• Cabinet du livre d’artiste / Éditions Incertain Sens
    • 2019
    • “Mains gantées et pieds bottés” Conférence + finissage

    • Conférence
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    • 19.03.19 → 19.03.19
      Conférence
      Cabinet du livre d’artiste / Éditions Incertain Sens
    • LE CABINET DU LIVRE D’ARTISTE PRÉSENTE :
      “Mains gantées et pieds bottés : Représentations d’armées de femmes et corps collectifs féminins”

      FINISSAGE + CONFÉRENCE
      MARDI 19 MARS
      *15h-17h30 : finissage de l’exposition “Mains gantées et pieds bottés” au CLA, en présence d’Agnès Geoffray et Lise Lerichomme.
      *17h30-19h30 : conférence de Lise Lerichomme dans le cadre des “Mardis de l’égalité” + entretien avec Agnès Geoffray
      Amphi du pôle numérique – bât. T

      EXPOSITION DU 17 JANVIER AU 19 MARS 2019
      COMMISSARIAT LISE LERICHOMME

      Les femmes en bataillons sont souvent représentées à la façon de caricatures, assignées à n’être que la répétition mécanique ou érotique d’un personnage générique. Pourtant ces alignements de pieds bottés et de mains gantées sont également des motifs émancipateurs. Face aux représentations qui ne laissent pas de place aux identités choisies et moins encore aux héroïnes, nombre d’artistes inventent de nouveaux modèles de corps collectifs et d’armées de femmes.

      Avec : Atelier McClane, Nina Childress, Coco Fusco, Agnès Geoffray, Grandville, Guerrilla Girls, Marie-Ange Guilleminot, Sharon Kivland, Barbara Kruger, Suzanne Lacy, Lennep, Violaine Lochu, Alex Martinis Roe, Meg Mateo Ilasco, Mashid Mohadjerin, Lisa Robertson & Matthew Stadler, Robida, Rosambeau, Xavier Sager, See Red Women’s Workshop, Taroop & Glabel, Miwa Yanagi, Rote Zora, etc., et les fonds iconographiques de la bibliothèque Marguerite Durand.

    • Domaine de Kerguéhennec
    • 2019
    • Rencontre et visite de l’exposition en présence de l’artiste Daniel Challe.

    • Visites commentées
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/IMG_20181019_145316.jpg
    • 03.03.19 → 03.02.19
      Visites commentées
      Domaine de Kerguéhennec
    • Visite de l’exposition, Malansac, un portrait photographique de Daniel Challe en présence de l’artiste. La visite sera suivie d’un moment d’échange autour d’une boisson chaude.

    • Archives de la critique d’art
    • 2019
    • La Critique sur le pouce

    • Rencontre
    • 27.02.19 → 27.02.19
      Rencontre
      Archives de la critique d’art
    • Mercredi 27 février 2019 – 13H
      BU centrale Rennes 2
      Salle de rencontres – 1er étage

      Créées à Rennes en 1989, les Archives de la critique d’art fêtent cette année leurs 30 ans. Pour marquer cette date anniversaire, « La Critique sur le pouce » vous invite exceptionnellement à découvrir une sélection de films et de documents sonores choisis et commentés à cette occasion.
      Invitées : Béatrice Didier, co-directrice du Point du Jour (centre d’art/éditeur) , Antje Kramer-Mallordy, enseignante-chercheuse à Rennes 2
      Rencontre animée par Sylvie Mokhtari

      Entrée libre

    • Domaine de Kerguéhennec
    • 2019
    • Atelier de pratiques artistiques avec Jean-François Baudé

    • Atelier
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/KerguehennecAtelier_4673-retouche.jpg
    • 13.02.19 → 14.02.19
      Atelier
      Domaine de Kerguéhennec
    •  

      Animés par Jean-François Baudé, artiste plasticien régulièrement invité par le Domaine, ces ateliers autour des expositions en cours sont à partager en famille.

    • Artothèque – Galerie Pierre Tal-Coat
    • 2019
    • RENC’ART Dialogue(s)… Reprises. Maryvonne Le Caignec, Marie-Josée Croizer

    • Rencontre
    • 09.02.19 → 09.02.19
      Rencontre
      Artothèque – Galerie Pierre Tal-Coat
    • Les Renc’arts sont des visites commentées qui vous invitent à prendre le temps de découvrir la démarche de l’artiste et le processus de création. Il s’agit d’un temps d’échanges convivial, ouvert à tous.

      Entrée Libre – 17h

    • Galerie Oniris ● Florent Paumelle
    • 2019
    • Soo-Kyoung Lee, Yo I Tang

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/SKL-image-actus.jpg
    • 01.02.19 → 23.03.19
      Exposition
      Galerie Oniris ● Florent Paumelle
    • Pour la première fois, la Galerie Oniris présente le travail de Soo-Kyoung Lee avec des tableaux, des peintures sur bois et des œuvres sur papier.

