite la perception en provoquant, dans l’expérience du spectateur, une sorte d’anachronisme. En même temps elle nécessite souvent de tenter de reproduire un geste, et donc un instant. Cette tension m’intéresse, car elle met en jeu la relation complexe espace/temps, et permet d’interroger cet espace particulier qu’est le présent, qui dans sa fuite nous retient captifs.

       

      J’ai la sensation qu’il existe un peu deux formats dans ton travail : celui de l’exposition et celui de chaque pièce. Comment penses-tu le « seuil d’intégrité » de ces deux formats ?

       

      Mon travail est d’abord un travail d’atelier, dans le sens où je produis la plupart du temps des pièces en-dehors de tout contexte d’exposition, sans penser nécessairement à leur présentation. En revanche, j’aime envisager l’exposition comme un médium en soi, un support sur lequel les œuvres se déploient. Cela implique une part de travail in situ et peut, parfois, donner à mes pièces une dimension installative. Quant à la question de l’intégrité, je suis prêt à assumer une certaine ambiguïté dans l’imbrication des œuvres et de leur installation, si cette dernière fait sens tout en permettant de révéler les œuvres pour elles-mêmes.

       

      Lorsque tu entreprends un projet s’agit-il pour toi de vérifier matériellement une idée antérieure ou de te laisser porter par les aléas de l’expérimentation ? Les deux peut-être ?

       

      Probablement un peu des deux. Si la plupart de mes projets découlent de façon plus ou moins directe de réflexions théoriques – bien qu’il ne s’agisse pour autant pas de vérifier une idée à la manière d’un scientifique – ; bon nombre de pièces sont également nées du hasard de l’expérimentation dans l’atelier.

       

      Comment réfléchis-tu le travail des autres artistes et notamment ceux qui recoupent certaines de tes interrogations ? Je pense par exemple au travail de Jonathan Monk et à sa double exposition « Time Between Spaces » au Musée d’art moderne de la Ville de Paris et au Palais de Tokyo en 2008 ; ou à certaines propositions de Michel François. On pourrait citer encore Guiseppe Penone et ses Essere Fiume [Être fleuve]. Peux-tu nous décrire plus largement ton cadre référentiel et la manière dont tu le penses ? 

       

      Je n’aurais pas spontanément évoqué ces exemples comme faisant explicitement partie de mon cadre référentiel, encore que les contours de celui-ci soient assez perméables. Il est clair que mon travail est traversé par de multiples influences et références plus ou moins exprimées, plus ou moins conscientes, et je vois bien le type de parenté que l’on peut établir entre ces œuvres et mes recherches. Mais si je devais signaler une référence par rapport au projet que je présente à Rennes, en dehors des quelques citations explicites que l’on peut y rencontrer, je pourrais mentionner le très beau projet de Gregor Schneider intitulé Die Familie Schneider, présenté à Londres en 2004 ainsi que La reprise de Kierkegaard que j’ai lu il y a plusieurs années et qui n’a jamais cessé de m’interroger depuis.

       

      En effet l’approche de Gregor Schneider peut raisonner avec tes préoccupations, et nous aurions pu aussi évoquer le travail de Bernard Piffaretti, mais ma question focalise plus sur l’attitude de l’artiste au regard de ses contemporains. Nous sommes issus d’un contexte culturel relativement proche et cela peut entrainer des raisonnements ou des attitudes types. Reste à savoir si dans ton processus créatif tu cherches une sorte de filiation, ou au contraire une volonté de singularité ?

       

      Je n’ai jamais réellement senti le besoin de me situer dans un rapport particulier de filiation. Au contraire, il m’est souvent apparu nécessaire de brouiller légèrement les pistes, afin d’échapper peut-être à une catégorisation trop rapide. Ce qui ne signifie pas non plus que je cherche à tout prix à me singulariser.

       

      Quel est par ailleurs ton ressenti vis-à-vis des curateurs avec lesquels tu as travaillé ? Comment envisages-tu le rôle de ces derniers et jusqu’où les laisses-tu intervenir dans les choix d’œuvres et de mise en espace ?

       

      J’ai vécu des expériences positives, et extrêmement variées. Certains curateurs se sont contentés de m’inviter et de me remettre les clés de l’espace, ce qui témoigne de leur grande confiance ; et d’autres se sont impliqués totalement dans mes projets. Je pense notamment à Eric Emery, curateur de l’espace zqm à Berlin. Eric m’a accompagné, du début jusqu’à la fin, dans la réalisation de ma pièce X’ = X + A ; Y’  = Y + B, instaurant entre nous une vraie dynamique de travail d’équipe. Il me faisait part de ses doutes et de ses idées, et c’était très agréable. Cela impliquait une grande confiance et une certaine connivence. Mes relations avec les curateurs prennent des formes à chaque fois différentes. Cela varie selon l’attitude de chacun et la nature du projet, mais je crois être assez ouvert sur ce plan.

       

      L’école Suisse est assez représentative de la mouvance Néo-Géo. Il se trouve que la géométrie est omniprésente dans ton travail. S’agit-il d’un héritage de ta formation ? Considères-tu que la Suisse est un contexte d’expérimentation particulier, et si oui sur quels critères ?

       

      C’est une bonne question, bien qu’il me soit difficile d’y répondre. J’ai été formé dès mes seize ans à l’art et à la communication visuelle, lorsque j’ai commencé mon apprentissage à l’Ecole d’arts appliqués de La Chaux-de-Fonds. Cette école a une forte tradition : le dessin géométrique, l’étude des volumes, ainsi que l’étude de la couleur selon les théories de Johannes Itten, y occupent une place importante, du moins était-ce le cas à l’époque. Naturellement cela a laissé des traces, je ne cherche pas à les effacer, mais je ne revendique pas non plus absolument cet héritage. Par la suite, j’ai étudié à Berne, et l’école est quant à elle traversée par d’autres courants et influences. Aujourd’hui, je vis à Berlin, et ce depuis plusieurs années, et mon travail a pas mal évolué, si bien que je ne saurais me définir comme étant issu d’un contexte particulier.

       

      Il me semble que ton projet pour la project room de la Galerie Art & Essai s’inscrit dans le prolongement de l’exposition « Every Now and Then » réalisée chez Gilla Lörcher, ta Galerie Berlinoise, l’année passée. Comment projettes-tu ta production aux regards des impératifs symboliques et économiques d’une galerie ?

       

      Oui, pour Rennes, l’idée était de repartir du projet présenté l’année dernière chez Gilla Lörcher, et de réaliser une nouvelle interprétation de ce dernier, en fonction de l’espace de la projet room, et en tenant compte des contraintes et du potentiel du lieu. En d’autres termes, j’ai opéré une traduction. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai conservé le même titre, et que ce dernier a simplement été traduit en français. Pour répondre à ta question par ailleurs, j’ai la chance de travailler avec une galerie qui me laisse une grande liberté, notamment celle de proposer des projets qui n’ont pas d’implication commerciale directe. C’était par exemple le cas lorsque j’y ai présenté ma performance Im Nebel qui consiste en une lecture dans le brouillard. Jusqu’à présent, je n’ai pas été tellement confronté à des impératifs de production liés à des logiques économiques. J’essaie d’ailleurs, dans la mesure du possible, de rester libre par rapport à de tels impératifs, tout en sachant que ma production d’atelier, mes peintures, mes sculptures ou encore mes tissus imprimés, restent des objets tout à fait commercialisables et commercialisés.

       

      _

      Né en 1983 à Neuchâtel (Suisse), Ivan Liovik Ebel vit et travaille à Berlin.

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Laurent Tixador, Trasher

    • Exposition
    • 28.09.17 → 10.11.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • project room : FRANCIS RAYNAUD ETHER

    • Exposition
    • 28.09.17 → 10.11.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Poussé par une envie constante d’expérimenter, Francis Raynaud (né en 1984 à Clermont-Ferrand) imagine toutes sortes de sculptures, d’objets et d’installations qui marient des éléments aussi hétérogènes qu’instables et informes. Chez ce dernier, il est toujours question de changements d’états ou de capillarités, et chacune de ses productions affiche une dynamique d’indétermination perpétuelle, qui propose au spectateur une expérience intrusive et dégénérescente de la matière.
    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • KISS KISS BANG BANG

    • Exposition
    • 11.09.17 → 15.09.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Dita Adirahmawaty, Eléonore Aublayd, Mégane Bénard, Anouk Chardot, Tarik Chebli, Alix Doyen, Aristide Gripon, Grÿeg, Claire Guetta, Rémi Le Guillois, Jérémy Legionnetn Elsa Leroy, Célestine Pelletier, Léïla Tascon, Thomas Terrier, Stedy Theodore, Vincent-Michaël Vallet

      Commissariat : John Cornu & Guillaume Pinard

      _

      Après l’exposition-programme «Hibiscus» – dont le premier volet s’était déroulé en 2012 au Vivarium et le second en 2016 à la Galerie Art & Essai –, kiss kiss bang bang inaugure une synergie nouvelle en réunissant les œuvres picturales, sculpturales, installatives, performatives ou encore vidéographiques d’une quinzaine de jeunes artistes de l’EESAB-site de Rennes et de l’université Rennes 2.

      Echappant à tout display thématique ou programmatique, KKBB expose différentes attitudes, prises de position ou encore mouvances qui animent la scène contemporaine.

