Brest (29200)

Informations Pratiques

Passerelle Centre d’art contemporain ⎹ Cercle Naval

Exposition

06.03.26 → 06.06.26
Brest sous les bombes – Une histoire du graffiti 1984-2004

Le port de Commerce (détail) – Brest sous les bombes : une histoire du graffiti 1984-2004, 2026 – Passerelle Centre d’art contemporain, Brest © photo : Aurélien Mole

Brest sous les bombes : une histoire du graffiti 1984-2004, 2026 – Passerelle Centre d’art contemporain, Brest © photo : Aurélien Mole

Brest sous les bombes : une histoire du graffiti 1984-2004, 2026 – Passerelle Centre d’art contemporain, Brest © photo : Aurélien Mole

Brest sous les bombes : une histoire du graffiti 1984-2004, 2026 – Passerelle Centre d’art contemporain, Brest © photo : Aurélien Mole

Brest sous les bombes : une histoire du graffiti 1984-2004, 2026 – Passerelle Centre d’art contemporain, Brest © photo : Aurélien Mole

Brest sous les bombes : une histoire du graffiti 1984-2004, 2026 – Passerelle Centre d’art contemporain, Brest © photo : Aurélien Mole

Brest sous les bombes : une histoire du graffiti 1984-2004, 2026 – Passerelle Centre d’art contemporain, Brest © photo : Aurélien Mole

L’exposition Brest sous les bombes – Une histoire du graffiti 1984-2004 illustre l’usage de la bombe aérosol dans l’espace public à Brest et raconte ses vingt premières années d’art urbain. Au travers de nombreux documents d’archives inédits (photographies, films, articles de presse, ephemera, objets, interventions d’artistes, témoignages, reconstitutions chronologiques…) cette exposition révèle la place majeure qu’occupe la ville de Brest dans l’histoire de l’art urbain en France.

Chapitre 1 : L’outil aérosol
L’exposition s’ouvre avec la présentation de l’outil aérosol depuis ses origines jusqu’à ses évolutions récentes grâce à l’impressionnante collection d’Aurélien Harmignies, considéré comme le plus important collectionneur de bombes aérosol en Europe. À partir d’une frise chronologique richement documentée, l’exposition présente les bombes aérosol des années 1960 aux années 2000 accompagnées de leurs publicités, présentoirs et articles de presse et raconte ainsi comment les artistes urbain ont d’abord détourné l’outil de sa fonction initiale jusqu’à ce que l’industrie de la peinture conçoive des aérosols qui leur soient spécifiquement destinés.

Chapitre 2 : Inscriptions et revendications
Gravée à même le mur, inscrite à la craie, au feutre, au pinceau ou affichée, l’expression spontanée dans l’espace public prend un essor singulier avec la commercialisation de la bombe aérosol au cours des années 1960 et 1970. Il s’agit de slogans revendicatifs, de messages humoristiques, de promotion sauvage ou de la simple volonté de marquer sa présence.

Chapitre 3 : Le graffiti-writing
À la fin des années 1960 naît à New York et Philadelphie le graffiti-writing, une nouvelle forme de graffiti qui consiste à signer ou à dessiner à grande échelle son pseudonyme de façon à se faire remarquer par ses pairs. Cette pratique se développe en France dès le début des années 1980, notamment à Brest avec la diffusion du film Beat Street (qui témoigne, entre autres, de cette pratique), avec la présence de militaires américains basés à Brest ainsi qu’avec la diffusion de l’émission Hip Hop à la télévision. Paris et Brest sont parmi les premières villes en France où se déploie cette pratique importée des États-Unis.

Chapitre 4 : Ninja Force / Acropol Group
Le premier collectif hip hop brestois naît en 1983. Sous l’influence de leurs aînés américains, ils adoptent leurs codes et rapidement, s’affrontent artistiquement avec d’autres collectifs par la danse. Parmi eux, Bruno et Sane vont particulièrement se démarquer par leur détermination et leur talent. Ils vont progressivement s’organiser, se professionnaliser et, par mimétisme, vont emmener avec eux de nouvelles générations de graffeuses et graffeurs à développer la pratique du graffiti-writing à Brest.

