Exposition
Isabelle Arthuis, Lewis Baltz, Oliver Beer, Christina Dimitriadis, Hubert Duprat, Christelle Familiari, Aurélie Ferruel et Florentine Guédon, Hao Jingban, Renée Levi, Maha Maamoun, Gilles Mahé, Bernard Piffaretti, Sarkis, Sturtevant, Christophe Viart, Christopher Williams
En 2026, Passerelle est hors les murs. Dès le printemps, le centre d’art contemporain investit le manoir de Kerlaouen à Lesneven pour la quatrième année consécutive, en invitant le Frac Bretagne pour une exposition inédite autour de la question du regard et de notre manière de voir.
Il arrive parfois que l’on ait l’impression d’avoir déjà vécu une situation, déjà fréquenté un lieu, déjà vu une image. Cette sensation est brève, étrange, souvent impossible à expliquer. On sait que ce n’est pas un souvenir précis, mais le sentiment persiste.
Cette exposition part de cette expérience familière : le déjà-vu.
Les œuvres présentées ne racontent pas des histoires nouvelles. Au contraire, elles rejouent, répètent, reprennent des formes, des images, des gestes que l’on croit reconnaître. Certaines semblent venir d’un autre temps. D’autres ressemblent à des images de films, de tableaux ou de souvenirs collectifs. Pourtant, en y regardant de plus près, quelque chose ne colle jamais tout à fait.
Ici, le déjà-vu n’est pas une erreur.
Il est une manière de regarder.
Les artistes travaillent avec ce que nous avons déjà en tête : des images connues, des styles reconnaissables, des formes héritées. Mais ils les déplacent, les ralentissent, les répètent ou les transforment légèrement. Ce décalage crée un trouble. Le spectateur reconnaît, puis doute. Il croit savoir, puis hésite.
La vidéo d’Oliver Beer, placée au cœur de l’exposition, montre ce processus de façon très simple. Une image issue d’un dessin-animé célèbre semble renaître sous nos yeux, croquis après croquis. On la reconnaît avant même de pouvoir la nommer. Le souvenir se forme en même temps que l’image.
Autour de cette œuvre, peintures, dessins, photographies et autres vidéos prolongent cette expérience. Certaines reprennent des images de l’histoire de l’art. D’autres jouent sur la répétition d’un même motif. D’autres encore évoquent des souvenirs flous, des images mentales, des impressions déjà ressenties.
En parcourant l’exposition, le visiteur est invité à prendre son temps. À accepter de ne pas comprendre immédiatement. À observer comment une image devient familière, puis étrange.
Déjà vu n’est pas une exposition sur le passé.
C’est une exposition sur notre manière de voir aujourd’hui, dans un monde saturé d’images, de copies, de références et de retours.
Ce que nous voyons n’est peut-être jamais complètement nouveau.
Mais ce que nous ressentons, lui, peut l’être.
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