      Procédant d’une ouverture, KKBB présente une génération émergente aux prises avec les paradigmes poétiques actuels.

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Michel Verjux, Sélection

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/1984-Verjux-DPVAVcoll.-Billarant-CCC-2014-a.jpg
    • 14.04.17 → 24.05.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Note n° 21 199

       

      Sélection

       

      …/…

       

      Orientation, variation et sélection : évolution.

       

      Le lieu, l’éclairage et le visiteur : des jeux d’orientation, de variation et de sélection, dans lesquels des éléments, facteurs et paramètres relevant du hasard et de la nécessité interviennent tout le long de l’évolution du parcours du visiteur, du cheminement de son corps, de son regard et de sa réflexion, çà et là, dans une direction ou dans une autre.

       

      Que montrer ?

       

      « Ma méthode a toujours été de partir de quelque chose de vague mais d’énigmatique, de quelque chose qui paraît indubitable mais que je ne peux exprimer avec précision. Je passe par des phases dont la première serait comme de voir quelque chose à l’œil nu, et la dernière de l’examiner au microscope. »

      Bertrand Russell (My Philosophical Development, 1959)

       

      Un choix volontairement restreint de quelques œuvres de 1977 à 2017, parmi lesquelles :

      Plâtre, une petite sculpture de 1977, prétentieusement dédiée à Antoni Tàpies et accompagnée, un peu naïvement, d’un court poème (depuis mon d’adolescence, je faisais souvent ainsi : mes dessins fonctionnaient en parallèle avec des poèmes) ;

      Température, de 1983, une installation avec 30 thermomètres fixés en duo, çà et là, dans tout l’espace — une œuvre créée à Cassel, en Allemagne, pour Germinations, une exposition de groupe de jeunes artistes, à l’époque où je réalisais aussi mes dernières performances, juste avant d’inventer mes premiers « éclairages » ;

      Poursuite en angle, mi-rasante mi-frontale, de 1990, créée à cette époque à la galerie Liliane et Michel Durand-Dessert, à Paris, et appartenant depuis à Jean Brolly : le projeteur posé directement au sol, comme je le fais souvent, depuis mes premiers « éclairages », dès 1983, pour affirmer l’aspect physique de la lumière ;

      Etc.

       

      L’idée d’un titre pour cette exposition personnelle :

      Sélection.

      L’envie de ne pas avoir de commissaire ou de curateur, comme c’est la mode, depuis un moment. Ou bien alors de choisir, ironiquement, le seul qui pourrait prétendre à ce titre, à savoir :

      Charles R. Darwin, Senior Curator.

      Le titre pourrait très bien être aussi : Orientation. Ou bien : Variation. Ou encore : Évolution.

      Mais le terme de Sélection me semble plus direct, plus rude et plus juste, ici, vu que je ne vais montrer que peu de choses.

       

      …/…

       

      Michel Verjux, Extrait des Notes numérotées à mon nombre de jours de vie (2017)

       

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Project room : Ce sont des mirages dans des chemises

    • Exposition
    • 14.04.17 → 24.05.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Claire Chassot, Kevin Hoarau, Jean-Julien Ney, Mélanie Villemot

      L’exposition « Ce sont des mirages dans des chemises » réunit et présente le travail des artistes de la troisième édition de GENERATOR, programme de professionnalisation initié par 40mcube en partenariat avec l’Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne. Derrière des formes variées, les recherches qu’ils partagent dans leurs pratiques respectives apparaissent, comme la question du recouvrement, de l’enveloppe et de la surface ; de l’empreinte de l’image, de l’objet et du corps ; de l’enregistrement et de la trace… Ils se réunissent ainsi sous ce titre énigmatique, paroles d’Alain Bashung détournées qui constituent une référence commune.

      _

      Claire Chassot associe dans son travail artistique deux pratiques distinctes, celle de la scénographie pour le théâtre et celle de la sculpture, sans que l’une se soumette à l’autre. Intéressée par l’espace, la construction et ses matériaux, elle crée des liens subtils entre ces deux pratiques. Dans le cadre de « Ce sont des mirages dans des chemises », elle présente une série de sculptures qui conservent la mémoire des formes et recyclent le matériau d’une performance à venir.

      _

      Kevin Hoarau met en place des processus sculpturaux qui sont le fruit d’actions simples et ténues. Chaque étape constitue une œuvre à la fois autonome et en lien avec les autres. Ainsi pour « Ce sont des mirages dans des chemises », il présente le moulage de sculptures antérieures, accompagné de leur modèle d’origine.

      _

      Jean-Julien Ney base sa production sur une imbrication de sculptures et d’images planes qu’il met en relation. Ses installations hybrident des matériaux et des images relevant aussi bien du registre utilitaire que de celui de la nature. Il emprunte des éléments archaïques comme actuels, reprend des objets industriels existant tout en en fabriquant artisanalement d’autres. Pour son intervention dans l’exposition « Ce sont des mirages dans des chemises », l’artiste réalise une série de sculptures qui reprennent différents outils ou dispositifs de fabrication et de prise de vue de l’image.

      _

      Mélanie Villemot conçoit la peinture au sens large, partant du principe que celle-ci relève autant du domaine artistique que d’une pratique fonctionnelle. Elle prend également en considération les relations singulières qui s’établissent entre les usagers, le produit et le public de cette activité. L’artiste convie régulièrement des personnes ayant une autre pratique de la peinture, comme une esthéticienne spécialisée dans le Nail Art ou un aérographeur. Dans l’exposition « Ce sont des mirages dans des chemises », elle présente une spatialisation d‘une peinture de Laszlo Moholy Nagy opérée en deux temps. Deux rideaux plissés rose pâle suspendus face au mur sont traversés par des barres métalliques sur lesquelles sont suspendues des formes géométriques noires, blanches et rouges. Cette peinture tridimensionnelle abandonne pour quelques heures son immobilité lors du vernissage. Les cercles et rectangles se font costumes pour revêtir deux drag queens, personnages/peintures faits de caoutchouc et de maquillage mêlant leur identité à celle de la peinture.

      Anne Langlois

    • 40mcube
    • 2017
    • Ce sont des mirages dans des chemises. Claire Chassot, Kevin Hoarau, Jean-Julien Ney, Kevin Hoarau

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/01_40mcube_generator_gae_1_low.jpg
    • 13.04.17 → 24.05.17
      Exposition
      40mcube
    • L’exposition Ce sont des mirages dans des chemises réunit et présente le travail des artistes de la troisième édition de GENERATOR, programme de professionnalisation initié par 40mcube en partenariat avec l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne. Derrière des formes variées, les recherches qu’ils partagent dans leurs pratiques respectives apparaissent, comme la question du recouvrement, de l’enveloppe et de la surface ; de l’empreinte de l’image, de l’objet et du corps ; de l’enregistrement et de la trace… Ils se réunissent ainsi sous ce titre énigmatique, paroles d’Alain Bashung détournées qui constituent une référence commune.

      Claire Chassot associe dans son travail artistique deux pratiques distinctes, celle de la scénographie pour le théâtre et celle de la sculpture, sans que l’une se soumette à l’autre. Intéressée par l’espace, la construction et ses matériaux, elle crée des liens subtils entre ces deux pratiques. Dans le cadre de Ce sont des mirages dans des chemises, elle présente une série de sculptures qui conservent la mémoire des formes et recyclent le matériau d’une performance à venir.

      Kevin Hoarau met en place des processus sculpturaux qui sont le fruit d’actions simples et ténues. Chaque étape constitue une œuvre à la fois autonome et en lien avec les autres. Ainsi pour Ce sont des mirages dans des chemises, il présente le moulage de sculptures antérieures, accompagné de leur modèle d’origine.

      Jean-Julien Ney base sa production sur une imbrication de sculptures et d’images planes qu’il met en relation. Ses installations hybrident des matériaux et des images relevant aussi bien du registre utilitaire que de celui de la nature. Il emprunte des éléments archaïques comme actuels, reprend des objets industriels existant tout en en fabriquant artisanalement d’autres. Pour son intervention dans l’exposition Ce sont des mirages dans des chemises, l’artiste réalise une série de sculptures qui reprennent différents outils ou dispositifs de fabrication et de prise de vue de l’image.

      Mélanie Villemot conçoit la peinture au sens large, partant du principe que celle-ci relève autant du domaine artistique que d’une pratique fonctionnelle. Elle prend également en considération les relations singulières qui s’établissent entre les usagers, le produit et le public de cette activité. L’artiste convie régulièrement des personnes ayant une autre pratique de la peinture, comme une esthéticienne spécialisée dans le Nail Art ou un aérographeur. Dans l’exposition Ce sont des mirages dans des chemises, elle présente une spatialisation d‘une peinture de Laszlo Moholy Nagy opérée en deux temps. Deux rideaux plissés rose pâle suspendus face au mur sont traversés par des barres métalliques sur lesquelles sont suspendues des formes géométriques noires, blanches et rouges. Cette peinture tridimensionnelle abandonne pour quelques heures son immobilité lors du vernissage. Les cercles et rectangles se font costumes pour revêtir deux drag queens, personnages/peintures faits de caoutchouc et de maquillage mêlant leur identité à celle de la peinture.