       

       « Dans le temps de l’épreuve picturale, je suis devant a surface vierge comme face au vide, dans une impasse. Les heures s’enchaînent sans qu’il ne se passe rien ; je ne vois rien, puis, soudain, un surgissement… Dans le cours du travail, penser et agir sont simultanés. La pensée se dévoile progressivement dans l’action de peindre. Le décalage entre penser et voir est étroit. Une action en entraîne une autre, les couleurs se confrontent et s’harmonisent dans un cheminement qui mène à l’œuvre. »

      Soo-Kyoung Lee

      L’œuvre de Soo-Kyoung est délibérément spontanée et informelle. Aucune étude préparatoire précède la réalisation d’une toile ou d’un dessin. Chaque peinture est le résultat d’une série d’étapes orchestrées par un geste libre, tout en mouvement. Le premier geste est de recouvrir le fond dans sa totalité. La couleur apposée est le point de départ : la surface est apprêtée, lisse et donne la tonalité pour la suite. Ce fond souvent monochrome permettra à l’œil du spectateur de se concentrer sur la forme. Une forme qui nait grâce à des juxtapositions, et des recouvrements de couleurs. Cette forme, ni pensée ni imaginée, apparait au fur et à mesure des passages du pinceau, et se donne à voir comme des nœuds de peinture ou des rubans qui ne cessent d’être en mouvement. Ces formes qui ne ressemblent à rien de nommable ont un aspect organique et poétique, et une énergie s’en dégage. Le mouvement semble palpable.

      Les formes épurées laissent ressentir l’énergie dans le mouvement, et le geste de la main est encore perceptible une fois l’œuvre achevée. La matière est visible et donne une force supplémentaire au tableau. Soo-Kyoung Lee joue avec la consistance de la peinture, parfois utilisant une pâte lisse et riche, avec une densité de pigmentation presque palpable, parfois au contraire en utilisant une peinture très fluide, tels des jus colorés étirés sur la toile. Ces oppositions de matières accentuent les contrastes de couleurs. L’artiste corréenne aime associer des tons foncés et profonds avec des tons beaucoup plus lumineux et vifs.

      Techniquement, Soo-Kyoung Lee explore sur la toile toutes les possibilités qu’offre l’acrylique. Sur papier, l’artiste se tourne davantage vers des juxtapositions d’acrylique et d’encre et varie les supports, comme par exemple avec la superposition de papier et de rhodoïd.

      À la suite d’une longue phase de réflexion sur le support de la peinture, Soo-Kyoung Lee a fait évoluer son œuvre en travaillant sur des éléments en bois, découpés et peints. Bien qu’en relief, il ne faut pas les considérer comme des sculptures mais plutôt comme des éléments complémentaires aux œuvres sur toile. Avec les peintures sur bois, c’est comme si les motifs des toiles étaient détachés pour vivre de manière autonome dans un espace tangible.

      Pour la première exposition personnelle de Soo-Kyoung Lee, la Galerie Oniris expose toutes les facettes du travail de l’artiste franco-coréenne : des toiles, des œuvres sur bois et des œuvres sur papier sont à découvrir. L’exposition intitulée « Yo I Tang », onomatopée coréenne utilisée pour signaler le départ d’une course, marque le début d’une nouvelle collaboration, agrandissant la liste des artistes « nouvelle génération » de la galerie Oniris.

       

      Exposition réalisée avec le soutien aux galeries / expositions du CNAP — Centre National des Arts Plastiques

    • Galerie Art & Essai
    • 2019
    • project room : Capucine Vandebrouck, Variations

    • Exposition
    • 01.02.19 → 07.03.19
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • John Cornu : C’est avec plaisir que nous présentons à Art & Essai certaines de tes pièces sous l’égide d’un titre : « Variations ». Tu élabores cette exposition depuis quelques temps maintenant et une première question se fait sentir. Pas des moindres… Pourrais-tu essayer de nous décrire les étapes relatives à la création de tes pièces ? Existe-t-il des constantes (intentions, références, intuitions, accidents, hasards…) et penses-tu différemment la création du format « pièce » et la mise en œuvre du format « exposition » ?

      Capucine Vandebrouck :S’il existe une constante, ce serait celle de la connivence que j’entretiens avec l’ordinaire. Je rencontre les matériaux avec lesquels je travaille dans mon environnement proche, là où je vis ou travaille. Par exemple, j’ai commencé à travailler avec l’eau en 2014 lors d’un long séjour à Montréal, où la neige et la glace étaient des matériaux omniprésents et gratuits. Puis, l’année dernière, de violents orages ont endommagé les murs de mon atelier en laissant ainsi la possibilité à l’eau de s’infiltrer pour y former plusieurs flaques. L’eau est un matériau fascinant, insaisissable, qui semble-t-il me poursuit. Quant à ta seconde question, j’élabore dans mon travail des scénarios de l’ordre d’un « faire être » ou d’un « faire exister », les éléments matériologiques que j’utilise relèvent bien souvent d’une condition performative. Le format « pièce » est le temps dans lequel s’inscrit l’écriture de scenarii pour les matériaux, et le format « exposition » est celui de la mise en scène de dispositifs autour de processus vivants ou survivants. Ces dispositifs sont des arrêts sur images, des incarnations transitoires d’une forme de temporalité.

