• 40mcube
    • 2021
    • Guillaume Pellay, Temps des moissons au lieu des moissons

    • Performance
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_guillaumepellay_paysage_4.jpg
    • 16.10.21 → 16.10.21
      Performance
      40mcube
    • Temps des moissons au lieu des moissons s’intègre à l’exposition Blé de Guillaume Pellay à 40mcube. La performance réunit en public Sarah Blumenfeld, Thomas Delahaye, Louis Deschamps, Guillaume Pellay, Solène Robert et Lina Schlageter pour une dépense calorique nécessaire à l’engrangement calorique. Elle convoque comédie, ballade, œil caméra, réalisme, rock et danse, redéployant sources et éléments constitutifs de l’exposition : ses oies, Catherine Ringer et Marcia, la convoitise, le regard paysager ou la chaleur.

      Samedi 16.10.2021 – 15h-15h45

      Performance présentée dans le cadre de
      TELL ME | Manifestation de performances et de radio
      16.10.2021, 15:00 – 23:30

      TELL ME cherche à rendre compte d’une scène artistique qui associe pop culture et abstraction des formes.
      TELL ME 2021 s’intéresse à la scène émergente en Bretagne.

      Au programme : soap opera, stress&objets, standardistes, chansons insupportables, magie, apesanteur, récits&boissons, R’n’B onirique et vaporeux, langages informatisés.

      TELL ME est un projet du Frac Bretagne, du Musée des beaux-arts de Rennes, de La Criée centre d’art contemporain et de 40mcube.

      Avec DUUU* Radio, Morgan Azaroff, Mathis Berchery, Emilien Chesnot, Guillaume Pellay, Francis Raynaud, Rubie, Alisson Schmitt et Anaïs Touchot.

      40mcube
      15h | Guillaume Pellay
      Durée : 45 minutes

      Musée des beaux-arts
      16h15 | Morgan Azaroff
      Durée : 20 minutes
      17h | Francis Raynaud
      Durée : 20 minutes

      Frac Bretagne
      18h à 22h | Anaïs Touchot
      19h30 | Emilien Chesnot
      Durée : 30 minutes
      20h à 22h30 | Mathis Berchery
      21h | Alisson Schmitt
      Durée : 20 minutes
      De 22h30 à 23h30 | Rubie

      Plateau radio en continu dans Le Canyon du Frac Bretagne et en écoute sur www.duuuradio.fr
      En partenariat avec la Maison de la poésie – Rennes et avec le soutien de la Ville de Rennes

    • 40mcube
    • 2021
    • Laura Gozlan, Onanism Sorcery

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_lauragozlan_portrait_2.jpg
    • 29.05.21 → 28.08.21
      Exposition
      40mcube
    • Pour son exposition personnelle à 40mcube, Laura Gozlan crée un environnement sculptural dans lequel est diffusé un cycle de micro-fictions vidéos mettant en scène une évocation du féminin monstrueux.

      Dans ses installations composées de sculptures et de vidéos, Laura Gozlan s’intéresse aux liens entre contre-culture et post-humanisme, à leurs mythes fondateurs tels que le New Age et la cybernétique, et à leurs dystopies.


      Elle crée des vidéos qui fonctionnent sur le mode d’un flux continu en assemblant de manière non hiérarchique des images qu’elle emprunte ou tourne elle-même, sur des pièces sonores dont les motifs induisent des états de conscience modifiés. Elle développe aussi des environnements sculpturaux qui se caractérisent par des projections proches de l’héritage de l’Expanded Cinema de Gene Youngblood [1]. Par des opérations de fragmentation, de froissement et de réflexion, elle recherche une forme de tri-dimensionnalité dans l’image projetée.

      Le travail de Laura Gozlan s’inspire autant du giallo [2] que du film d’anticipation et des documents scientifiques. Tous trois recèlent des archétypes et des mythes techno-utopiques qui résonnent avec l’occultisme et les idéologies de ces contre- cultures.