      Anne Langlois

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Projection de Phoenix, de Christian Petzold, co-scénarisé par Harun Farocki

    • Projection
    • 02.04.17 → 02.04.17
      Projection
      Galerie Art & Essai
    • Dans l’Allemagne d’après-guerre, Phoenix raconte l’histoire de la chanteuse Nelly Lenz (Nina Hoss), gravement dévisagée suite à son calvaire à Auschwitz. Avec son amie Lene (Nina Kunzendorf), employée de l’Agence Juive, elle revient dans un Berlin  complètement dévasté et tente de retrouver son mari Johnny (Ronald Zehrfeld) qui la pense morte.

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Projection : La vie RFA (1990)

    • Projection
    • 27.03.17 → 27.03.17
      Projection
      Galerie Art & Essai
    • Harun Farocki s’est rendu dans de nombreux centres de formation ou

      d’entraînement en Allemagne pour dévoiler leurs fonctionnements. Il parvient à y faire apparaître les règles qui régissent la société ouest-allemande à la fin des années 1980.

      À l’occasion de cette projection, les étudiant-e-s du Master 2 Métiers et Arts de l’Exposition vous présenteront leur édition.

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Atelier montage et projections au Comptoir du Doc

    • Atelier
    • 22.03.17 → 22.03.17
      Atelier
      Galerie Art & Essai
    • Lors de l’atelier montage, une table Mashup sera mise à disposition des participant-e-s afin de produire des petits films. Il sera suivi par la diffusion de L’Expression des mains de Harun Farocki (1997) et de Fatale beauté des Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard (1997).

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Conférence de Antje Ehmann sur Labour in a Single Shot

    • Conférence
    • 21.03.17 → 21.03.17
      Conférence
      Galerie Art & Essai
    • Antje Ehmann donnera une conférence sur Labour in a Single Shot (2011-2014), une œuvre qu’elle a co-réalisée avec Harun Farocki. Ce projet présente un atlas du travail dans une diversité de gestes et de contextes à travers quinze villes dans le monde.

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Journée d’études : Images, archives, indices. Du cinéma de Harun Farocki et d’autres pratiques artistiques.

    • Colloque
    • 17.03.17 → 17.03.17
      Colloque
      Galerie Art & Essai
    • Alors qu’elle est au coeur des réflexions contemporaines en histoire de l’art

      depuis déjà quelques années, la question de l’archive pourrait être revisitée au-delà de son lien à la mémoire et au passé dans une fonction historique et

      politique profondément d’actualité. De l’archive en tant qu’image à l’archive en tant que trace, l’enquête historiographique, prenant appui sur des pratiques

      artistiques, s’engage à décrypter les enlacements entre les transformations

      médiatiques et les représentations visuelles ainsi que virtuelles du monde

      d’aujourd’hui.

      Direction scientifique : Elvan Zabunyan, Béatrice Didier et Baptiste Brun,

      Laboratoire Histoire et critique des arts, en partenariat avec le centre d’art Le Grand Café à Saint Nazaire.

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Harun Farocki Screenshot

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/HarunFarocki.jpg
    • 10.03.17 → 07.04.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Une proposition du Master 2 Métiers et Arts de l’Exposition.


      Commissariat : Mégane Aguilé, Michiko Borisova, Elza Clarebout,

      Javier Dominguez, Constance Gayet, Marion Grand, Adélie Le Guen,

      Matthieu Hardy, Susie Hénaut, Mylène Sancandi, Marine Vouhé.


      Sous la direction de Elvan Zabunyan, Béatrice Didier et Baptiste Brun.

      Dans la Galerie Art & Essai, une sélection de films et installations de Harun Farocki (1944-2014) présente des images issues d’opérations militaires, de vidéosurveillance ou encore de jeux vidéos. La distance apparente entre la personne derrière son écran et le sujet observé ou manipulé est toute relative ; l’interface n’est pas un obstacle à la proximité, au contrôle et à la domination. L’œil du dispositif technique se substitue à celui de l’Homme, et lui confère une vision surplombante et omnisciente, que l’on pourrait qualifier de « sur-oeil ». L’exposition propose de questionner l’antagonisme supposé entre le réel et le virtuel. La frontière entre ces deux notions se trouble progressivement par l’usage de la simulation comme autre moyen d’appréhender la réalité.

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • ÉCHANGES. Marc Desgrandchamps, Stéphane Pencréac’h

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/stephane-pencreach.jpg
    • 15.12.16 → 16.02.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Commissariat : Richard Leydier

      Aussi étrange que cela puisse paraître, Marc Desgrandchamps et Stéphane Pencréac’h, deux peintres, deux amis, n’ont jamais exposé leurs œuvres en tête à tête. Pourtant, ils poursuivent depuis maintenant vingt ans une conversation quasi quotidienne sur la peinture, la représentation, ce que cela signifie d’être artiste, et bien sûr l’histoire de l’art, puisqu’ils ont, plus que jamais, et en dépit d’une époque quelque peu tourmentée, conscience de s’inscrire dans un continuum historique. D’un atelier à l’autre, s’échangent des idées, des points de vue, de bons procédés…

      Ces expositions à la Galerie Art & Essai et au musée des beaux-arts entendent prolonger ce dialogue d’une manière plus visuelle. Datées d’époques diverses, les œuvres proviennent exclusivement de leur atelier. Qu’ils aient désiré les conserver, ou qu’elles n’aient pas trouvé preneur, souvent en raison de leur dimension atypique, ces œuvres sont pour beaucoup totalement inédites. Figurent également dans ce corpus des tableaux que les peintres ont échangés au fil des ans. Ces derniers révèlent de curieuses connivences, des points de tangence, entre deux univers et pratiques relativement différents.

      La cheville de Gradiva

      À la Galerie Art & Essai, l’exposition permet par exemple de mesurer combien les deux artistes divergent dans le traitement de la tension érotique. Chez Pencréac’h, un grand nu allongé dans un espace clos, théâtral, ne dissimule rien de son anatomie parfaite et soutient audacieusement le regard. Chez Desgrandchamps, la figure féminine s’inscrit dans un paysage. Le corps porte le poids du temps et paraît promis à l’engloutissement par une nature dévorante. On relèvera que tous deux stratifient l’espace mais d’une manière tout à fait opposée. Chez Pencréac’h, la coexistence de plusieurs techniques picturales génère des ruptures, lesquelles « projettent » les motifs dans des espaces situés « en avant » et « en arrière » de la toile quand, chez Desgrandchamps, les strates apparaissent comme tissées, à la manière d’espaces-temps concomitants, en « verticalisant » en quelque sorte l’espace. Corps et paysages semblent ici inextricablement liés, à la manière de brins d’ADN.

      On perçoit chez les deux artistes une inquiétude similaire face au devenir du monde. Elle est plus frontale et directe chez Pencréac’h, lorsqu’il ramasse en un grand polyptyque les attaques qui frappèrent Paris en janvier 2015, et la grande manifestation qui s’ensuivit. Elle est plus sourde chez Desgrandchamps, notamment lorsqu’il peint des paysages urbains vidés de présence humaine comme après un cataclysme nucléaire, ou bien quand un discret bombardier s’immisce derrière un enchevêtrement végétal. On constate toutefois chez les artistes un intérêt commun pour les figures acéphales, et pour le sujet mythologique, vecteur de passions humaines atemporelles. Il y aura toujours des Andromède et des Persée pour les secourir. Quant à la Gradiva du célèbre roman de Wilhelm Jensen, qui hante les tableaux de Desgrandchamps, nous la retrouvons dans toutes les villes du monde, pressée, la cheville haut-levée, furtive apparition érotique parmi les foules.

      Le rêve de Messaline

      Au musée des beaux-arts, une sculpture emblématique de la collection s’invite dans la conversation. La Messaline d’Eugène Cyrille Brunet (1828-1921) repose au centre du patio. Présenté au Salon de 1884, ce marbre s’inscrit dans la lignée des femmes alanguies d’Auguste Clésinger (notamment la Bacchante couchée, 1848, Musée du Petit Palais, Paris) ; elle en amplifie encore la torride dimension érotique, sur un mode certes toujours académique, mais déjà plus moderne, moins orientalisant. L’impétueuse impératrice débauchée apparaît ici dépoitraillée, le corps vrillé par les spasmes de l’amour, telle que décrite dans les bordels romains par le poète latin Juvénal, « exposée nue, les seins dans une résille d’or ». Lui répondent un gisant recouvert d’un drap et un cheval mort extraits pour l’occasion du Monument pour Kobané de Stéphane Pencréac’h (2015). La femme lubrique, le cadavre anonyme et l’animal décharné composent ensemble une manière de banquise immaculée, hérissée de désir et de mort.

      En fait, Messaline rêve, et ses songes cauchemardesques se matérialisent alentour. Deux tableaux de Pencréac’h, dotés de fragments de mannequins, moteurs de puissants effets de 3D et de « réalité augmentée », nous projettent dans un monde inversé, en négatif ; ils opèrent la transition du réel au songe, des sculptures aux peintures, des figures blanches aux noires, des allongées aux verticales, des mortes aux vivantes. La chevauchée d’Hadès et l’odalisque au miroir agissent ainsi comme un seuil pour pénétrer le monde onirique déployé par Desgrandchamps dans ses tableaux. Figures pensives et fragiles, équidé d’un noir abyssal, corps évanescents, tombeaux antiques et mystérieux… En dépit du soleil estival et des cieux radieux, la menace sourd de toutes parts comme autant de sources mauvaises, instillant le poison d’un memento mori proprement arcadien. Messaline visite en quelque sorte la Carcosa de l’écrivain Ambrose Bierce, recueillant la vision prémonitoire de sa mort prochaine et de sa terrible disgrâce.