      J.C. : L’eau, le feu, la pierre et la cristallisation, la lumière… Autant de nourritures poétiques qui pourraient nous évoquer des lectures comme celles de Gaston Bachelard, de Roger Caillois, de Gilbert Durant ou encore des productions littéraires comme celles d’Albert Camus ou de François Augiéras… Peux-tu nous dévoiler un peu les lectures qui accompagnent ou participent à ton imaginaire ?

      C.V. : J’admire particulièrement l’œuvre de Gaston Bachelard, notamment lorsqu’il parle « d’imagination matérielle ». En analysant et transformant différents phénomènes naturels (un feu de cheminée, une rivière qui coule…), il dilate notre perception de la matière. Lorsque je lis L’Eau et les rêvesou La Flamme d’une chandelle, j’ai la sensation qu’il sculpte notre rapport avec l’espace et les quatre éléments, et nous propose une nouvelle façon d’habiter la réalité qui nous entoure. Son exploration des propriétés oniriques de la matière nous rappelle que la poétique de l’ordinaire se construit grâce à la mémoire, à ce qu’apportent au présent les souvenirs passés et les réminiscences d’images archaïques. Cette idée qu’une matière puisse témoigner intrinsèquement de multiples temporalités, celle d’un présent, d’un passé et peut-être d’un futur, accompagne mon imaginaire.

      « L’eau est vraiment l’élément transitoire. Il est la métamorphose ontologique essentielle entre le feu et la terre. L’être voué à l’eau est un être en vertige. Il meurt à chaque minute, sans cesse quelque chose de sa substance s’écoule. La mort quotidienne n’est pas la mort exubérante du feu qui perce le ciel de ses flèches ; la mort quotidienne est la mort de l’eau. L’eau coule toujours, l’eau tombe toujours, elle finit toujours en sa mort horizontale. »1

      André Breton – Les Vases communicants,Nuccio Ordine – L’utilité de l’inutile, Ghérasim Luca – Héros-Limite, Rimbaud – Une saison en enfer, Illuminations,Paul Virilio – Esthétique de la disparition: sont les livres qui habitent ma table de nuit. Je tiens également à partager un poème que j’affectionne particulièrement en ce moment, rempli de sens, plein de non sens, mais pas vide de bon sens !

      « le vide vidé de son vide c’est le plein le vide rempli de son vide c’est le vide le vide rempli de son plein c’est le vide le plein vidé de son plein c’est le plein le plein vidé de son vide c’est le plein Je vide vidé de son plein c’est le vide le plein rempli de son plein c’est le plein le plein rempli de son vide c’est le vide le vide rempli de son vide c’est le plein le vide vidé de son plein c’est le plein le plein rempli de son vide c’est le plein le plein vidé de son vide c’est le vide le vide rempli de son plein c’est le plein le plein vidé de son plein c’est le vide le plein rempli de son plein c’est le vide le vide vidé de son vide c’est le vide c’est le plein vide le plein vide vidé de son plein vide de son vide vide rempli et vidé de son vide vide vidé de son plein en plein vide »2

      J.C. : Le fait d’utiliser ton quotidien, de travailler avec « ton environnement proche » me ramène au livre de Clément Rosset intitulé Le réel et son double(vieille lecture que j’aime re-parcourir) et plus particulièrement le chapitre orienté sur « L’illusion métaphysique »… L’auteur tente d’expliquer, entre autres, que le monde que nous qualifions de réel dans le langage courant n’est en fait qu’un « mauvais double », une « duplication falsifiée »… Bref nos modalités sensibles, perceptives et interprétatives impliqueraient une forme de réalité certes analogique – au moins en partie – mais aussi le fait de représentations mentales qui troublent d’emblée l’idée d’une réalité au sens strict du terme. Ces questionnements interviennent-ils dans le « logiciel créatif » qui anime et détermine tes productions ?

      C.V. : Dans ta précédente question tu parles de « nourritures poétiques ». Le terme de poésie renvoie au verbe grec poieinqui signifie faire, produire, transformer de la matière en avenir, et Aristote dans la Poétiqueen réduit l’usage à la représentation du réel (ou mimésis) obtenue par des moyens langagiers spécifiques. En déplaçant des matériaux de leur contexte initial, et en jouant avec les codes du réel et de sa représentation, mon travail se situe dans une démarche poétique. Cette posture sert mon « logiciel créatif » dans son approche de la réalité et du réel. Si le réel est l’effectif ou le concret, alors la réalité est le sentiment du réel. Je souhaite parler de réalité à partir du réel. En créant bien souvent de la présence dans un lieu d’absence, je tente de fournir la preuve de cette réalité imperceptible, un entre deux dans la compréhension et la lecture du réel. Mon champ d’action se situe dans cet espace entre le tangible et l’intangible.

