• Documents d’Artistes Bretagne – ddabretagne.org
    • 2022
    • Les forces heureuses – Céline Le Guillou

    • Exposition
    • 17.06.22 → 17.09.22
      Exposition
      Documents d’Artistes Bretagne – ddabretagne.org
    • Céline Le Guillou (France, 1994) a pris part aux « Chantiers-résidence » pendant 3 mois, initiative portée par le centre d’art et Documents d’Artistes Bretagne. Le programme de résidence accueille chaque année deux artistes qui vivent en Bretagne ou sont diplômé.e.s d’une école de la région. Elaborée en étroite collaboration avec l’atelier de céramique de l’EESAB – site de Brest (Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne), l’exposition « Les forces heureuses » est le fruit du travail et des recherches menés par Céline Le Guillou pendant sa période brestoise.
      L’artiste s’est engagée dans une observation quasi-scientifique du corps et de l’organique, tout en demeurant dans le champ de la poésie. Elle a, par le passé, développé un corpus de peintures puis de sculptures et choisit d’augmenter ses compétences en céramique en étudiant récemment à l’Institut Européen des Arts Céramiques en Alsace. Forte de ce nouveau savoir-faire, elle a désiré élaborer son exposition autour d’une série de nouvelles sculptures, cuites à Brest. Elle a cherché à s’approprier l’espace en construisant un « dessin » en trois dimensions. Des formes molles, de textures différentes, se déploient sur un mobilier imaginé spécialement par l’artiste. Les socles font ainsi partie intégrante des oeuvres et suggèrent parfois du matériel scientifique.
      Céline Le Guillou a composé une discussion entre ses pièces, comme si un moyen de communication inconnu des oeuvres d’art préexistait. Elle considère ses formes comme un catalogue où elle vient piocher un vocabulaire ou une grammaire. Ses sculptures et ses peintures montrent l’intérieur des corps, ce qui est censé rester caché, et rappellent les travaux de dissection de la médecine et l’iconographie de « l’écorché », célèbre dans histoire de l’art depuis Rembrandt à Francis Bacon. Céline Le Guillou parle d’ailleurs de la céramique comme « une chair terrestre », évoquant le côté charnel et primordial de la matière. Les corps qu’elle façonne sont inclassables, à la fois attirants et repoussants. Elle se considère comme une « passeuse » entre une substance existante et une forme finale, l’oeuvre d’art. Le geste de l’artiste n’est qu’une étape naturelle dans l’ordre des choses. « Les forces heureuses », formule que Céline Le Guillou emprunte au philosophe Gaston Bachelard, s’apparentent à celles de la sculptrice britannique Barbara Hepworth qui recherchait une forme idéale et d’Henry Moore qui était parti en quête des mystères des formes. Le dispositif d’oeuvres présentées à Passerelle dévoile un processus de croissance naturelle millénaire, comme si les sculptures émergeaient seules ou étaient simplement accompagnées par l’artiste, devenant pour l’occasion
      obstétricienne, celle qui permet la naissance.

    • Documents d’Artistes Bretagne – ddabretagne.org
    • 2022
    • Whatever remains from the ghosts

    • Exposition
    • 18.02.22 → 14.05.22
      Exposition
      Documents d’Artistes Bretagne – ddabretagne.org
    • Durant près de 3 mois, Caroline Thiery (1997, France) a pris part au programme « Les chantiers-résidence » porté par Document d’Artistes Bretagne et Passerelle dans les murs du centre d’art. Il en résulte l’exposition « Whatever remains from the ghosts » [Tout ce qui reste des fantômes] qui inclut les œuvres réalisées sur place pendant le temps de la résidence.

      Les fantômes de Caroline Thiery nous sont connus et communs. Ils fabriquent le passé : sentiments vagues, souvenirs de conversations, chansons matraquées qui résonnent encore et encore dans les têtes, sourires fugaces dans les transports en commun et bien d’autres restes du quotidien. Partageant généreusement ses expériences, Caroline Thiery dresse une carte de nos rapports sociaux tant amoureux qu’amicaux, familiaux ou encore culturels. Elle traite en particulier notre recherche d’affection et d’amour, mis en tension par le désir ambivalent d’indépendance. Elle scrute les nouvelles méthodes de rencontres comme les applications de dating qui ont bouleversé la manière de « consommer » les relations. L’usage du numérique et d’internet, qui aboli toutes notions d’attente et de distance, a transformé les comportements de drague pour le meilleur et pour le pire : envoi de dick pics – des photographies de pénis – à des inconnu.e.s, usage de « disquettes » – des petites phrases censées être romantiques qui s’avèrent souvent lourdes voire grossières et autres nouveautés. Grâce au numérique, la recherche de relations amoureuses et de partenaires sexuel.le.s n’a jamais été aussi facilité pour la ou le candidat.e à la passion, caché.e derrière son écran de téléphone, planqué.e sous la couette, ou scrollant – faire défiler un contenu sur un écran informatique – assis dans les toilettes. Le titre de l’exposition évoque également le ghosting, une pratique, très répandue depuis l’avènement des sites de rencontre, consistant à mettre fin à une relation sans prévenir, en interrompant toute forme de communication.