      © Richard Leydier

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      Né à Sallanches en 1960, Marc Desgrandchamps vit et travaille à Lyon.

      Né en 1970 à Paris, Stéphane Pencréac’h vit et travaille à Paris.

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      Cette exposition a été conçue avec le soutien de la Galerie Vallois et de la Galerie Lelong.

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • project room : AVELINA FUENTES

    • Exposition
    • 15.12.16 → 16.02.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • La Galerie Art & Essai est heureuse de consacrer une project room à l’artiste mexicaine Avelina Fuentes. Lectrice avertie d’ouvrages scientifiques, passionnée par le design, la chimie et la biologie – notamment par les processus de genèse et de morphogenèse –, Avelina Fuentes s’intéresse également aux mathématiques et plus précisément aux représentations visuelles de principes mathématiques. Elle s’attache aux glissements qui peuvent s’opérer d’un univers chiffré vers un univers dessiné, à la façon dont les nombres peuvent devenir des lignes, des formes, des images. L’artiste observe et questionne cette nécessité constante qu’a l’esprit humain de rendre le monde plus compréhensible, d’identifier des récurrences, des motifs, des structures sous-jacentes à toutes choses.

      Produite au Mexique, l’installation sculpturale Quintessence (2015) – du latin quinta essentia, « cinquième essence » – propose ainsi cinq volumes élémentaires réalisés en aluminium poli. Étudiés entre autres par Léonard de Vinci, Johannes Kepler ou encore Lorenz Stoër, ces polyèdres, familiers d’apparence, ne sont autres que les fameux solides de Platon ; des solides qui, du temps du philosophe, incarnaient les particules élémentaires de l’univers. Chacun des cinq renvoyait alors à un élément de la nature : le tétraèdre au Feu, le cube à la Terre, l’octaèdre à l’Air, l’icosaèdre à l’Eau, et le dodécaèdre au Tout de par sa ressemblance avec la sphère ; « Tout » qui sera désigné ensuite par Aristote comme étant l’Éther, soit l’élément fondamental de l’univers, aujourd’hui nommé par les astrophysiciens « matière noire » ou « matière sombre ».

      Exagérément agrandis par l’artiste, les solides proposent ici un dialogue physique avec l’espace de la project room. Entre ombre et lumière, Quintessence fait en effet autant obstacle, que corps avec son environnement. De par la réflexivité et la brillance de l’aluminium qui la compose, l’œuvre absorbe son lieu, tout en le réfléchissant.

      Née en 1983 à Saltillo (Mexique), Avelina Fuentes vit et travaille entre Paris et Saltillo.

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2017
    • Project room : EX.PDF « Exposer les écritures exposées »

    • Exposition
    • 15.12.16 → 16.02.17
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Adrien Abline, Julie Béna, Clélia Berthier, Étienne Bossut, Nicolas Chardon, Claude Closky, Claudia Comte, Guillaume Constantin, Antonio Contador, John Cornu, Bruno Di Rosa, Peter Downsbrough, Ivan Liovik Ebel, Christelle Familiari, Michel François, Ann Guillaume & Tom Bücher, Ann Veronica Janssens, Joséphine Kaeppelin, Isabelle Lartault & Michel Verjux, Quentin Lefranc, Muriel Leray, Claude Lévêque, Jonathan Loppin, Mathieu Mercier, Grégoire Motte, Samir Mougas, Pierre la Police, Éric Pougeau, Marine Provost, Babeth Rambault, Francis Raynaud, Lili Reynaud-Dewar, Claude Rutault, Éléonore Saintagnan, Yann Sérandour, Agnès Thurnauer, Hélène Travert, Mathieu Tremblin, Capucine Vandebrouck, Philémon Vanorlé / Société Volatile, Christophe Viart

      Projet labellisé par la MSHB, en partenariat avec le CELLAM / EA3206

      Commissariat : label hypothèse

      Concept éditorial et curatorial, EX.PDF [EX.Portable Document Format] explore différentes formes d’écritures d’ores et déjà montrées publiquement que ce soit dans un cadre urbain, éditorial ou encore artistique.

      En relation avec des pratiques contemporaines, EX.PDF propose un ensemble d’images réunies dans un porte-document. Edité en 15 exemplaires et intimement lié au principe du «Do It», ce dernier a pour vocation d’embrayer plusieurs expositions, sous l’impulsion de différents curateurs au sein de différents lieux d’exposition.

      Exponentiel, EX.PDF réunit ainsi plus d’une quarantaine de propositions – croquis, fragments textuels, vues d’expositions, photographies documentaires, caviardages, etc. – qui, chacunes à leur manière, mettent en lumière, au fil des monstrations et des contextes, des effets de sens relatifs aux écritures (ré)exposées.

      Ce projet est élaboré en partenariat avec le CELLAM (Centre d’Etudes des Langues et Littératures Anciennes et Modernes de l’Université Rennes 2) dans le cadre du projet EX2, et est labellisé par la MSHB (Maison des sciences de l’homme en Bretagne).

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • Incorporated!, Les Ateliers de Rennes – Biennale d’art contemporain Trisha Donnelly  

    • Exposition
    • 01.10.16 → 11.12.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • INCORPORATED!, 5e édition des Ateliers de Rennes, Biennale d’art contemporain

      Commissariat : François Piron, assisté de Marie de Gaulejac

      Trisha Donnelly réalise des compositions abstraites à partir d’images filmées, scannées, et retraitées jusqu’à ne plus être reconnaissables. Surfaces picturales, animées d’oscillations ou de vibrations presque imperceptibles, ces imagesforment un épiderme sensible, quasi-organique, que l’onscrute sans pouvoir les déchiffrer. Ses sculptures, également abstraites, agencent lamatérialité de leur présence avec téléréalités des traitementsqu’elle leur fait subir, à l’aide de découpes au laser, sans aucune trace de main.

      Invitée à investir avec un projet monographique la Galerie Art & Essai de l’Université Rennes 2, dans le cadre d’Incorporated!, l’artiste américaine présente un ensemble de vidéos installées et projetées pour une expérience immersive, physiologique et poétique. La nature des images qu’elle manipule n’étant jamais révélée et souvent mystérieuse, l’oeuvre de Trisha Donnelly est porteuse d’ambivalence : abstractions mécaniques, textures liquides, bugs technologiques, sont ainsi utilisés comme trames et images rémanentes. Dans le silence quasi constant de ses installations, Trisha Donnelly joue sur la relation de l’interface technologique avec l’être humain, et la perception physique, « épidermique », qui en émane.

      Trisha Donnelly a notamment été exposée à la Serpentine Gallery (Londres), au Moma de San Francisco, au Centre d’Art Contemporain de Kitakyūshū et au musée d’art moderne de Bologne. Lauréate en 2012 du prix FaberCastell Drawing, elle fera l’objet d’une exposition personnelle au Palais de Tokyo en 2017.

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • HIBISCUS  

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/hibiscus-4.jpg
    • 13.09.16 → 13.09.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • ADRIEN ABLINE, CARLOS BERNAL, CLELIA BERTHIER, MARIE BOURGEOIS, ALEXANDRA BRUN, SOAZIG CALLAC, AVA CANTHARIS, TARIK CHEBLI, ELZA CLAREBOUT, ARISTIDE GRIPON, JEREMY GUENOLE, ANTONIN KREMER, LISA LAVIGNE, LAURENCE LIMBOUR, ELEONORE PATERNOTTE, CELESTINE PELLETIER, JULIE PEROT, PAULINE PINON, MARTIN POULAIN, PAOLINE PRIOULT, SEBASTIEN PIRON, THOMIAS RADIN, DARTA SIDERE, HELENE TRAVERT

      « Hibiscus » est une exposition programme : chaque occurrence ne dure qu’une seule journée, tout comme la fleur à qui elle emprunte son nom. Pour cette seconde édition – la première a eu lieu au Vivarium en 2012 – il est question de montrer différents artistes émergents, engagés au sein de pratiques aussi bien picturales, que sculpturales, installatives, performatives ou encore vidéographiques… Cette exposition procède d’une ouverture, et invite chacun d’entre nous à réfléchir sur les différents cadres référentiels, les différentes attitudes, prises de position ou encore mouvances qui animent la scène contemporaine.
      « Hibiscus » présente ainsi une génération hétéroclite et pourtant singulière aux prises avec les paradigmes poétiques actuels. Des perspectives naissantes laissant deviner de nouveaux horizons, de nouveaux échanges.
    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • EVA NIELSEN & CLÉMENT LAIGLE

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/clementlaigle_prototypmodel_web.jpg
    • 19.05.16 → 24.06.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Présents sur la scène contemporaine, l’artiste franco-danoise Eva Nielsen (Née en 1983) et le français Clément Laigle (Né en 1978) développent depuis plus d’une décennie maintenant des pratiques artistiques, respectivement picturale et sculpturale/installative, nourries de références à l’architecture et habitées par des rapports de forces, qu’ils soient représentés ou en acte.

