• 40mcube
    • 2018
    • A Hard Edge With a Soft Core

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_hubhug_biennaleoff_acb.jpg
    • 29.09.18 → 21.10.18
      Exposition
      40mcube
    • Pierre Clément, Kahina Loumi, Mobilier Peint, Nicolas Momein, Samir Mougas, Sylvain Rousseau, Eva Taulois, Victor Vialles

      L’exposition collective A Hard Edge With a Soft Core, qui réunit neuf artistes dont un duo, est en germe depuis une rencontre en résidence à la Cité Internationale des Arts entre Pierre Clément, Nicolas Momein et Samir Mougas. Son pari est de rassembler des artistes travaillant avec des matières molles en cours de solidification qui enregistrent les traces d’un geste.

      Les œuvres de Pierre Clément et Nicolas Momein balisent le spectre du territoire exploré par cette exposition. Au pôle le plus aride, Pierre Clément présente des images numériques sur-tramées avec des motifs réalisés en série dans une impossible projection de l’esprit au fil du parcours de cordelettes synthétiques. À l’autre pôle de ce monde, Nicolas Momein surfe sur les volutes capricieuses d’un matériau de moulage qu’il contraint avec force drippings, contenus dans des shaped-canvases en Plexyglas. Il brouille les pistes entre sculptural et pictural avec ses incroyables chaos figés.

      D’autres rencontres ont rendu la réalisation de ce projet nécessaire : les œuvres de Kahina Loumi démêlent le nœud gordien de cette exposition. Derrière ses couleurs peintes en camaïeux souples, on trouve l’exigence de la composition qui appareille des gestes picturaux avec des éléments de tissu préparés, découpés et cousus entre eux. Ses œuvres croissent ainsi à l’extrémité des ramifications où le pictural et le sculptural se mêlent inextricablement.

      Les objets bien visibles et très dessinés présentés par Eva Taulois et Victor Vialles sont campés au sol de l’espace du HubHug. Le geste d’inscription dans un espace à trois dimensions est renouvelé avec une grâce nerveuse dans les œuvres de Victor Vialles. Impossible de ne pas visualiser le matériau dont serait fait un trait tracé, impossible de manquer les lignes de forces évoquées par la gamme d’objets assemblés autour de ses barres de pole-dance. Cette dimension animiste offerte par les circonvolutions de la matière s’exprime encore davantage dans les œuvres d’Eva Taulois. Elle invoque dans notre dimension deux entités sculpturales singulières, véritables golems de matériaux en expansion renforcés des pouvoirs de la couleur mate. Elles communiquent avec nous en s’exprimant dans un langage fait d’intuitions et d’émotions plus que de mots et de concepts.

      Collant tout à fait à la matière molle qui durcit peu à peu, le dessin projeté par Sylvain Rousseau à une échelle démesurée démontre qu’une forme lisible est une peau vivante. Elle est composée d’éléments fondamentaux, comme l’énergie de l’extrusion qui la fait s’étendre sur une surface et la volonté de pousser l’expérience jusqu’au moment où l’habillage est complet. Les dessins de Samir Mougas sont projetés en creux dans la matière fusible, leurs empreintes sont révélées comme on relève avec du plâtre les indices du passage d’une bête antédiluvienne dans la boue pétrifiée. Ses formes croquées à l’échelle d’un Post-it serpentent dans la résine polyester et rayonnent de l’énergie noire qui porte le spectre de toutes les couleurs visibles jusqu’à nos yeux.

      A Hard Edge With a Soft Core n’aurait rien d’un pari sans la carte blanche offerte au duo d’artistes Mobilier Peint, composé de Flora Moscovici et Yoan Sorin. Flora Moscovici diffuse habilement la peinture dans l’environnement qui en devient le support. Ses œuvres rendent la couleur tangible, palpable et aussi mystérieuse que le serait un phénomène physique inconnu. Yoan Sorin dispose de plusieurs cordes à son arc : ses travaux couvrent plusieurs registres de gestes et annexent différentes formes du temps. Il travaille souvent avec son propre corps qui vectorise une énergie projetée vers l’audience. Mobilier Peint approche le geste qui empreinte la matière en puisant dans une vaste typologie de matériaux, de surfaces et de supports, qui parle au nom de tous les artistes de A Hard Edge With a Soft Core.

      Samir Mougas

    • 40mcube
    • 2018
    • Benoît-Marie Moriceau, The Relative Size of Things and The Vertigo of The Infinite

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_lcl_bmm_web.jpg
    • 16.06.18 → 04.11.18
      Exposition
      40mcube
    • Le travail de Benoît-Marie Moriceau prend des formes et des proportions particulièrement variées. De l’infime transformation de l’espace d’exposition jusqu’à l’intervention à l’échelle du paysage, ses œuvres ont en commun la prise en compte du contexte dans lequel elles sont présentées ou le point de vue qui permet de les appréhender. Quel que soit sa typologie, le travail de Benoît-Marie Moriceau a donc à voir avec le site, de sa configuration spatiale à son histoire et ses usages.

      Pour son projet aux Champs Libres à l’invitation de 40mcube, l’artiste réunit et met en dialogue plusieurs aspects distincts de sa pratique et de son parcours artistique : une exposition immersive qui donne à voir une collection d’œuvres représentées sous la forme de modèles réduits et une installation visible depuis le panorama de la bibliothèque. À partir de cet espace de transmission du savoir et de son implantation dans la ville, il développe une exposition en deux volets qui met en dialogue, par échantillonnage, des lieux et des temporalités multiples et fragmentaires.