      Pour son exposition à 40mcube, l’artiste présente une série de vidéos diffusées dans un environnement de sculptures. Elle y interprète MUM, un personnage qui s’origine dans le “Féminin-Monstrueux”, et en embrasse différentes formes : mère archaïque, vampire, sorcière. Barbara Creed [3] envisage cet archétype dans le cinéma d’horreur comme le reflet de l’idéologie patriarcale présentant la femme comme monstrueuse et abjecte en ce que sa sexualité et sa « fonction reproductive » s’opposent à la loi symbolique patriarcale. Les rites que l’artiste met en scène fusionnent des archétypes propres à la sorcellerie et des programmes du transhumanisme.

      MUM déjoue les binarismes masculin-féminin et côtoie l’abject lorsqu’elle se défonce aux vapeurs de momie avec un urinal féminin, en guise de cure de jouvence. La « biopolitique de la salle de bain » [4] avec sa construction sociale des corps et son assignation des genres est balayée d’un revers lorsque MUM s’affranchit des dictats de l’industrie cosmétique relatifs à la conservation de la jeunesse des femmes. C’est dans un nouveau cycle, empruntant aux tutoriels didactiques, que MUM refait surface et s’exerce à la magie sexuelle. Aussi diffuse qu’insaisissable dans ses origines, cette pratique consiste à manipuler la volupté comme une énergie destinée à faire advenir des vœux.
Loin du voyeurisme auquel l’auto-érotisme est souvent associée, il s’agit de la déplacer sur le terrain de l’horreur grotesque, l’humour permettant à la fois de l’aggraver et de s’en distancier.

      Les sculptures présentées dans l’exposition sont autant d’objets activables lors des performance de MUM : corps tendus, fragments anatomiques, prothèses etc. Ces artefacts créent un environnement feutré et minimal, à mi-chemin entre le laboratoire et le boudoir.

      [1] Dans son ouvrage Expanded Cinema paru en 1970, le théoricien des médias Gene Youngblood est le premier a considérer la vidéo comme une forme d’expression artistique.


      [2] Genre cinématographique italien qui mélange polar, horreur et érotisme.


      [3] Barbara Creed, The Monstrous-Feminine – Film, feminism, psychoanalysis, 1993.


      [4] Paul B. Preciado, « Biopolitique à l’ère du capitalisme pharmacopornographique », in Chimères, 2010/3 (no74).

    • 40mcube
    • 2021
    • Margaux Janisset

    • Résidence
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_margauxjanisset_3_web.jpg
    • 24.05.21 → 11.07.21
      Résidence
      40mcube
    • À travers l’expérience de la couleur, de la lumière ou du toucher, le travail de Margaux Janisset explore la pratique de la peinture sous différentes formes. L’artiste joue avec l’espace et la temporalité du regard, proposant une expérience sensible de la peinture. Parfois sur papier ou carnets peints, elle se prolonge dans des interventions in situ et s’insère dans l’architecture. Selon les mots de l’artiste, elle développe ainsi une pratique site-responsive plutôt que site-specific. Les œuvres ne sont pas séparées de leur processus de réalisation et des conditions de présentation.

      Le contexte architectural est le point de départ du travail de Margaux Janisset. Il détermine une ambiance, une atmosphère, un climat. Elle intervient dans des espaces d’exposition, mais aussi des espaces interstitiels (un couloir, une fenêtre). Les éléments architecturaux sont les supports, les points d’appui de gestes et de couleurs. Ses interventions font corps à l’architecture, et elle cherche à révéler, à dévoiler, les lumières, les ombres et les traces, les textures, les imperfections des murs. En s’appuyant sur ce qui est déjà présent, elle agit avec l’espace, accompagne son mouvement, et semble collaborer avec lui.

      Par des gestes discrets et légers, à la limite du perceptible, apparaît une incertitude entre ce qui est déjà là et les interventions de l’artiste. Guidée par des sensations, elle induit un flottement propre à chaque lieu, une tonalité. Ses interventions sont des indices, des pistes disséminées qui réagissent avec l’espace pour laisser place aux intervalles et donner son importance au vide qui participe du rythme de l’ensemble. Le temps s’étire et permet de révéler les nuances, les couleurs affleurent, apparaissent et disparaissent dans un mouvement perpétuel de coloration et de décoloration.