      Interrogeant le photographique et la peinture, Eva Nielsen explore la surface picturale en métissant huile, acrylique et sérigraphie. Par un travail d’hybridation subtil et des effets de matière savamment maîtrisés, espaces peints et espaces imprimés s’imbriquent de façon très frontale pour produire un trouble sensible, et offrir par là même de multiples niveaux de lecture. L’artiste articule, sur des toiles de grands formats, des fragments de réel avec différents héritages allant du mouvement pictorialiste à l’abstraction figurative, du sfumato académique au brutalisme architectural. Le paysage périurbain contemporain avec ses aires bétonnées, ses zones en mutation, ses lieux en reconstruction constitue un terrain d’observation privilégié. Native de Yerres, l’artiste puise en effet son vocabulaire formel au sein de son quotidien : ses déplacements en banlieue parisienne, ses trajets sur la ligne du RER D, ses voyages aux États-Unis ou en Scandinavie, ses lectures (Virginia Woolf, Henry David Thoreau). Proposant des visions synthétiques, elle nous transporte vers d’autres territoires dans lesquels architecture/paysage fusionnent. Sculpturales bien que procédant d’une mise à plat, les peintures d’Eva Nielsen confrontent des archétypes géométrisant de l’architecture à des horizons romantiques et dépouillés, comme pour mieux nous donner à voir les rapports sensibles existant entre forces urbaines et naturelles.

      Clément Laigle s’inscrit, quant à lui, dans une confrontation directe avec l’architecture, avec le bâti auquel « il n’est, dit-il, pas possible d’échapper ». Partant de ce constat, l’artiste utilise le champ de l’architecture pour poser les bases de son langage artistique, un langage qu’il souhaite toutefois insubordonné au contexte de monstration et qui emprunte au registre de la construction ou de l’aménagement d’intérieur ses matériaux, ses outils, ses usages. Utilisés de façon récurrente en association avec la lumière qu’elle soit artificielle et/ou naturelle, les matériaux industriels (rayonnages et structures métalliques, portiques de levage, panneaux d’aggloméré, cloisons en BA13, tubes en acier ou en PVC, tôles ondulées, éléments en béton) lui permettent de brouiller les frontières existantes entre sculpture et installation, entre productions architecturales et cadres architecturés. Minimalistes, empreintes d’une vraie physicalité, de facture tantôt brutaliste, tantôt clinique, les œuvres de Clément Laigle proposent des narrations sourdes, des rapports de forces en acte. Comme sous-tendues par des conflits d’autorité, ces dernières semblent se mesurer du sol jusqu’au plafond avec les sites qui les présentent.

      Distincts et pourtant en résonance, les univers de Clément Laigle et Eva Nielsen dialoguent ainsi pour la première fois le temps d’une exposition à la Galerie Art & Essai de l’Université Rennes 2.

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      Commissariat : John Cornu

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • project room : Clélia Berthier, Paoline Prioult & Darta Sidere

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/berthier-hubble.jpg
    • 19.05.16 → 24.06.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Cette project room présente le travail sculptural et installatif de Clélia Berthier, Darta Sidere et Pauline Prioult qui, chacune à leur manière, proposent un détournement des usages habituels des matériaux qu’elles utilisent afin d’expérimenter le champ des possibles.

      La première salle réunit Hubble, une pièce murale d’envergure de Clélia Berthier, et des propositions sculpturales en pierre de Darta Sidere.
      Aisément reconnaissables, parce que familiers et issus de la sphère du bricolage, les matériaux utilisés par Clélia Berthier sont choisis pour leurs propriétés physiques, leurs caractères plastiques : formes, couleurs, textures. Au gré de ses expérimentations, l’artiste met en œuvre différents rapports de forces. Elle soumet ainsi aussi bien le métal, le cuivre que la mousse polyuréthane à l’épreuve du feu dans le but de rendre visible cette exposition. Elle révèle les marques laissées par ses actions dans la matière, tout en mettant à profit les éventuels accidents, ce qui ne peut être complètement anticipé, ce qui échappe lorsque l’expérimentation prend le pas sur les intentions. Chauffés, brûlés, impactés en leur centre, les formats en cuivre de Hubble se parent ainsi de mille reflets moirés, comme autant de nébuleuses célestes, d’images aléatoires venues d’ailleurs.
      En vis-à-vis, le visiteur découvre Dissection du Lithops, un ensemble de deux sculptures, produites en kersantite (pierre bretonne proche du granite) et en pierre calcaire de Richemont, placé à même une estrade en bois ; ainsi qu’Autoportrait (la dent cassée), taillé dans du marbre de Carrare, présenté sur une étagère murale. À mi-chemin entre figuration et abstraction, le travail de Darta Sidere s’attache à présenter le corps telle une matière plastique, la peau telle une membrane sensible séparant l’individu et le monde extérieur. Avec Dissection du Lithops (du grec « lithos », pierre et « opsis », apparence), il est question de se consacrer à l’étude de la peau d’une plante du même nom, appelée couramment « plante caillou » en raison de son apparence. Sculptées dans des blocs de pierre, les deux fragments proposent donc un retournement, et s’exposent tels de fascinants spécimens fossiles surdimensionnés. Au-delà de la transsubstantiation, l’artiste développe une logique haptique, une invitation à toucher du regard leur surface tantôt veinée, tantôt lisse. Organique toujours, l’Autoportrait (la dent cassée) consiste, quant à lui, en une représentation autobiographique figée dans du marbre blanc soit un majestueux fragment de dent cassée à valeur d’autoportrait.
      Lauréate d’une Dinée organisée par La Collective* en collaboration avec l’association & (esperluette)** au sein de l’EESAB en décembre 2015, Paoline Prioult investit la seconde salle de la project room avec une installation sculpturale et lumineuse composée de huit plaques de cire rétroéclairées, posées à champ sur des estrades qui prolongent celle présente dans la première salle. Matériaux de prédilection de l’artiste, servant habituellement à confectionner des moules en vue d’obtenir des tirages en bronze (technique de la cire perdue), la cire se voit ici exploitée pour elle-même. L’artiste explore en effet les possibilités offertes par le médium : malléabilité, plasticité, effets de textures, jeux de transparences et d’opacités, reliefs et profondeurs. Intéressée par le groupe Support/Surface, Paoline Prioult déplace certaines des problématiques picturales dans le champ sculptural, tout en donnant à voir une nouvelle approche du colorfield. Les différents panneaux de cire teintée dans la masse, parfois légèrement superposés les uns aux autres, déploient ainsi au gré de leurs associations une large palette colorée dans l’espace. Les tubes fluorescents, que l’on devine à l’arrière, accentuent de plus la diffraction sur les murs, et ce faisant renforcent, de manière sensible, l’interaction avec le lieu de présentation.

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      Née en 1991 à Vitré, Clélia Berthier vit et travaille à Rennes.
      Née en 1993 à Caen, Paoline Prioult vit et travaille à Rennes.
      Née en 1990 à Riga (Lettonie), Darta Sidere vit et travaille à Rennes.

      _
      * La Collective est un groupement d’artistes qui a pour but de promouvoir la jeune création contemporaine, en favorisant la production, le soutien et la diffusion des œuvres. Trois projets artistiques sont ainsi présentés au public lors d’un dîner afin de
      les soumettre à un micro-financement.
      ** Constituée au sein de la Galerie Art & Essai, l’association & (esperluette) propose une aide à la production et à la diffusion de la jeune création.

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • Ben Kinmont We are a multitude

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/benkinmont.jpg
    • 24.03.16 → 22.04.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Une proposition du Master Métiers et Arts de l’Exposition

      Commissariat :  Emmanuella Attisso, Solenne Boutoille, Céline Cailliau, Éline Gourgues, Adèle Hermier, Julia Lardy, Lisa Leandri, Marion Le Monnier, Charlotte Lembert, Maëlys Moreau, Mélanie Ploquin, Élodie Potier, Amanda Silva, Anna Zachmann

      Sous la direction d’Elvan Zabunyan, Béatrice Didier et Baptiste Brun
      _
      1. Du 24 mars au 22 avril 2016, les étudiantes du Master Métiers et Arts de l’Exposition de l’Université Rennes 2 proposent une exposition monographique de l’artiste nord-américain Ben Kinmont, à la Galerie Art & Essai.
      2. Réalisant des actions éphémères dans l’espace urbain, Ben Kinmont crée un espace d’échanges, qu’il nomme Troisième sculpture. Les descriptions des documents liés aux projets sont répertoriés, classés, archivés et consignés dans l’ouvrage Prospectus. À partir de ces textes, l’artiste offre la possibilité à toute personne qui le souhaite de réactiver ses actions.
      3. Au centre de la Galerie, une table matérialise un espace d’interaction comme lieu de travail et de dialogue permettant la consultation des archives. À travers la présentation de cinq projets, l’exposition expérimente l’autorité de tous ses acteurs et tente d’approfondir une des questions centrales de l’exposition, à savoir : jusqu’où peut-on s’approprier une oeuvre ? Avec le principe de la réactivation, les quatorze commissaires s’interrogent sur la part d’autorité de chacun : est-ce l’artiste qui fait l’oeuvre ? Le processus adopté par Ben Kinmont est basé sur l’équilibre des parties et met en évidence les différents niveaux de relations. We are a multitude questionne ce “partage de l’autorité”, ses porosités mais aussi ses limites. En s’inscrivant à la croisée de multiples temporalités, l’exposition fonctionne sur le mode participatif. Un archivage systématique des documents qui y sont produits, prolonge le travail de l’artiste. Ainsi, l’exposition se trouve enrichie au jour le jour par les co-créateurs des projets.
      4. Autour de l’exposition, plusieurs évènements culturels sont proposés : une projection du documentaire Les Diggers : Révolution et contre-culture à San Francisco (1966-1968) réalisé par Alice Gaillard ; des ouvertures de boîtes d’archives par l’artiste Yann Sérandour et des professionnels des archives départementales ainsi que des archives de la Critique d’Art ; un atelier avec le Centre Culinaire Contemporain autour du projet de l’artiste On Becoming Something Else, permettant d’approfondir le propos de We are a multitude. Intitulée Placards, affiches, tracts, prospectus. L’imprimé au service de l’art [et de la polis], cette journée d’études organisée le 31 mars 2016, met en relief les usages et pratiques du statut de l’imprimé et ses finalités politiques.