Chapitre 5 : Les lieux emblématiques brestois
Outre la rue ou les abords des voies ferrées, le graffiti-writing se déploie dans des interstices urbaines où la discrétion et la tolérance des autorités permettent aux artistes de s’exprimer pleinement. Ainsi, la Maison Pour Tous du Valy Hir, l’ancienne usine de Kerfautras, le port de commerce ou l’ancienne cidrerie deviennent peu à peu de véritables ateliers à ciel ouvert.

Chapitre 6 : Une scène locale foisonnante, organisée et influente
Au cours des années 1990, de nombreux collectifs se créent et commencent à tisser des liens avec d’autres villes bretonnes. L’ouverture du magasin U-Know, spécialisé dans les cultures urbaines et distributeur de bombes aérosols, devient le quartier général de cette nouvelle génération d’artistes. L’organisation de rassemblements ponctuels (concerts, festivals, graffiti jams) va peu à peu placer Brest en tant que ville majeure au regard de la scène de l’art urbain en France. Le jam du port de commerce en 2000 en est le point culminant puisqu’il rassemble des artistes de toute la France jusqu’en Belgique et connaît un écho national. Dès lors, la scène brestoise ne cesse de prendre de l’ampleur. En témoigne l’édition de l’ouvrage Westbook en 2004 qui documente l’histoire de l’art urbain brestois.

Cette exposition restitue les recherches menées par le Centre Arcanes sur le territoire de Brest, notamment celles concernant le port de commerce de Brest, initiées en 2021 grâce au soutien de la ville de Brest et de la DRAC Bretagne.

Elle s’inscrit également dans la continuité des recherches menées par le Centre Arcanes concernant l’exposition Aérosol présentée en 2024 au musée des beaux-arts de Rennes et en 2025 au musée des beaux-arts de Nancy.

INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES

  • Commissaires de l’exposition : Patrice Poch et Nicolas Gzeley
    Soutien technique et scientifique : Aurélien Harmignies et Gautier Bischoff
  • Patrice Poch est plasticien, auteur et historien du graffiti. Il pratique le graffiti depuis la fin des années 1980. Il gravite aussi dans l’univers punk rock en tant que chercheur, collectionneur et producteur de label. Il est membre du Comité scientifique d’Arcanes (Centre national de ressources numériques de l’art urbain). Il est co-fondateur de la biennale Teenage kicks, festival d’art urbain à Rennes.
  • Nicolas Gzeley est artiste, photographe, auteur et historien du graffiti. Il est membre d’honneur de la Fédération de l’art urbain, et président du Comité scientifique d’Arcanes (Centre national de ressources numériques de l’art urbain), qui vise à conserver les archives, photographies et entretiens témoignant de l’histoire de l’art urbain. Il est notamment co-auteur du Que sais-je? sur l’art urbain (2019) et des ouvrages Alter ego : les plus beaux duos de l’art urbain (2019) et Graffiti : 50 ans d’interaction urbaine (2018).
  • Aurélien Harmignies est artiste, auteur et collectionneur d’items liés à la peinture industrielle.
  • Gautier Bischoff est éditeur, photographe et chercheur indépendant. Il est cofondateur des éditions L’œil d’Horus et du Centre Arcanes.
  • Le Centre Arcanes est né en 2022 à l’initiative de la Fédération de l’art urbain. Il a ouvert ses portes numériques sous la forme d’une base de données gratuite en juillet 2025 (arcanes.art). Le but du Centre Arcanes est d’accompagner la recherche scientifique en constituant un ensemble de fonds d’archives dématérialisées pour en assurer la mémoire et favoriser l’étude par le biais de descriptions et d’analyses précises.
  • Cette exposition a reçu le soutien du Fonds de dotation du Crédit Mutuel Arkéa.
  • Vernissage le 05.03.26 à 18h