• Passerelle Centre d’art contemporain
    • 2021
    • Les géants

    • Exposition
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    • 11.06.21 → 11.09.21
      Exposition
      Passerelle Centre d’art contemporain
    • Fruit d’un partenariat entre le musée des beaux-arts de Brest et Passerelle Centre d’art contemporain, l’exposition Les géants rassemble les œuvres récentes de l’artiste Pascal Rivet (né en 1966 à Quimper, France).  Voyant le jour dans le contexte du Tour de France, Brest ville départ de l’édition 2021, Les géants est à la fois une occasion de découvrir les dernières peintures de l’artiste et une célébration du cyclisme.

      Depuis les années 1990, Pascal Rivet s’intéresse au monde du sport en s’appropriant l’image de champion.e.s ou en rejouant des moments clefs de compétions. Il s’est grimé en footballeur avec Eric Cantona, en joueuse de tennis avec Mary Pierce ou encore en cycliste avec Marco Pantani. Le cercle du vélo a été une inspiration particulière mêlant la figure héroïque et sérieuse du coureur à un humour tantôt bienveillant, tantôt grinçant. C’est ainsi qu’en 2021 l’on retrouve la fascination de Pascal Rivet pour ce monde à part entière.

      Se considérant comme un artiste-ethnographe, il déclare volontiers, non sans second degré, « Au lieu de tracer une route rectiligne, j’ai essayé de me perdre ». S’il a débuté sa carrière en empruntant le langage formaliste et minimal des grands sculpteurs abstraits dont Anthony Caro ou Richard Serra, il a rapidement choisi de maquiller la réalité avec des sculptures réalistes mais bancales, réalisées dans des matériaux – a priori – inappropriés.

      Ce nouveau projet Les géants est une réponse de Pascal Rivet à l’invitation de Passerelle dans le cadre du Tour de France. Cette année, Brest est la ville départ du tour, un événement rare et festif ; c’est ce contexte réjouissant et rassembleur qui sert d’inspiration à l’artiste.

      Le titre « Les géants » rend hommage autant au caractère présumé héroïque des cyclistes d’une grande peinture éponyme de l’artiste, qu’à leur taille puisque l’œuvre mesure près de 8 m de long. Le motif n’est pas réaliste, il est brouillé, comme si l’image avait subi une onde de choc. Les sportifs de la peinture chutent, la dislocation de l’image laisse place à celle des corps des hommes. Cet accident devient hallucination, évoquant tout autant la prise de substance comme des drogues récréatives ou dopantes, qui sont indéniablement liées – malheureusement – à l’histoire du cyclisme moderne, qu’à l’instant immédiat après la chute durant lequel l’état de K.O. brouille la vision et altère les sens. Ce spectacle de débâcle évoque les grandes peintures de batailles épiques comme celles d’Uccello, le maître de la Renaissance florentine ou celles de moments désastreux à l’image du fameux Radeau de la Méduse (1818-1819) de Géricault. Cette chute dans laquelle les cyclistes sont entraînés est irrémédiable, aussi cruelle qu’elle puisse être, elle fait partie de ce sport et de ses enjeux compétitifs. En outre, cette peinture contrariée est, pour l’artiste, le miroir de cette période troublée que nous vivons.

      Cette immense peinture fonctionne également tel un puzzle dans l’exposition elle-même. Une série de peintures complète l’œuvre centrale ; elles sont des fragments réduits de la grande peinture. Si l’image était encore lisible dans sa version intégrale, elle s’échappe ici au regard en devenant complètement abstraite. L’œuvre de Pascal Rivet possède ce caractère permanent du ludique, celui d’une création joyeuse malgré les circonstances.

    • Passerelle Centre d’art contemporain
    • 2021
    • Les Arrivées

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/Achraf-Touloub-007.jpg
    • 11.06.21 → 11.09.21
      Exposition
      Passerelle Centre d’art contemporain
    • Passerelle accueille la première exposition monographique d’Achraf Touloub en institution en France. Dans son œuvre, Achraf Touloub (né en 1986 à Casablanca) s’applique à penser les dimensions initiatiques et immersives propres aux outils technologiques qui, de manière paradoxale, font écho aux stratégies de représentations d’un temps primordial.