      Du 13 au 20 avril 2016, une édition spécifique sera réalisée à l’image des Student Series en présence de l’artiste Ben Kinmont. Cette parution Rennaise sera la trace de cette semaine de travail collectif et intégrera les collections du Museum of Modern Art (NYC).

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      Ben Kinmont est né en 1963 à Burlington, Vermont, il vit et travaille à Sebastopol, Californie. Il est représenté par la galerie Air de Paris (France).

      En parallèle, le Cabinet du Livre d’artiste présente l’exposition Open by Chance & Appointment consacrée à l’activité de libraire de Ben Kinmont (10 mars – 28 avril).

    • Documents d’Artistes Bretagne – ddab.org
    • 2016
    • Voir l’exposition

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/bossut_gae.jpg
    • 12.02.16 → 10.03.16
      Exposition
      Documents d’Artistes Bretagne – ddab.org
    • Une proposition curatoriale de Remi Parcollet, en partenariat avec le Réseau documents d’artistes

      Exposition dans le Project-Room de la galerie Art & Essai, Université Rennes 2


      Du 12 février au 10 mars 2016

      Vernissage le jeudi 11 février à 18h

      • Table-ronde le 12 février à l’Université Rennes 2

      • Lire la publication numérique de Remi Parcollet sur le site du Réseau documents d’artistes : http://www.reseau-dda.org/productions-editoriales/invitations-editoriales.html

      Voir l’exposition fait suite à une invitation éditoriale du Réseau documents d’artistes à Remi Parcollet pour le site reseau-dda.org. Remi Parcollet travaille sur l’histoire des expositions à partir d’approches contemporaines des archives visuelles. En s’appuyant sur le large corpus d’artistes représentés sur les sites Documents d’artistes en régions PACA, Bretagne, Rhône-Alpes et Aquitaine, il a poursuivi son analyse de la documentation photographique des œuvres en situation d’exposition dans le contexte d’une base de données en ligne.

      « Voir l’exposition à la galerie Art & Essai prolonge cette réflexion en s’inscrivant comme un dispositif de monstration. À l’inverse d’une tentative d’exposition dématérialisée, cette mise en espace des bases de données Documents d’artistes évolue de manière processuelle, proposant non plus l’expérience de l’œuvre elle-même mais celle de sa perception lorsqu’elle est exposée à la lumière et aux regards, de sa polysémie et de son image définies au travers du temps et de l’espace. » *

      * Extrait de la note d’intention de Remi Parcollet, janvier 2016

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • project room : Aurélie Godard

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/aureliegodard-acb.jpg
    • 12.02.16 → 10.03.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • À l’occasion de l’inauguration du 1% artistique d’Aurélie Godard sur le campus Villejean de l’Université Rennes 2, la Galerie Art & Essai est heureuse de consacrer une project room à l’artiste.

      Formée à la Villa Arson de Nice puis à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, Aurélie Godard développe, depuis plus d’une dizaine d’années maintenant, son travail principalement du côté de la sculpture et de l’installation, tout en menant une réflexion sur la peinture.

      Captivée par les questions d’espace et d’échelle, l’artiste présente à la Galerie Art & Essai une proposition spécifique qui prolonge un tissu de relations et d’influences déjà présent dans ses productions antérieures. Autant maquettes que productions sculpturales, les œuvres exposées oscillent ainsi entre différents paradigmes, et affichent un caractère bricolé qui leur confèrent un potentiel de transformation et de narration. Des chaises, réalisées à l’aide de plaques BA13 hydrofuge vert pâle, sont ainsi installées le long des murs comme dans une salle d’attente, tandis que prend place, au centre de l’espace, une tour verticale démesurée, également produite en BA13, arborant un relief quasi cinétique. Rompue à l’exercice,
      Aurélie Godard
       se livre ici à une nouvelle construction de mémoire de maquettes de bâtiments modernes. L’hommage est cette fois rendu à l’un des immeubles élevé square des Hautes-Ourmes à Rennes par Georges Maillols, dans les années 1950. Inspiré par Le Corbusier et le mouvement du Bauhaus, et impliqué dans quelques 140 projets de construction à Rennes, cet architecte des « Trente glorieuses » avait pour optique d’élever l’immeuble le plus haut de la ville.

      Loin toutefois de vouloir produire une maquette réaliste, Aurélie Godard propose au sein de la project room une adaptation architecturale libre et libérée.

      Née en 1979 à Rennes, Aurélie Godard vit et travaille à Paris.

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • THIS OUTSIDENESS

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/jkaeppelin-acb.jpg
    • 12.02.16 → 10.03.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • avec Roger Ackling, Silvia Bächli, Peter Downsbrough, Aurélie Gravelat, Claude Horstmann, Joséphine Kaeppelin, Bernard Moninot et Joëlle Tuerlinckx

      Commissariat : Manifestement Peint Vite/Romain Boulay et Laurence Schmidlin

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      La fonction sécante de la ligne graphique divise autant qu’elle réunit. L’impossible indépendance de ces deux faits (séparation/intégration) l’un par rapport à l’autre est un phénomène propre à une multitude de situations relationnelles. Cette exposition se propose d’interroger cette condition, en particulier la réversibilité de l’espace et la relativité des frontières. Ce qui se joue ici c’est la façon dont toute limite, qu’elle soit abstraite ou physique, artificielle ou réelle, produit à la fois un espace défini par des contraintes et un espace qui en est l’extension.

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      Né à Londres en 1947, Roger Ackling est mort dans le Norfolk en 2014.

      Née en Suisse en 1956, Silvia Bächli vit entre Bâle et Paris.

      Né à New Brunswick dans le New Jersey en 1940, Peter Downsbrough vit et travaille à Bruxelles et à Paris.

      Née en 1982 à La Ferté-Macé, Aurélie Gravelat vit et travaille à Bruxelles.

      Née à Minden en 1960, Claude Horstmann vit et travaille à Stuttgart et Marseille.

      Née à Lyon en 1985, Joséphine Kaeppelin vit et travaille à Bruxelles.

      Né à Le Fay en 1949, Bernard Moninot vit et travaille à Le Pré Saint-Gervais et à Château-Chalon.

      Née à Bruxelles en 1958, Joëlle Tuerlinckx vit et travaille à Bruxelles.

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      Romain Boulay est artiste, commissaire au sein de l’association Manifestement Peint Vite et directeur de la plateforme MilleFeuilles.

      Laurence Schmidlin est historienne de l’art.

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • project room : « Voir l’exposition »

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/projectroom-voirlexposition-acb1.jpg
    • 12.02.16 → 10.03.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Commissariat : Remi Parcollet, en partenariat avec Documents d’Artistes Bretagne et le Réseau documents d’artistes

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      « Voir l’exposition » fait suite à une invitation éditoriale du Réseau documents d’artistes à Remi Parcollet pour le site reseau-dda.org.

      Remi Parcollet travaille sur l’Histoire des expositions à partir d’approches contemporaines des archives visuelles. En s’appuyant sur le large corpus d’artistes représentés sur les sites Documents d’artistes en régions PACA, Bretagne, Rhône-Alpes et Aquitaine, il a poursuivi son analyse de la documentation photographique des œuvres en situation d’exposition dans le contexte d’une base de données en ligne.

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      Une reproduction photographique est à l’évidence un moyen de connaissance d’une œuvre. Mais la question de la documentation par la photographie des œuvres en situation d’exposition appelle une réflexion plus large sur la photographie comme outil dans le travail de création, qui dépasse les enjeux de conservation, de diffusion et de médiation. Une photographie de vue d’exposition n’est jamais une reproduction, elle se détermine en fonction du temps et de l’espace. Elle est un outil documentaire, après, pendant et même avant l’exposition. La mise en photographie dont l’exposition a toujours fait l’objet permet les « comparaisons » et « vérifications » qui influent, par voie de conséquence, sur sa conception. Dans le contexte de l’éphémère, ces photographies d’expositions, bien souvent substituées aux souvenirs, ne peuvent plus être envisagées comme un médium transparent.

      La multiplication des supports de publication et de diffusion de cette documentation photographique, en particulier avec Internet, facilite la médiatisation de l’exposition mais aussi son archivage et même sa patrimonialisation. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la perception de l’œuvre d’art. On assiste à une décontextualisation impliquant une réinterprétation qui risque bien souvent de modifier la nature de l’œuvre ou le propos de l’auteur.

      Documents d’artistes constitue dans les régions PACA, Bretagne, Rhône-Alpes et Aquitaine, une plateforme de référence pour les artistes et une ressource pour les professionnels. Ces bases de données ont la particularité d’être élaborées en dialogue avec les artistes.