      Margaux Janisset propose une expérience de l’espace, de la lumière, du temps et se concentre sur leurs changements permanents. Elle invite le spectateur à adopter un regard flottant, aérien. La discrétion de certaines peintures participe d’un espace en mouvement où chaque changement devient événement. Il ne s’agit plus seulement de regarder l’œuvre à distance, mais de l’habiter, de vivre un moment en sa présence.

    • 40mcube
    • 2021
    • Ariane Loze, Utopia

    • Exposition
    • https://www.artcontemporainbretagne.org/wp-content/uploads/40mcube_arianeloze_1.jpg
    • 12.02.21 → 07.05.21
      Exposition
      40mcube
    • Le titre de l’exposition d’Ariane Loze à 40mcube recouvre deux films : Utopia et Mainstream (1). Basés sur le même principe de réalisation, l’artiste y incarne plusieurs personnages et plusieurs voix qui se font entendre à tour de rôle.

      Le premier est filmé dans un environnement architectural épuré d’un bleu de sérénité que l’artiste arpente, seule, habillée d’un jaune qui produit un contraste lumineux (2). Dans cet espace beau mais désespérément vide, son texte résonne comme un discours au ton prophétique qui se meut en échange entre plusieurs personnages supposés réunis dans cette agora contemporaine, et que l’on distingue par un changement de coiffure, un accent, une intonation. Il y est question de démocratie, de besoins vitaux, de représentation collective, de bien commun, de différence, de changer les choses, de sortir d’un moule, et enfin : d’imaginer une utopie.


      Le film s’éteint et sur le mur gauche de l’espace d’exposition apparaît la première image de Mainstream. Plus sombre, dans des ton ocres et gris, celui-ci prend place dans un dîner où plusieurs personnes prennent tour à tour la parole dans une conversation qui ressemble davantage à une succession de monologues entremêlés qu’à un véritable échange. Là aussi, tout un vocabulaire se déploie, ponctué de chiffres et de termes anglais dans des affirmations pleines de certitudes, sur un ton de conseil qui prend des tournures d’injonctions. Il s’agit de manager une équipe, de réussite, de stratégie pour y parvenir, de régime de vie pour survivre à la pression. Quelques rares éléments permettent d’identifier une activité qui découlerait de ce langage comme l’élevage de canards ou la culture. Les personnages se modifient subtilement au fur et à mesure du déroulement du film, leurs vêtements évoluent, leur attitude aussi et le discours d’un cynisme éclatant se termine sur l’acceptation toute libérale de la disparition même du patron. Apparaissant comme une lueur d’espoir, cette dernière idée ouvre la voie à Utopia, qui reprend la main en démarrant à nouveau sur le mur principal de l’espace d’exposition.

      Ainsi dans la réunion et la mise en boucle de ces deux films, qui trouvent leur propre place et leur propre temps dans un espace commun, se figent deux opposés qui ne sont que le reflet de la cohabitation de différents mondes. Les deux langages extraits de tout contexte deviennent métalangages et résonnent d’autant plus puissamment que nous les observons aujourd’hui par le prisme de la crise sanitaire et sociale que nous vivons.

      Sans manichéisme, le choix de nommer l’exposition Utopia plutôt que Mainstream pointe cependant un désir de privilégier des valeurs collectives et démocratiques, même si ce discours peut apparaitre dans notre société d’une désincarnation criante.

      Anne Langlois

      1. Emprunté à l’anglais, le terme mainstream désigne les idées, les comportements ou les activités qui sont considérés comme dominants et partagés par la plupart des gens.


      2. Utopia a été tourné dans l’installation Eurotopie de Traumnovelle et Roxane Le Grelle, présentée dans le pavillon belge à la biennale d’architecture de Venise en 2018.



      Ariane Loze est représentée par Michel Rein (Paris, Bruxelles).