      Pour lui, l’art dit « Traditionnel » est porteur d’une dimension immersive qui brouille les frontières entre l’objet observé et l’observateur. Les représentations qu’il génère ne fonctionnent pas comme des fenêtres sur le monde, mais plutôt comme des environnements permettant d’accéder à d’autres univers ou d’autres états de conscience. D’après l’artiste, l’une des grandes clefs de compréhension de notre temps consiste à « saisir les liens complexes et intimes entre le développement de la technologie (notamment la dématérialisation) et la tradition, qui toutes deux invitent à des expériences charnelles et immersives ».

      L’artiste s’interroge sur ce qui construit et définit aujourd’hui le « réel » ; notre rapport au numérique et son influence sur nos vies le questionnent particulièrement. Avec Internet, un univers immatériel avait déjà vu le jour, échappant à toute régulation mais s’avérant de plus en plus maîtrisé et contrôlé. De fait, les réseaux sociaux et les géants du net dissèquent nos comportements et s’immiscent dans nos habitus pour anticiper nos besoins, nos désirs. En définitive, le réel serait devenu en partie dématérialisé, le temps distendu. L’invisible aurait pris le pas sur le visible. Ce constat infuse son travail qui cherche à proposer un espace de respiration au « tout numérique ». Son œuvre se dérobe au regard et demande du temps à la lecture. C’est également une tentative de revenir à l’essence de l’art. De manière sous-jacente, Achraf Touloub pose cette question essentielle : comment décrypter une image et quelle relation faut-il engager avec elle ?

      Un corpus de peintures inédites, associé à des œuvres plus anciennes, prennent place dans la galerie supérieure de Passerelle, réarrangée pour l’occasion. L’exposition « Les Arrivées » est construite telle une atmosphère, un sentiment diffus. Les murs et le sol sont peints d’une couleur uniforme, un gris neutre rappelant la teinte des calques et fenêtres de logiciel de retouche d ‘image. Achraf Touloub connecte ses grandes toiles à cet espace homogène recherchant un effet immersif. Il s’agit de rendre physique l’expérience du visiteur et de s’affranchir du simple plaisir de l’œil. La peinture centrale intitulée Première Scène (as they split the horizon) dévoile un moment immémorial et fondateur : deux figures communiquent une expérience pour la première fois. On pourrait parler de transmission orale, éventuellement de théâtre ou de fiction, mais il est surtout question ici de l’invention d’une nouvelle réalité. Ces temps primitifs et immémoriaux fascinent l’artiste à la fois conceptuellement et formellement. Chez l’artiste, les formes schématiques et les couleurs naturelles rappellent autant un caractère ancestral et sensible de l’art, la nature dans son ensemble depuis la voute céleste à des paysages, que des artefacts anciens. Ces traditions antédiluviennes se retrouvent réinterprétées et recontextualisées dans le présent ultra connecté. A travers ce titre énigmatique, « Les Arrivées », Achraf Touloub ouvre un nouveau chapitre, celui de la peinture et celui d’un monde qui revient à son origine.

    • Passerelle Centre d’art contemporain
    • 2021
    • Turfur

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/CACP-2021-Johanna-Cartier-008.jpg
    • 11.06.21 → 11.09.21
      Exposition
      Passerelle Centre d’art contemporain
    • Depuis 2013, Passerelle Centre d’art contemporain et Documents d’Artistes Bretagne accompagnent chaque année deux artistes issu.e.s du terreau breton pour une résidence. Les lauréat.e.s sont invité.e.s à résider à Brest, investir l’atelier du centre d’art pendant une période de 3 mois et produire un résultat sous la forme d’une exposition inédite. Rendant compte de sa résidence, Johanna Cartier (née en 1996) présente ainsi Turfur à l’étage de Passerelle. Diplômée de l’École européenne supérieure d’art de Bretagne – site de Rennes en 2019, Johanna Cartier développe depuis plusieurs années des œuvres s’imprégnant des codes adolescents, résonnant de musiques populaires ou encore scrutant entre empathie et admiration les territoires ruraux.