      Concernant la diversité des pratiques artistiques d’aujourd’hui dans leurs rapports à l’exposition, il est singulièrement révélateur d’y observer la place et le rôle des photographies d’expositions notamment vis à vis d’autres documents : photographies d’œuvres, reproductions, notes descriptives, textes, extraits vidéo et sonores.

      Une première approche de ces questions a été développée dans le cadre d’une invitation éditoriale du Réseau documents d’artistes. Cette publication numérique intitulée « Voir l’exposition » a révélé un ensemble de réflexions de nature pragmatique appelant un projet curatorial éponyme.

      Transposer une base de données comme Documents d’artistes sous forme d’exposition permet par un exercice de mise en abîme et de corrélation, de penser les enjeux de représentation des œuvres exposées, de diffusion en ligne et de dématérialisation. L’Atlas Mnemosyne d’Aby Warburg est très certainement un ancêtre des bases de données d’images d’aujourd’hui. Il était destiné à rendre visibles les rapports entre différentes formes, cultures et périodes par la force du montage d’une Histoire de l’art sans texte, le vide qui séparait les images comptait tout autant. Warburg évoquait une « iconologie de l’intervalle » où le vide est un espace de pensée. À la même période Heinrich Wölfflin a initié la pratique de l’historien de l’art par une méthode de comparaison des œuvres pour développer une typologie des styles, basée sur l’usage d’une double projection simultanée de diapositives. La mise en relation des documents, l’élaboration de correspondances, l’analogie, sont ainsi au cœur de la méthodologie en Histoire de l’art. Rapprocher non plus seulement des documents mais des œuvres dans un lieu, un environnement, avec l’objectif de créer du sens, voire de formaliser un discours, correspond à une autre pratique, qui entre alors en résonance, celle du commissaire ou du curateur.

      « Voir l’exposition » s’inscrit comme un dispositif de monstration, à l’inverse d’une tentative d’exposition dématérialisée, cette mise en espace d’une base de données documentaire évolue de manière processuelle proposant non plus l’expérience de l’œuvre elle-même mais celle de sa perception lorsqu’elle est exposée à la lumière et aux regards, de sa polysémie et de son image définies au travers du temps et de l’espace. Le musée imaginaire de Malraux n’avait pas de mur et les images digitales n’ont pas de consistance. Mais voir l’exposition, et pas seulement les œuvres, nécessite une expérience tangible et réflexive, une mise en abîme orchestrée pour transcender le document. Extraire des images, les imprimer pour les inscrire puis les déplacer sur le mur permet de constituer, au-delà de l’interface numérique, de nouvelles configurations, des constellations dont le mouvement entraîne un renouvellement du regard sur les œuvres exposées.

      © Remi Parcollet

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      Liste des artistes : Yuna Amand, Maya Andersson, Benoit Andro, Atelier BL119, Virginie Barré, Hervé Beurel, Jean-Marie Blanchet, Etienne Bossut, Pascal Broccolichi, Lucie Chaumont, John Cornu, Jocelyn Cottencin, Sabine Delcour, Marc Desgrandchamps, Marcel Dinahet, Florence Doléac, Laetitia Donval, Antoine Dorotte, Philippe Droguet, Caroline Duchatelet, Laurent Duthion, Simon Feydieu, Francesco Finizio, Nicolas Floc’h, Julie C. Fortier, Aicha Hamu, Laurent Kropf, Pierre Labat, Benoit Laffiché, Jean-Benoit Lallemant, Angélique Lecaille, Laurent Le Deunff, André Léocat, Briac Leprêtre, Arnaud Maguet, Pierre Malphettes, Damien Marchal, Nicolas Milhé, Benoit-Marie Moriceau, Marine Pagès, Bruno Peinado, Emilie Perotto, Aurélie Pétrel, Pugnaire & Raffini, Catherine Rannou, Emmanuel Régent, Pascal Rivet, Muriel Rodolosse, Yvan Salomone, Bettina Samson, Linda Sanchez, Yann Sérandour, Eva Taulois, Jean-Paul Thibeau, Jeanne Tzaut, Arnaud Vasseux, Jacques Vieille, Jacques Villeglé, Sébastien Vonier.

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      Liste des photographes : Anoush Abrar, Stéphane Accarie, Blaise Adilon, Sébastien Agnetti, Vlado Alonso et Baptiste Coulon, Alain Alquier, Pierre Antoine, Hervé Beurel, Charlie Boisson, Etienne Bossut, Pascal Broccolichi, Cyrille Cauvet, John Cornu, Baptiste Croze, Gaëlle Deleflie, Frédéric Deval, Marcel Dinahet, Marc Domage, Antoine Dorotte, Laurent Duthion, Antonin Etard, Cédrick Eymenier, Rebecca Fanuele, Jacques Faujour, Julie C. Fortier, Gae, Isabelle Giovacchini, Patrice Goasduff, Laurence Godart, Laurent Grivet, Olivier Hamery, Claire-Jeanne Jézèquiel, Dieter Kik, Keizo Kioku, Florian Kleinefenn, Jean-Benoit Lallemant, Alain Le Bot, Laurent Lecat, Erwan Legars, Stéphane Le Mercier, Alain Le Nouail, Briac Leprêtre, Jean-Christophe Lett, Salvatore Licitra, Marielys Lorthios, Cary Markerink, Benoit Mauras, Julien Mignot, Aurélien Mole, André Morin, Nicolas Ollier, Henri Perrot, Jean-Michel Petit, Philippe Piguet, Heinz Preizig, Stéphanie Pretnar, Pascal Rivet, Hervé Ronné, Adrien Selbert, Yann Sérandour, Bertrand Stofieth, Erik Sturm, Anders Sune Berg, Eva Taulois, Maxime Thieffine, Nicolas Touzalin, Grégoire Vieille.

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      Historien de l’art contemporain, Remi Parcollet travaille sur l’histoire des expositions. Postdoctorant au Laboratoire d’Excellence « Création Art et Patrimoine » en 2012-2013, il a travaillé à la mise en place du programme histoire des expositions au Centre Pompidou. Il co-dirige la revue Postdocument.

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • gina pane

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/ginapane©photo_anne_marchand.jpg
    • 27.11.15 → 22.01.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • La Galerie Art & Essai est heureuse de présenter une exposition personnelle de l’artiste gina pane, figure centrale de l’art corporel et plus largement de la scène artistique des années 1970-1980 en France.

      Conçue tel un voyage, l’exposition propose un cheminement – ni thématique, ni chronologique, ni médiumnique – au travers d’un ensemble d’œuvres choisies pour refléter, dans sa globalité, la carrière de l’artiste : des premières peintures très fortement marquées par l’abstraction géométrique (1964-1967) ; aux installations et actions in
      situ
      menées dans la nature avec pour seul témoin un photographe qui cadre les gestes et les postures poétiques de l’artiste dans le paysage (1968-1970) ; aux actions à forte charge symbolique, réalisées en public et ritualisées autour de la blessure, mais aussi pensées pour être retranscrites et recomposées photographiquement dans des « Constats d’actions » (1971-1979) ; jusqu’aux « Partitions », dernières productions sculpturales de l’artiste inspirées par la vie des saints, des martyrs et de la figure du Christ (1980-1989).

      Montrées les unes en regard des autres au sein de l’espace d’exposition, les huit œuvres donnent ainsi à voir la cohérence conceptuelle et formelle du vocabulaire plastique minimal et corporel de gina pane, au croisement du sacré, du politique et du questionnement identitaire, entre terre et ciel.

      Prolifique, gina pane a pratiqué, avec une aisance égale, la peinture, le dessin, la sculpture, l’installation, l’« action1 » ou encore la photographie dans le cadre d’une collaboration étroite avec Françoise Masson, photographe de toutes les actions avec qui l’artiste anticipe la mise en images au moyen d’un ensemble de dessins préparatoires, de textes et de pré-photographies. Elle a eu recourt à un nombre conséquent de matériaux sélectionnés pour leurs qualités intrinsèques et leurs portées symboliques (terre, bois, verre, marbre, cuivre, fer, laiton, rouille, feutre), mais aussi à des objets tantôt ludiques comme des jouets d’enfants, tantôt réconfortants comme des plumes, tantôt tranchants comme des verres brisés ou des lames de rasoirs. Toutefois, c’est véritablement son propre corps que l’artiste érige comme matériau principal de sa création et instrument d’un nouveau langage : celui de l’art corporel, dès la fin des années 1960 et ce jusqu’à la fin des années 1970. « Toute ma création est matérialisée directement par mon corps en tant que principal matériau et outil de mes concepts », écrit gina pane dans ses notes. Et c’est avec ce dernier qu’elle s’attachera à explorer/expérimenter le monde et ses limites, comme jamais aucun(e) autre artiste ne l’a fait avant elle.

      Celle, dont le souhait premier était de réveiller les esprits de la torpeur anesthésiante des médias, a su bâtir un mythe et nous léguer une œuvre ouverte et intemporelle, solaire et vibrante, radicale et visionnaire, généreuse et sincère, féminine sans être féministe, toujours d’une grande poésie et en quête d’une éternelle communion avec le public.