      J’admire particulièrement les œuvres de certains peintres, comme Sébastien Stoskopff, artiste alsacien du XVIIesiècle, avec ses différentes natures mortes aux verres ou Gerhard Richter pour sa série autour de la bougie. Dans les deux cas, c’est un jeu poétique constant entre la représentation matérielle de la réalité et le réel, dans une volonté de nous rappeler le caractère transitoire de toute chose. Ils se situent à mon sens dans une forme d’intemporalité en prenant comme sujet même le temps qui passe. Ils magnifient un quotidien oublié, non pas par la sacralisation de l’objet, mais plutôt en mettant en avant toute la complexité qui peut en jaillir en le rendant singulier. Cette quête de l’émerveillement est quelque chose qui m’anime, c’est un engagement intérieur essentiel et c’est aussi un acte de résistance, lutter pour ne pas succomber à la cécité. Les réalités les plus évidentes, les plus perceptibles et sans doute les plus fondamentales, sont souvent les plus difficiles à voir.

      J.C. : C’est réellement intéressant de comprendre ton positionnement référentiel au regard de tes productions artistiques. J’aimerais terminer ce petit échange par une autre interrogation. Tu es probablement au fait d’un ouvrage sous la direction d’Yves Citton au sein duquel un des auteurs, Martial Poirson, s’exprime en ces termes : « Nous évoluons dans un environnement de plus en plus stylisé, scénographié et scénarisé où l’activité artistique se voit désormais incorporée à l’univers économique, réinscrite dans le monde marchand, au titre de mode de signalisation ou de système d’alerte, autrement dit de sélection, à la manière des « signaux coûteux » décrits par Schaeffer à propos des oiseaux-berceaux […] »3.

      En d’autres termes, l’idée d’économie de l’attention recoupe l’approche de Michel Menger et il est facile de vérifier que beaucoup d’acteurs du monde de l’art – dont certains artistes – instrumentalisent ce système pour exister/co-exister. Beaucoup de foires, de galeries, de revues se complaisent dans des logiques ostentatoires et vont produire une sorte d’adhésion alors même que l’on ne parle plus vraiment d’art. En revanche, j’ai la sensation que cette approche de l’économie de l’attention pourrait se retourner comme un gant au regard de tes propos mais aussi au regard d’autres artistes comme Dominique Ghesquière, Guillaume Leblon et pourquoi pas Michel Verjux ou Nancy Holt. Soient des artistes dont la production implique le fait de « réapprendre » à voir aussi bien dans l’acte de création que dans l’acte de réception. Les pièces que tu as sélectionnées pour Art & Essai sont-elles sous-tendues par cette idée d’un déplacement de nos habitusen terme d’attention ?

      C.V. : Toute la complexité est là, garder une juste mesure entre la réalité vénale du marché de l’art, et une approche intègre et singulière à l’égard de son travail. Ce déplacement d’attention dont tu parles pertinemment bien, intervient chez moi grâce à la curiosité et à l’étonnement qui permettent à mon regard de se rendre mobile. L’étonnement n’est pas un sentiment qu’on éprouve souvent, et c’est pour cette raison qu’il est intense. S’étonner pour moi, c’est l’amorce qui nous offre la possibilité de contourner une vérité qu’on pense absolue dans l’attention que l’on porte aux choses. C’est un travail sur le long terme, ça s’apprend, se cultive et se partage. C’est aussi une sorte de rite processuel du regard et de la pensée, je dirais qu’il faut prendre le temps, ne pas aller trop vite, contempler, ressentir, être en alerte, revenir, comme lorsque l’on cherche à croiser un animal sauvage en forêt.

      _
      1. Gaston Bachelard, L’Eau et les rêves, Essai sur l’imagination de la matière, Paris, Librairie générale française, 1998, Le Livre de Poche-Biblio Essais,  p. 13.

      2. Ghérasim Luca, Autres Secrets du Vide et du Plein (1913-1994) – Héros-Limite (1953), éditions Le Soleil Noir, réédité par les éditions Corti en 1985.

      3. Martial Poirson, « Capitalisme artiste et optimisation du capital attentionnel » in L’économie de l’attention, Nouvel horizon du capitalisme ?, sous la direction de Yves Citton, Éditions La Découverte, 2014, p. 273.

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      Née en 1985 (France), Capucine Vandebrouck vit et travaille à Strasbourg.

       

    • Galerie Art & Essai
    • 2019
    • Estèla Alliaud & Claire Chesnier, Une réserve de nuit

    • Exposition
    • 01.02.19 → 07.03.19
      Exposition
      Galerie Art & Essai
    • Respectivement sculpteur et peintre, Estèla Alliaud et Claire Chesnier souhaitent faire de cette exposition le lieu d’une rencontre des regards considérant le temps qui se dépose avec lui. Leurs œuvres silencieuses et puissamment arrimées à la présence, seule, nue, sans anecdote, dialoguent naturellement de tensions douces en chocs arides. « Réserve de nuit », titre emprunté au poète Philippe Jaccottet, dit le lien ténu mais éprouvé dans la résistance, d’œuvres pleines de l’épaisseur de l’air, de gestes qui sombrent, d’appels clairs.