      Après s’être prise de passion pour les concours canins, c’est ici une autre compétition animale qui a fasciné Johanna Cartier : celui du monde hippique. Rassemblant des films, des sculptures et des peintures, l’exposition Turfur résulte de l’observation de cet univers si particulier naviguant entre sport et pari d’argent. Ce monde très masculin est celui du PMU, du bar de quartier ou de cité, celui du jeu Amigo de la Française des Jeux®. Le design y est vieillot ou kitsch, l’atmosphère est celle d’une France invisible et invisibilisée, bercée par les chaînes d’information allumées en continu.

      Le titre Turfur est un mot-valise tenant en plusieurs niveaux de lecture. Tout d’abord, le mot « turf », de l’anglais « gazon », désigne le lieu où se font les courses de chevaux et par extension le hippisme et les activités liées aux courses. De plus, ce titre rappelle le verlan de « futur », le fameux « turfu » aujourd’hui largement utilisé dans le langage urbain notamment le rap. Il évoque également l’anglais fur signifiant la fourrure, un élément – toujours synthétique chez l’artiste – qu’elle aime manipuler et qui a la part belle dans l’exposition.  Enfin, Turfur est un mantra, une exclamation issu d’un monde encore méconnu !

      À travers deux films, cette exposition est aussi l’occasion d’inverser les rôles, les situations et les présupposés. Le cavalier y est tapageur et excité, tandis que l’adepte des rodéos urbains en moto s’avère tendre et attentionné avec sa monture mécanique. Les deux ont en commun d’être héroïques tout en étant déconcertants. Ils mêlent des intérêts, a priori, de « bourgeois » – l’apologie de l’art équestre – à ceux du « gars de cité » tel que la fascination pour les grosses cylindrées à deux roues.

      Turfur observe une marge de la société que l’on croise tous les jours, celle du carrefour d’à côté du travail ou près du boulanger. On le comprend : derrière les formes colorées flashys, les slogans et punchlines ravageurs, et les matériaux soyeux et bon marché qui servent de bases au vocabulaire de Johanna Cartier, c’est en sous-jacent une lutte des classes sans bons ni mauvais qui s’opère.

    • Passerelle Centre d’art contemporain
    • 2021
    • Là où est la mer…

    • Exposition
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    • 11.06.21 → 11.09.21
      Exposition
      Passerelle Centre d’art contemporain
    • Achille Adonon (Bénin), Amina Agueznay (Maroc), Clay Apenouvon (Togo), Imane Ayissi (Cameroun), Yancouba Badji (Sénégal), Alun Be (Sénégal), Soly Cissé (Sénégal), Beya Gilla Gacha (France-Cameroun), Willys Kezy (RD Congo), Ange Arthur Koua (Côte d’Ivoire), Bunny Claude Massassa (Gabon), Amébédé Mouleo (Togo), Ghizlane Sahli (Maroc), Chéri Samba (RD Congo)

      Autour du thème de la mer, l’exposition met en lumière le rapport de l’Humain à l’Océan, en Afrique de l’Ouest et Centrale, entre peurs et fascination. Quatorze artistes issu.e.s de pays côtiers africains abordent des questions écologiques telles la pollution des océans, la gestion des déchets plastiques et la biodiversité menacée. Quand d’autres affrontent la question de l’immigration, des conditions de vie difficiles sur le continent africain et de la nécessité d’une traversée périlleuse sur des embarcations dangereuses pour certain.e.s candidat.e.s à l’exil, notamment à travers le témoignage d’un artiste qui a fait le long voyage.

      Git aussi dans les flots une déesse aux allures de sirène, l’effrayante Mami Wata qui séduit les hommes pour mieux les entrainer aux fonds des eaux, et qui n’est pas sans rappeler la princesse Dahut dans la légende bretonne… Certain.e.s artistes ont choisi de la convoquer. Mami Wata peut parfois incarner la femme forte et moderne, et donc dérangeante, dans les sociétés africaines. Enfin, les visiteurs seront plongés dans les traditions culturelles et artistiques Vaudou liées au culte de Mami Wata, extrêmement présent en Afrique sub-saharienne.

      Cette exposition s’inscrit dans la Saison Africa2020 mise en œuvre par l’Institut français, qui invite à regarder et comprendre le monde d’un point de vue africain.