    • 40mcube
    • 2018
    • Marielle Chabal, As Free As Ones Could Claim

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_mariellechabal_1.jpg
    • 18.05.18 → 21.07.18
      Exposition
      40mcube
    • Marielle Chabal crée des fictions qui prennent des formes variées : romans, recueils de nouvelles, sculptures, installations, films, affiches, maquettes, etc. Les sociétés dystopiques qu’elle invente sont modelées autant par la théorie que les études de genre et l’esprit du temps. Elle examine à travers elles les paradoxes inhérents à l’idée de confort, avec un fort intérêt pour les communautés, le sentiment d’aliénation et la politique.


      Pour l’artiste, une exposition fonctionne comme un livre. Ce sont tous les deux des cubes blancs qui offrent des idées et des mines d’images et de formes. Ses histoires et, par la suite, les installations qui en découlent, sont des successions de descriptions, de regards, de situations, de bâtiments, de références, de sculptures et de paysages post-apocalyptiques et/ou fantastiques.

      Pour son exposition à 40mcube intitulée As Free As Ones Could Claim, Marielle Chabal présente une série d’œuvres qui fait écho à son dernier récit, Al Qamar, dans lequel elle met en scène les personnages à l’origine de la communauté des Halmens et de la ville d’Al Qamar. Créée en 2023, cette cité utopique se développe autour de bâtiments créés par des artistes et destinés aussi bien au travail qu’à des activités de loisirs. L’exposition, construite comme un vaste dispositif documentaire, rassemble différentes œuvres (sculptures, maquettes, affiches, films, documentation, etc.) qui éclairent sur les origines et le développement d’Al Qamar. L’artiste propose ainsi aux visiteurs de pénétrer au cœur d’un dispositif fictionnel.
    • 40mcube
    • 2018
    • We Are The Painters, Whisper to the Landscape

    • Exposition
    • 10.02.18 → 28.04.18
      Exposition
      40mcube
    • Pour la réouverture de son espace d’exposition à Rennes, 40mcube invite le duo We Are The Painters. Leur exposition Whisper to the Landscape fait partie d’une vaste narration que les artistes construisent au fur et à mesure, l’un des éléments d’un puzzle plus global qui prendra dans un futur indéterminé la forme d’un film intitulé Paint for Ulma.

      We Are The Painters est un duo d’artistes, Nicolas Beaumelle et Aurélien Porte. Sous ce nom revendicatif, ils mènent une recherche artistique centrée, comme leur nom l’indique, sur la peinture. Ils la pratiquent dans la nature, dans des formats de toiles démesurés, en volume avec des chaises comme supports, sur des personnages activés dans le cadre de performance…, mais aussi de façon plus traditionnelle sur châssis avec des portraits de femmes et des paysages. Ces différentes œuvres prennent place dans une narration plus vaste qu’ils construisent au fur et à mesure de leurs expositions, devenant les éléments d’un puzzle plus global qui prendra dans un futur indéterminé la forme d’un film nommé Paint for Ulma.


      Dans un principe de personnification, ils font de la peinture, de leurs œuvres et de la nature les personnages de leur film. La nature est omniprésente dans leur travail, peuplée de Chevelures et de Bouches Célestes… Dans leurs vidéos Paint for Sheep (Écosse, 2005), Paint For Huppe (Charente-Maritime, 2007) et Paint For Hochwechsel (Autriche, 2010), les artistes vont se perdre dans la nature pour la représenter sur une toile de grand format, qu’ils abandonnent ensuite aux êtres – humains ou animaux – qui y passent et y vivent. Une version grande échelle, in situ et non matérialiste de la peinture, l’œuvre restant sur place se détériorer jusqu’à sa disparition. Ainsi habitées de ces expériences, les œuvres et les expositions de WATP dégagent une atmosphère mystérieuse voire mystique, renforcée par l’activation de performances qui se figent durant l’exposition. Ils s’emparent de cette dernière pour y déployer leur univers dans lequel tout est peinture, des toiles constituant le fond de scènes dans lesquelles des personnages de peinture prennent place. Chaque exposition devient un environnement à vivre mais aussi un studio de tournage, des scènes de leur film y étant tournées, sans public.

      Ainsi Paint for Ulma, sous le couvert de la fiction, intègre et concrétise son propre développement dans le temps, la méthode de travail, le mode de production mais aussi le réseau de collaboration des artistes, allant d’un éleveur de chèvres aux différents lieux d’exposition qui permettent à une nouvelle étape de voir le jour et d’être financée. Une histoire qui intègre des références à l’histoire de l’art – y compris des clichés que les artistes regardent avec humour – et qui se construit comme un mythe, avec des personnages et des rituels non situés dans le temps mais qu’ils inscrivent parfois dans la réalité. Ainsi, une chèvre de race Boer devient Ulma, une œuvre qui tente d’intégrer la collection d’un musée d’art contemporain. Les expositions qui découlent de ce projet global et qui l’alimentent s’emboitent les unes dans les autres. Whisper to the Landscape en est une séquence composée de nouvelles peintures de très grand format qui recouvrent et segmentent l’espace, une trame de fond sur laquelle s’intègrent des éléments en relation avec les personnages et l’univers du film Paint for Ulma.

      De l’atmosphère de l’œuvre de WATP se dégage une certaine poésie, qui apparaît notamment dans les titres que les artistes donnent à leurs œuvres, dont plusieurs sont construits sur le même modèle : Paint for…, She Looks Like a Mountain… Par ces titres, ils adressent leur travail, prenant en compte une tierce personne qui rencontre, reçoit, perçoit, regarde leurs œuvres, et ainsi participe à leur univers et à leur fiction. Ainsi, ils peignent pour Ulma, Muse jusqu’à ce jour absente de toute représentation, et ils murmurent au paysage…