      Estèla Aillaud : S’il est toujours difficile de se souvenir le moment précis où une relation a pris une nouvelle tournure, je crois que nos échanges se sont chargés d’une nouvelle densité le jour où nous nous sommes trouvées cette bibliothèque commune. Un ensemble de livres auxquels nous portions le même attachement. Je crois me souvenir qu’il faisait nuit et que c’était devant un café.

      J’évoque la nuit parce que le rapport à la lumière traverse nos préoccupations à chacune, sa présence comme son absence. C’est pourquoi, je crois, emprunter un fragment à une de nos lectures communes (Philippe Jaccottet), comme titre de cette exposition nous est apparu comme une évidence. Je me souviens que nous nous sommes demandées si dire la lumière ce n’était pas oublier la nuit mais dans cette hésitation elle trouve sa place, je crois, comme dans nos travaux à toutes les deux. Je crois que ce qui est intéressant c’est justement ce moment où le regard hésite entre la nuit et le jour, l’ombre ou la lumière, c’est justement dans ces incertitudes visuelles que tout semble possible.

      Tout à l’heure tu m’évoquais ces rapprochements en gestes et en matière ?

      Claire Chesnier : Oui, les gestes pour étendre sont aussi ceux de la nuit. Ils cherchent à taire tout en faisant la lumière. Une histoire de nuit qui se dépose sans faire le noir. La matière se définit mal, elle tangue avec l’incertitude du regard qui glisse d’une incandescence à un « socle de brume ». La coïncidence de ces écrits qui nous lient fonde un rien, un très peu, presque faible. Pas le hasard, mais un simple compagnonnage. C’est pourtant un commencement. Une certaine conscience du pas, de la main qui pose le blanc, le bois, le métal et l’encre. Un certain balancement du cœur aussi, au ras de terre. C’est un peu comme si le bougé des couleurs trouvait son reflet sans image dans la compacité d’un blanc de plâtre qui n’a rien de l’oubli, qui marque le lieu et la rencontre.

      Le blanc habiterait-il pour toi une « réserve de nuit » ?

      E.A. : J’aime bien l’idée que tu me poses cette question tout en sachant que rédiger sa réponse blanchira ma nuit.

      Il y a toutes sortes de blancs et si le blanc peut dire la lumière, il peut tout aussi bien dire la nuit. C’est justement toute la question de la sculpture : comment l’ombre et la lumière cohabitent ou se frictionnent pour donner forme au volume.

      C’est ce qui m’intéresse dans l’utilisation du plâtre comme matière première : réduire la palette au minimum, une seule teinte de départ : le blanc, mais dont les nuances vont être données par les creux et les aspérités de la forme. Il s’agit de parler des variations de teintes de façon très resserrée.

      Je suis très heureuse que pour cette exposition nos travaux entrent en résonnance car, justement, nous abordons la couleur de façon très différente. J’aimerai que tu évoques ton rapport à la réserve, celle du papier, là où la couleur ne va pas ou bien a contrariolà où la couleur déborde. J’ai pensé à cela en voyant à l’atelier tes peintures récentes, au mur. Je me souviens m’être approchée pour lire les bords de ta peinture, voir où le support s’arrêtait, alors que sur certaines de tes productions plus antérieures, toute la liquidité de l‘encre est contenue à l’intérieur du format, entourée du blanc du papier, un geste du bord qui dessine une forme.

      C.C. : Ton blanc reçoit l’ombre. Il est cette modulation fine qui révèle l’espace qu’il habite. Le blanc de mon papier est un excès. Qu’il soit rendu visible comme dans les précédents travaux par une couleur, retenue en ses bords, ou qu’elle soit seulement perceptible du dessous de voiles d’encre, elle est ce qui déborde. Les peintures ici mises en regard avec tes sculptures sont des plein ciels. Avec elles, j’accepte le débord (lumière excessive, matière excentrique et geste de débordement). Avec lui, le vertige. Je n’ai plus de repère, presque plus de composition, de dessin. La réserve de blanc est à demeure de la couleur, pans de transparence. L’épousage du papier à l’encre est ce qui retient l’opacité dans le clair, réserve l’ombre aux transparences du sombre.

      Peut-être cette rencontre de nos nuits peut-elle être le lieu d’une infusion de ton blanc dans mes couleurs et que les couleurs renvoient leur reflet sans sujet dans le ramassé de tes blocs de gestes et de temps.

      _
      Estèla Alliaud et Claire Chesnier, nées toutes deux en 1986 (France), vivent et travaillent à Paris. Leurs œuvres sont régulièrement exposées en France et à l’étranger et visibles dans plusieurs collections publiques et privées. 