      « C’est à VOUS que je m’adresse parce que vous êtes cette « unité » de mon travail : L’AUTRE. »

      gina pane, Lettre à un(e) inconnu(e), 1974

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      1. gina pane préférait le terme d’« action » plus à même de retranscrire l’idée de processus qui est au cœur même de sa démarche, à celui de « performance » qu’elle jugeait trop démonstratif.

       

       

      Née en 1939 à Biarritz, de mère autrichienne et de père italien, gina pane quitte l’Italie en 1961 pour étudier à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Elle fréquente l’Atelier d’Art Sacré d’Edmée Larnaudie, et finit par s’installer définitivement dans la capitale. Parallèlement à sa pratique artistique, gina pane enseigne la peinture à l’École supérieure des beaux-arts du Mans de 1975 à 1990. En 1978, elle crée et anime un atelier de performance au Centre Georges Pompidou. Elle décède en mars 1990 à Paris des suites d’une longue maladie. Présente dans d’importantes collections privées et publiques, son œuvre – célébrée par les historiens, les critiques et les artistes – est aujourd’hui redécouverte par le grand public. Plusieurs de ses pièces sont actuellement montrées dans l’exposition « Là où commence le jour » au LaM – Lille Métropole, musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut dans le cadre de lille3000 Renaissance (jusqu’au 10 janvier 2016), et d’autres seront présentées au Centre Pompidou Metz à l’occasion de l’exposition « Sublime » (de février à septembre 2016).  Trois expositions personnelles seront également consacrées à l’artiste en 2016 : au MUSAC – Musée d’art contemporain de Castille-León en Espagne (« gina
      pane
      Revisited », 23 janvier – 24 avril 2016), à la galerie kamel mennour à Paris (« gina pane », 11 mars – 16 avril 2016) et à la galerie l’Elefante à Trévise en Italie (« gina pane », 19 mars – 24 mai 2016).

    • Galerie Art & Essai
    • 2016
    • Project room : Jérémy Demester

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/vindanjou1.jpg
    • 27.11.15 → 22.01.16
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Pour sa project room à la Galerie Art & Essai, Jérémy Demester présente ses toutes dernières productions picturales intitulées Vin d’Anjou : trois tableaux de format orthogonal, couverts de nombreuses couches de peinture et glacis industriels. Tous sont fixés sur des châssis en laiton qui, tantôt se détachent de la surface murale pour s’incliner d’un côté ou de l’autre, tantôt reposent sur deux doigts en bronze.

      Comme dotés d’une pulsation propre, ces tableaux métalliques, de prime abord monochromes, s’animent de reflets holographiques au gré des déplacements du visiteur, et de la lumière qui les nourrit. Pièges visuels, objets alchimiques, surfaces mirifiques, ces peintures nous captivent en déclinant de subtiles variations colorées allant du gris au bleu, en passant par le rose et l’or.

      Un ensemble de gravures, cette fois figuratives, sont montrées en regard : des « vierges éparpillées », « des madones pointillistes, qui [pour reprendre les propos de Richard Leydier] donnent la sensation d’être constituées de pigments qu’un simple souffle suffirait à faire disparaitre de la surface du papier ». « En réalité [nous dit l’artiste] lors de son assomption, le corps de la Vierge exploserait dans l’espace, révélant ses viscères ».

      Ainsi, des toiles holographiques aux gravures, Jérémy Demester poursuit son projet qui est de peindre la couleur de nos sangs.

       

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      Jérémy Demester vit et travaille à Paris. Récompensé par le Prix « Aurige Finance » en 2014 et tout récemment par le Prix des Félicités des Beaux-arts de Paris, il a fait partie de l’exposition collective « Minéral » en juin dernier à la galerie Max Hetzler de Paris. Jérémy Demester expose actuellement à l’ENSBA de Paris, dans le cadre de l’exposition collective « Les Voyageurs » (commissaire : Hou Hanru, jusqu’au 3 janvier 2016) ; ainsi qu’au musée de la Fondation Zinsou à Ouidah au Bénin, dans le cadre d’une exposition personnelle, « Original Zeke » (jusqu’au 10 janvier 2016).

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2015
    • Project room: Caroline Molusson, Je ne suis pas sûre d’être là. Parcours Métrange – expositions / Carte blanche à Contrefaçon

    • Exposition
    • 26.10.15 → 13.11.15
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Le Festival Court Métrange offre une carte blanche au collectif Contrefaçons pour l’organisation d’un parcours d’expositions dans la ville de Rennes. Dans le cadre de la 12e édition du Festival Court Métrange, intitulée Territoire des songes, le collectif Contrefaçons propose un ensemble d’expositions et d’événements permettant d’interroger le réel et ses différentes interprétations. En déplaçant la question du simulacre, il s’agit de penser la fiction et le rêve comme des vecteurs possibles du vrai et l’imaginaire comme une nouvelle dimension du réel, permettant d’en élargir sa perception.
      Avec son installation sonore intitulée Ronde de nuit, Caroline Molusson invite à la contemplation. Découlant de réflexions sur la perception, le travail de l’artiste entraîne le spectateur à travers ses sensations, questionnant le rapport que nous entretenons à l’espace et à notre propre corps. La performance qu’elle réalise interroge l’émotion et l’intime à travers la suspension, les arrêts, les silences. Le mouvement comme parole du corps est alors mis en jeu.

      Performance vendredi 23 octobre – 18h
      Je ne suis pas sûre d’être là, 15′.

      Née en 1976, Caroline Molusson vit et travaille à Nantes. Elle est représentée par la galerie Ilka Bree à Bordeaux.

    • Galerie Art & Essai
    • 2015
    • Claudia Comte, Sonic Geometry. Commissariat 40mcube, dans le cadre de la programmation Outsite

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_gae_visuel_claudiacomte2.jpg
    • 25.09.15 → 13.11.15
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Explorant différents supports, médiums et formes, Claudia Comte articule sculptures, peintures, projections vidéo, performances et gravures, dans des installations qui créent des chocs visuels et culturels. Elle y confronte des sculptures aux formes lisses, pleines, épurées et des peintures murales optiques, un traitement brut à la tronçonneuse et une esthétique de cartoon, le tout unifié par une mise en espace rigoureuse. Comprenant souvent un point de vue privilégié, ses installations jouent de va-et-vient entre volume et image : des volumes créant des images et des images mises en volume.

      Pour son exposition à la Galerie Art & Essai à l’invitation de 40mcube, Claudia Comte réalise une nouvelle installation composée de sculptures présentées dans un environnement de peintures murales et sur toile. Ainsi une trentaine de peintures circulaires d’un diamètre variant de 40 cm à 140 cm, réalisées en un seul coup de pinceau de la taille du rayon de chaque cercle, sont présentées à différents niveaux sur une peinture murale de cinq lignes traversant tout l’espace à 360°. Dans l’espace est présentée une série de Sculptures modulaires, sept sculptures en bois d’olivier réalisées à la tronçonneuse, qui intègrent leurs propres socles. Chaque sculpture est présentée sur une combinaison différente des cubes de bois brulé qui constituent ces socles. Le lien formel et optique entre les peintures et les sculptures passe par les rayures et les traits qui créent un rythme visuel : la portée qui accueille les peintures ainsi que les stries des cubes qui composent et supportent les sculptures.

      Le titre de l’exposition, Sonic Geometry, fait référence à différentes théories explorant le langage des fréquences et des formes, selon lesquelles la somme des angles des formes géométriques élémentaires correspondrait à une note de musique. L’exposition évoque cette relation dans la représentation explicite d’une portée et de notes, mais aussi dans sa composition : chaque élément, autonome, peut être, présenté différemment et permet à l’installation d’être réinterprétée dans de nombreuses variations.
      Anne Langlois

    • Galerie Art & Essai
    • 2015
    • Project room : Angélique Lecaille, Apeiron, rien ne périt – Parcours Métrange – expositions / Carte blanche à Contrefaçon

    • Exposition
    • http://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/angeliquelecaille©photo-joaquin-ruina101.jpg
    • 24.09.15 → 16.10.15
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Le Festival Court Métrange offre une carte blanche au collectif Contrefaçons pour l’organisation d’un parcours d’expositions dans la ville de Rennes. Dans le cadre de la 12e édition du Festival Court Métrange, intitulée Territoire des songes, le collectif Contrefaçons propose un ensemble d’expositions et d’événements permettant d’interroger le réel et ses différentes interprétations. En déplaçant la question du simulacre, il s’agit de penser la fiction et le rêve comme des vecteurs possibles du vrai et l’imaginaire comme une nouvelle dimension du réel, permettant d’en élargir sa perception.

      L’installation en ouate de cellulose d’Angélique Lecaille figure un espace lunaire et intemporel. A l’image de l’Apeiron, pensée infinie et substance indéterminée d’après la pensée d’Anaximandre, l’installation présentée investie l’espace de l’exposition de la matière, joue sur son déplacement et sa densité en lien avec la superficie du lieu. Les volumes forment un paysage ouvert et lunaire, créant un contraste entre l’espace fermé et l’horizon. Inspirées par les compositions géométriques de Stoer Lorenz (XVIe siècle), ces formes acquièrent une dimension poétique et sensible tels des dessins basculés en volume. Ainsi, l’œuvre et l’espace désorientent le visiteur et interrogent leur temporalité: formes en ruines ou construction à venir ?

      Née en 1975, Angélique Lecaille vit et travaille à Rennes.

      Elle est représentée par la galerie Mélanie Rio à Nantes.