      Au-delà des questions de cœur, Caroline Thiery s’interroge sur notre rapport à l’enfance et à l’adolescence, confectionnant divers talismans et objets totémiques qui forgent un potentiel passé, tels les « plaids fantômes » à motifs de chien, cigogne ou encore de paysage tropical, ornés de textes. Là où le monde adulte juge d’un mauvais œil certaines pratiques adolescentes telles les fanfictions – des récits dérivés de sagas littéraires, de films, de jeux ou de séries – ou l’attrait pour une musique pop considérée parfois comme kitch, Caroline Thiery décide de s’en emparer et de les ériger en symboles. Ainsi, elle réalise une sculpture en l’honneur de la chanteuse Priscilla qui a connu la célébrité dès ses 12 ans. Mettre en avant cette popstar française revient à réhabiliter cette culture dévalorisée d’un âge de transition que nous avons toutes et tous vécu et qui nous a façonné.

      Le texte tient une place essentielle dans l’exposition à la fois par des narrations rédigées par l’artiste, disponibles à la lecture dans les salles, mais aussi par la multiplication de phrases et de mots au sein même des œuvres. La culture du « mème internet » – un élément ou un phénomène repris et décliné en masse sur internet, souvent une image annotée – est une vaste source d’inspiration. Les mèmes, ce sont des punchlines, des slogans très contextuels qui nécessitent parfois des codes de compréhension pointus. Chez Caroline Thiery, ils prennent des formes originales, ils sont drôles, intimes, souvent universels. Les anecdotes et les récits, visuels ou écrits, que l’artiste déploie, s’entrecroisent sans réponses ; c’est au visiteur de créer sa propre histoire.

      INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES

      • Le compte @Whatever_remains est créé pour l’occasion sur Instagram comme une extension de l’exposition.
      • En partenariat avec Passerelle, Centre d’art contemporain
        Dans le cadre du programme Les Chantiers | Résidence avec le soutien de Suravenir, filiale du Crédit Mutuel ARKEA
      • Vernissage le 17.02.22 à 18:00
    • Passerelle Centre d’art contemporain
    • 2022
    • Whatever remains from the ghosts

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/CACP-2022-Caroline-Thieery-016.jpg
    • 18.02.22 → 14.05.22
      Exposition
      Passerelle Centre d’art contemporain
    • Durant près de 3 mois, Caroline Thiery (1997, France) a pris part au programme « Les chantiers-résidence » porté par Document d’Artistes Bretagne et Passerelle dans les murs du centre d’art. Il en résulte l’exposition « Whatever remains from the ghosts » [Tout ce qui reste des fantômes] qui inclut les œuvres réalisées sur place pendant le temps de la résidence.

       

      Les fantômes de Caroline Thiery nous sont connus et communs. Ils fabriquent le passé : sentiments vagues, souvenirs de conversations, chansons matraquées qui résonnent encore et encore dans les têtes, sourires fugaces dans les transports en commun et bien d’autres restes du quotidien. Partageant généreusement ses expériences, Caroline Thiery dresse une carte de nos rapports sociaux tant amoureux qu’amicaux, familiaux ou encore culturels. Elle traite en particulier notre recherche d’affection et d’amour, mis en tension par le désir ambivalent d’indépendance. Elle scrute les nouvelles méthodes de rencontres comme les applications de dating qui ont bouleversé la manière de « consommer » les relations. L’usage du numérique et d’internet, qui aboli toutes notions d’attente et de distance, a transformé les comportements de drague pour le meilleur et pour le pire : envoi de dick pics – des photographies de pénis – à des inconnu.e.s, usage de « disquettes » – des petites phrases censées être romantiques qui s’avèrent souvent lourdes voire grossières et autres nouveautés. Grâce au numérique, la recherche de relations amoureuses et de partenaires sexuel.le.s n’a jamais été aussi facilité pour la ou le candidat.e à la passion, caché.e derrière son écran de téléphone, planqué.e sous la couette, ou scrollant – faire défiler un contenu sur un écran informatique – assis dans les toilettes. Le titre de l’exposition évoque également le ghosting, une pratique, très répandue depuis l’avènement des sites de rencontre, consistant à mettre fin à une relation sans prévenir, en interrompant toute forme de communication.

       

      Au-delà des questions de cœur, Caroline Thiery s’interroge sur notre rapport à l’enfance et à l’adolescence, confectionnant divers talismans et objets totémiques qui forgent un potentiel passé, tels les « plaids fantômes » à motifs de chien, cigogne ou encore de paysage tropical, ornés de textes. Là où le monde adulte juge d’un mauvais œil certaines pratiques adolescentes telles les fanfictions – des récits dérivés de sagas littéraires, de films, de jeux ou de séries – ou l’attrait pour une musique pop considérée parfois comme kitch, Caroline Thiery décide de s’en emparer et de les ériger en symboles. Ainsi, elle réalise une sculpture en l’honneur de la chanteuse Priscilla qui a connu la célébrité dès ses 12 ans. Mettre en avant cette popstar française revient à réhabiliter cette culture dévalorisée d’un âge de transition que nous avons toutes et tous vécu et qui nous a façonné.

       

      Le texte tient une place essentielle dans l’exposition à la fois par des narrations rédigées par l’artiste, disponibles à la lecture dans les salles, mais aussi par la multiplication de phrases et de mots au sein même des œuvres. La culture du « mème internet » – un élément ou un phénomène repris et décliné en masse sur internet, souvent une image annotée – est une vaste source d’inspiration. Les mèmes, ce sont des punchlines, des slogans très contextuels qui nécessitent parfois des codes de compréhension pointus. Chez Caroline Thiery, ils prennent des formes originales, ils sont drôles, intimes, souvent universels. Les anecdotes et les récits, visuels ou écrits, que l’artiste déploie, s’entrecroisent sans réponses ; c’est au visiteur de créer sa propre histoire.