       

    • Le Bon Accueil
    • 2019
    • The Mirror of Daisy Bell, Mariska de Groot

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/mariska_screen.jpg
    • 25.01.19 → 24.02.19
      Exposition
      Le Bon Accueil
    • Inspirée par l’histoire du son optique au cinéma, entre archéologie des médias et cinéma élargi, Mariska de Groot développe depuis plusieurs années des installations -sonores, lumineuses et cinétiques- , des performances, en se réappropriant le Variophone de Yevgeny Sholpo (1891-1951). Le Variophone,  l’un des systèmes mis au point en URSS dans les années 30 pour créer par impression  directe sur la bande optique des sons de synthèse, avait la particularité de se composer d’un système de roues diversement perforées pour moduler la lumière.

      L’artiste néerlandaise s’est réapproprié ce dispositif, qui d’objet technique destiné à la seule impression sur film, devient l’élément central de son installation composée de grands disques ajourés. Ces derniers, mis en rotation, laissent passer par intermittence la lumière d’un projecteur dirigé vers une cellule photoélectrique avec pour fonction de traduire en signal électrique les variations d’intensité lumineuse. Une chaine de transductions qui aboutit à la génération de vibrations sonores diffusées dans l’espace d’exposition.
      En déplaçant au centre de l’œuvre ce qui se trouve habituellement derrière le spectateur, dans la cabine de projection où le studio de montage, Mariska de Groot  invite à une expérience de cinéma élargi, où le dispositif devient le film.

      Le titre de l’exposition fait pour partie référence au sélénium, un oligoélément utilisé dans les capteurs photoélectriques utilisés dans la technique du son optique. L’inventeur du photophone, Alexander Graham Bell, pensait nommer sa fille “Selenium” avant de renoncer et lui donner le nom de Daisy.

    • La Criée centre d’art contemporain
    • 2019
    • David Horvitz, La forme d’une vague à l’intérieur d’une vague

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/affiche_DavidHorvitz_LaCriee_V12.jpg
    • 19.01.19 → 10.03.19
      Exposition
      La Criée centre d’art contemporain
    • Pour son exposition personnelle, l’artiste californien David Horvitz propose une variation et un échange autour de nos perceptions du temps et de l’espace. Son travail prend forme dans des médias variés, que ceux-ci soient matériels (photographies, livres, performances, sculptures) ou immatériels (interventions sur le web, récits, rumeurs). Héritier des romantiques autant que des conceptuels, il pratique un art du jeu, de la surprise, du rhizome et de la circulation.

      À La Criée centre d’art contemporain, David Horvitz choisit un élément de la culture immatérielle bretonne comme matière première de l’œuvre centrale de l’exposition : Berceuse pour un paysage est une installation de quarante cloches tubulaires en laiton, suspendus à la charpente du bâtiment, qui composent les quarante notes de la mélodie traditionnelle Luskellerez Vor (Berceuse de la Mer). Les cloches sont activés à deux occasions par des musiciens professionnels, lors de performances. Le reste du temps, c’est à chaque visiteur de les mettre en musique et d’en proposer une interprétation, à son rythme autant qu’à sa mesure.

      La place du·de la visiteur·se est centrale pour David Horvitz, qui se plaît à créer un rapport d’échange avec lui·elle et à l’inclure dans le processus de son œuvre. Ainsi, pour toi, nuage, pluie, rivière, source, mer, océan, lac, neige, rosée, glace, buée, onde, le·la spectateur·rice est invité·e à utiliser librement les tampons encreurs posés sur une table, à proximité d’un tas de feuilles, puis à repartir avec sa composition. De même avec Nostalgia (15 000 photographies numériques, supprimées à La Criée à Rennes, France, entre le 18 janvier et le 10 mars 2019), un diaporama de quinze-mille images issues des archives photographiques de l’artiste. Un programme informatique diffuse chacune d’elle puis la supprime définitivement : nous sommes les seuls à la voir à cet instant et les seuls à la voir disparaître.

      Issu d’une pratique nomade, simple et quotidienne, l’art de David Horvitz est également un art du déplacement. Carte de Bretagne un mercredi est un bouquet composé des mêmes fleurs, provenant de différents lieux – électifs – de Bretagne, mais collectées le même jour. Les affiches de Propositions pour horloges sont dispersées dans la ville, s’offrant subrepticement au regard des passants. Temps et espace s’entrecroisent ainsi pour créer une géopoétique, où la subjectivité de l’artiste se mêle à nos imaginaires.

      Il y a chez David Horvitz une joie et une simplicité à vivre et à œuvrer, à modeler des idées autant que des formes, à flouter les limites entre art et vie, temps et espace, qui relèvent de l’évidence. De l’échappée aussi.

      Le titre de l’exposition de David Horvitz (The shape of a wave insite of a wave) est emprunté à un poème de David Antin.

    • 40mcube
    • 2019
    • Virginie Barré, Romain Bobichon, Julien Gorgeart, La cascadeure

    • Projection
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/lacascadeur_4_web2.jpg
    • 17.01.19 → 19.01.19
      Projection
      40mcube
    • Initiée par les artistes Virginie Barré, Romain Bobichon et Julien Gorgeart, la série La cascadeure est un projet collectif rassemblant les artistes Pierre Budet, Camille Girard & Paul Brunet, Lili Reynaud Dewar, Florence Doléac, Olivier Nottellet, Bruno Peinado, Yoan Sorin. Celle-ci prend sa source dans une combinaison de faits concrets et de références multiples.

