• 40mcube
    • 2022
    • Animalia ou la vie fantasmée des animaux

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_animalia_portrait_4.jpg
    • 21.01.22 → 23.04.22
      Exposition
      40mcube
    • Bertille Bak, Clédat & Petitpierre, Bertrand Dezoteux, Nicolas Milhé, Maël Nozahic, Jean-Marie Perdrix, Luiz Roque, Darielle Tillon, Marie Voignier

      L’exposition Animalia ou la vie fantasmée des animaux regroupe des œuvres dans lesquelles la figure animale est présente, où elle joue même un rôle majeur, intégrée comme une actrice à part entière. Focalisées sur des animaux proches de nous, avec lesquels nous sommes en relation quotidiennement, animaux domestiques, d’élevage, ou ceux traditionnellement chassés, mais aussi ceux qui, pendant notre enfance, se cachent sous notre lit, dans la cabane au fond du jardin, dans les méandres du lac voisin, dans un pays lointain, et qui peuplent nos imaginaires.

      Avec des esthétiques et des modes narratifs différents, les œuvres rassemblées permettent de passer en revue un certain nombre de relations fantasmées que nous entretenons avec les animaux, qui suscitent chez nous une empathie, voire créent un phénomène d’identification forte, qui peuvent provoquer une fascination, parfois poussée jusqu’à la vénération, mais aussi une inquiétude ou une incompréhension. Ainsi l’animal devient symbole, nourrit nos peurs les plus profondes, explique ce qui échappe à notre entendement, se transforme en l’objet d’une quête existentielle.

      Prenant la forme de représentations réalistes ou stylisées, filmées, sculptées, peintes, ou composées par ordinateur, un crescendo se produit dans l’exposition avec un passage progressif entre réalisme et irréel assumé. Quand la sculpture et la performance de Clédat & Petitpierre introduisent une poche d’humour et de jeu dans le concret de l’exposition, le style documentaire de Marie Voignier ou de Nicolas Milhé sème le doute. Le réalisme de Bertille Bak, de Darielle Tillon ou de Jean-Marie Perdrix vrille assurément vers le surnaturel, tandis que Maël Nozahic nous emmène dans des scènes oniriques, jusqu’à ce que Bertrand Dezoteux ou Luiz Roque anticipent un futur où les animaux, dans un retournement de situation discret, prennent clairement la place des êtres humains – et le pouvoir sur eux.

      Ainsi, l’exposition Animalia ou la vie fantasmée des animaux n’est rien d’autre qu’un point de vue sur le monde dans sa dimension historique, politique, religieuse, et sociétale, dont l’animal est évidemment partie prenante.

      Anne Langlois