• 40mcube
    • 2019
    • Virginie Barré, Romain Bobichon, Julien Gorgeart, La cascadeure

    • Projection
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/lacascadeur_4_web2.jpg
    • 17.01.19 → 19.01.19
      Projection
      40mcube
    • Initiée par les artistes Virginie Barré, Romain Bobichon et Julien Gorgeart, la série La cascadeure est un projet collectif rassemblant les artistes Pierre Budet, Camille Girard & Paul Brunet, Lili Reynaud Dewar, Florence Doléac, Olivier Nottellet, Bruno Peinado, Yoan Sorin. Celle-ci prend sa source dans une combinaison de faits concrets et de références multiples.

      La première de ces références est le roman Saga (1997) de Tonino Benaquista. Dans celui-ci, une chaîne de télévision privée doit produire un feuilleton pour répondre aux impératifs de création française imposés par les pouvoirs publics. Ne songeant qu’à réduire les frais, elle se décide pour une sitcom tournée avec un strict minimum de moyens financiers, qu’elle diffusera au beau milieu de la nuit. Certaine d’une audience extrêmement réduite, elle engage pour écrire le script quatre scénaristes au chômage : Louis, un has-been, Jérôme, un fan de science-fiction paumé, Mathilde, une romancière à l’eau de rose, et Marco, un débutant (le narrateur).

      Les scénaristes, libres de toute pression d’Audimat, se voyant offrir une totale liberté d’imagination, créent des personnages et des situations totalement décalés. Grâce aux insomniaques, aux malades et aux travailleurs de nuit, la série, baptisée Saga, connaît un immense succès…

      Réalisée par un groupe d’artistes ayant un point d’ancrage à Douarnenez de façon permanente ou temporaire, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre les scénaristes oubliés de Saga et les artistes éloignés du Finistère.

      La cascadeure s’inspire également des avant-gardes historiques qui, à Paris au début du XXe siècle, ont donné lieu à des collaborations artistiques et à des œuvres collectives d’une grande nouveauté comme le ballet réaliste en un acte Parade (1917), écrit par Jean Cocteau, dont les décors et costumes ont été réalisés par Pablo Picasso et la musique écrite par Érik Satie.

      Le projet La cascadeure est donc une œuvre collective, écrite, réalisée, montée, fabriquée par un groupe d’artistes plasticiens passionnés de séries, de fantastique et de surnaturel, réunis ici à la fois pour leurs compétences variées et leurs univers respectifs, particulièrement marqués. Des situations étranges mises en scène par Virginie Barré aux dessins sombres d’Olivier Nottellet, des performances de Lili Reynaud Dewar à l’esthétique pop des sculptures de Bruno Peinado, des aquarelles éthérées de Julien Gorgeart ou de celles de Camille Girard & Paul Brunet aux peintures de Romain Bobichon, des objets plein d’humour de Florence Doléac aux installations de Yoan Sorin… Autant d’univers qui ouvrent l’imaginaire.

      Partant d’une situation et d’une géographie donnée, la série La cascadeure est centrée sur un personnage, Amédée, qui revient dans sa ville natale après un accident qui ne lui permet plus d’exercer son métier de cascadeuse. Elle y retrouve sa mère et des connaissances qui au fil des épisodes deviennent de plus en plus étranges. Des phénomènes inexpliqués, comme la nuit qui tombe à n’importe quel moment de la journée, se produisent. Nous découvrons alors un passé personnel chargé et une histoire collective marquée par le traumatisme…

      Avec une légèreté surprenante et non sans humour, la série s’enfonce progressivement dans un monde paranormal – mais réaliste –, jusqu’à s’y retrouver totalement immergée. Il y est donc question de frontières mouvantes, de mondes parallèles, de passages, de renversements et de retournements.

    • Galerie Raymond Hains
    • 2019
    • Guillaume Pinard

    • Conférence
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/Rosso.jpg
    • 15.01.19 → 15.01.19
      Conférence
      Galerie Raymond Hains
    • Guillaume Pinard développe une œuvre polymorphe, où le dessin, la peinture et l’écriture ont une bonne part.
      Artiste doté d’une palette graphique considérable, Guillaume Pinard scrute avec une douce ironie les occurrences et les significations cachées dans toutes les formes de discours, en cherchant à vicier les hiérarchies.

      Depuis le personnage archétypal de « con-con » que l’on trouve dans ses premières expositions, jusqu’à ses œuvres récentes, son travail tient pour dénominateur commun une certaine simplicité formelle et la mise en présence de personnages énigmatiques.

      Adepte des zones et des états transitoires, Guillaume Pinard reprend volontiers à son compte la phrase de Walter Benjamin dans Le livre des passages : « Les constructions de l’histoire sont comparables à des ordres militaires qui tourmentent et casernent la vraie vie. À l’inverse, l’anecdote est comme une révolte dans la rue. Elle nous rend les choses spatialement proches, elle les fait entrer dans notre vie (…) il faut conserver cette technique de la proximité pour toutes les époques de l’histoire, au niveau du calendrier. »