      La première de ces références est le roman Saga (1997) de Tonino Benaquista. Dans celui-ci, une chaîne de télévision privée doit produire un feuilleton pour répondre aux impératifs de création française imposés par les pouvoirs publics. Ne songeant qu’à réduire les frais, elle se décide pour une sitcom tournée avec un strict minimum de moyens financiers, qu’elle diffusera au beau milieu de la nuit. Certaine d’une audience extrêmement réduite, elle engage pour écrire le script quatre scénaristes au chômage : Louis, un has-been, Jérôme, un fan de science-fiction paumé, Mathilde, une romancière à l’eau de rose, et Marco, un débutant (le narrateur).

      Les scénaristes, libres de toute pression d’Audimat, se voyant offrir une totale liberté d’imagination, créent des personnages et des situations totalement décalés. Grâce aux insomniaques, aux malades et aux travailleurs de nuit, la série, baptisée Saga, connaît un immense succès…

      Réalisée par un groupe d’artistes ayant un point d’ancrage à Douarnenez de façon permanente ou temporaire, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre les scénaristes oubliés de Saga et les artistes éloignés du Finistère.

      La cascadeure s’inspire également des avant-gardes historiques qui, à Paris au début du XXe siècle, ont donné lieu à des collaborations artistiques et à des œuvres collectives d’une grande nouveauté comme le ballet réaliste en un acte Parade (1917), écrit par Jean Cocteau, dont les décors et costumes ont été réalisés par Pablo Picasso et la musique écrite par Érik Satie.

      Le projet La cascadeure est donc une œuvre collective, écrite, réalisée, montée, fabriquée par un groupe d’artistes plasticiens passionnés de séries, de fantastique et de surnaturel, réunis ici à la fois pour leurs compétences variées et leurs univers respectifs, particulièrement marqués. Des situations étranges mises en scène par Virginie Barré aux dessins sombres d’Olivier Nottellet, des performances de Lili Reynaud Dewar à l’esthétique pop des sculptures de Bruno Peinado, des aquarelles éthérées de Julien Gorgeart ou de celles de Camille Girard & Paul Brunet aux peintures de Romain Bobichon, des objets plein d’humour de Florence Doléac aux installations de Yoan Sorin… Autant d’univers qui ouvrent l’imaginaire.

      Partant d’une situation et d’une géographie donnée, la série La cascadeure est centrée sur un personnage, Amédée, qui revient dans sa ville natale après un accident qui ne lui permet plus d’exercer son métier de cascadeuse. Elle y retrouve sa mère et des connaissances qui au fil des épisodes deviennent de plus en plus étranges. Des phénomènes inexpliqués, comme la nuit qui tombe à n’importe quel moment de la journée, se produisent. Nous découvrons alors un passé personnel chargé et une histoire collective marquée par le traumatisme…

      Avec une légèreté surprenante et non sans humour, la série s’enfonce progressivement dans un monde paranormal – mais réaliste –, jusqu’à s’y retrouver totalement immergée. Il y est donc question de frontières mouvantes, de mondes parallèles, de passages, de renversements et de retournements.

    • Cabinet du livre d’artiste / Éditions Incertain Sens
    • 2019
    • “MAINS GANTÉES ET PIEDS BOTTÉS : Représentations d’armées de femmes et corps collectifs féminins”

    • Conférence
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/visuel-2.jpg
    • 17.01.19 → 19.03.19
      Conférence
      Cabinet du livre d’artiste / Éditions Incertain Sens
    • EXPOSITION DU 17 JANVIER AU 19 MARS 2019
      COMMISSARIAT LISE LERICHOMME
      VERNISSAGE JEUDI 17 JANVIER À 18H
      FINISSAGE MARDI 19 MARS DE 15H À 17H30
      CONFÉRENCE PAR LISE LERICHOMME MARDI 19 MARS DE 17H30 À 19H30

      Les femmes en bataillons sont souvent représentées à la façon de caricatures, assignées à n’être que la répétition mécanique ou érotique d’un personnage générique. Pourtant ces alignements de pieds bottés et de mains gantées sont également des motifs émancipateurs. Face aux représentations qui ne laissent pas de place aux identités choisies et moins encore aux héroïnes, nombre d’artistes inventent de nouveaux modèles de corps collectifs et d’armées de femmes.

      Avec : Atelier McClane, Nina Childress, Coco Fusco, Agnès Geoffray, Grandville, Guerrilla Girls, Marie-Ange Guilleminot, Sharon Kivland, Barbara Kruger, Suzanne Lacy, Lennep, Violaine Lochu, Alex Martinis Roe, Meg Mateo Ilasco, Mashid Mohadjerin, Lisa Robertson & Matthew Stadler, Robida, Rosambeau, Xavier Sager, See Red Women’s Workshop, Taroop & Glabel, Miwa Yanagi, Rote Zora, etc., et les fonds iconographiques de la bibliothèque Marguerite Durand.

      + FINISSAGE DE L’EXPOSITION “Mains gantées et pieds bottés” mardi 19 mars 2019, en présence d’Agnès Geoffray et Lise Lerichomme, suivi d’une CONFÉRENCE de Lise Lerichomme, de 17h30 à 19h30, dans le cadre des “Mardis de l’égalité”, Amphi du Pôle numérique – Bât.T.
      Université Rennes 2 / Place du recteur Henri Le Moal
    • Galerie Raymond Hains
    • 2019
    • Guillaume Pinard

    • Conférence
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/Rosso.jpg
    • 15.01.19 → 15.01.19
      Conférence
      Galerie Raymond Hains
    • Guillaume Pinard développe une œuvre polymorphe, où le dessin, la peinture et l’écriture ont une bonne part.
      Artiste doté d’une palette graphique considérable, Guillaume Pinard scrute avec une douce ironie les occurrences et les significations cachées dans toutes les formes de discours, en cherchant à vicier les hiérarchies.

      Depuis le personnage archétypal de “con-con” que l’on trouve dans ses premières expositions, jusqu’à ses œuvres récentes, son travail tient pour dénominateur commun une certaine simplicité formelle et la mise en présence de personnages énigmatiques.

      Adepte des zones et des états transitoires, Guillaume Pinard reprend volontiers à son compte la phrase de Walter Benjamin dans Le livre des passages : « Les constructions de l’histoire sont comparables à des ordres militaires qui tourmentent et casernent la vraie vie. À l’inverse, l’anecdote est comme une révolte dans la rue. Elle nous rend les choses spatialement proches, elle les fait entrer dans notre vie (…) il faut conserver cette technique de la proximité pour toutes les époques de l’histoire, au niveau du calendrier. »

    • L’aparté, lieu d’art contemporain
    • 2019
    • Exposition Corentine Le Pivert et Nicolas Gérot, “J’aimerais que Yono Ono vienne à mon vernissage. – Mais yes !”

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/C.LePivert_N.Gerot_expo_aparte.png
    • 14.01.19 → 01.03.19
      Exposition
      L’aparté, lieu d’art contemporain
    • Corentine Le Pivert et Nicolas Gérot ont entamé leur collaboration en 2010 par le biais d’abord de la musique puis rapidement sous la forme d’un projet artistique commun où se mêlent rêves d’exploration, storytelling, bricolage, science-fiction des années 1950 et une certaine improvisation.

      Tout au long de leur temps de résidence à L’aparté, les deux artistes ont entretenu une correspondance écrite, façonnant ainsi le récit comme fil conducteur de leur travail. Entre divagations prosaïques et fictions à quatre mains, l’exposition matérialise ces échanges sous forme d’installations mêlant plusieurs techniques (sculpture, vidéo, dessin) et permet aux artistes de poursuivre le développement d’un univers personnel empreint d’étrangeté, tout en partageant leurs dialogues avec le spectateur. Une sélection de ces textes figure dans l’édition Correspondance, à la fois point de départ et notice de l’exposition.

      Pour ces deux rennais originaires de Brest, Trémelin leur est apparu comme un lieu qui semblait hors de notre espace-temps. Le récit fictionnel qu’ils développent dans l’édition Correspondance traite de la disparition prochaine de l’univers. Alors que l’univers s’évapore, la seule zone visible est le lac de Trémelin, théâtre de différentes histoires où plusieurs personnages venant de mondes parallèles se croisent sans toujours se voir : Arthur et Martha, Georges Brassens, une jeune fille, des motards rockeurs, deux cosmonautes…

      À l’entrée de la salle d’exposition, un petit écran de télévision nous montre l’errance d’un cosmonaute perdu. Son scaphandre et sa combinaison sont posés au sol. Deux acryliques sur contreplaqué ainsi qu’une bannière en toile de coton font office de décor. Le monde, lui, est en train de disparaître figure, comme son titre l’indique, un effacement progressif du paysage, presque doux, comme si petit à petit l’univers se gommait. Anagramme de « L’aparté Trémelin », Art lent, rime pâle se situe entre message codé et carte géographique.

      Corentine Le Pivert et Nicolas Gérot accordent une place importante à la construction de leur propre mobilier. Ici, il s’agit d’une armoire de style moderniste transformée en table et étagères. Ces éléments servent de support à une série de trente-cinq sculptures en argile composée de figures de jeu d’échecs ainsi que de formes variées. Les pièces ne constituent pas un jeu d’échecs complet : les règles sont à réinventer. Quant au mobilier, il date peut-être de l’époque où Yoko Ono avait imaginé, dans l’œuvre Chess (1966), un jeu d’échecs composé uniquement de pions blancs.

    • Atelier d’Estienne
    • 2019
    • François Avril, Perspectives      

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/ACB-A4-AFFICHE-FRANÇOIS-AVRIL-11.jpg
    • 12.01.19 → 17.03.19
      Exposition
      Atelier d’Estienne